Retour vers le passé : Street Trash (1987)

 

REALISATEUR

Jim Muro

SCENARISTE

Roy Frumkes

DISTRIBUTION

Mike Lackey, R.L. Ryan, Vic Noto…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Année de production : 1987

Reflet d’un New-York dangereux et délabré, l’action de Street Trash se déroule principalement dans un quartier cradingue, où la vue se limite à des terrains vagues, des immeubles en ruine, des décharges et des cimetières de bagnoles. C’est d’ailleurs dans une casse que gravitent les personnages principaux du scénario de Roy Frumkes (à qui l’on doit notamment Document of the Dead, le documentaire sur le tournage du Zombie de George Romero), des êtres particulièrement sordides qui offrent, à deux ou trois exceptions près, une piètre vision de l’humanité.

Il y a en effet quelques protagonistes sympathiques dans Street Trash, une secrétaire qui tombe amoureuse d’un jeune S.D.F., un clochard black au centre d’une des rares scènes légères du long métrage (ça et le lancer de bite…oui, oui). Mais à part ces exemples, le spectateur assiste à un défilé des pires ordures, toutes logées à la même enseigne…des clodos répugnants (et pas uniquement parce qu’ils ne se lavent jamais), un boutiquier sans scrupules, un colosse vétéran du Vietnam à la cervelle ravagée, des mafieux stupides, un flic aux méthodes expéditives…

 

 

Sale, vulgos (le premier gag est à base de gros pet en pleine tronche), bête et méchant, Street Trash mêle horreur bien trop réelle et exagération visuelle causée par l’argument du scénario : un commerçant refile aux clodos un alcool frelaté découvert dans une vieille caisse moyennant un dollar. Une gnole qui décape, c’est le moins qu’on puisse dire : il suffit d’une seule gorgée pour que le corps se mette à fondre ou exploser dans un festival d’effets aussi bariolés (même si le film est extrêmement gore, il n’y a finalement pas tant de sang que ça mais surtout différents fluides corporels aux couleurs bien dégueulasses) que vomitifs.

Les faibles moyens de la production n’empêchent pas Street Trash de bénéficier d’une réalisation énergique et ingénieuse, aux images souvent mieux travaillées que dans une zèderie horrifique à petit budget (comme celles du viol collectif et du cauchemar très réaliste du vétéran du Vietnam) et aux mouvements de caméra fluides grâce à l’emploi de la steadicam par Jim Muro.

 

 

Après avoir débuté dans cette casse crasseuse (qui appartenait en fait à ses parents), Jim Muro deviendra ensuite un opérateur steadicam très demandé à Hollywood et il a notamment travaillé régulièrement avec James Cameron, sur AbyssTrue Lies ou encore Titanic. Pour diverses raisons, Muro a fini par renier Street Trash (inspiré par un de ses courts métrages d’étudiant) et n’a plus réalisé de long métrage par la suite.

Après sa carrière bien remplie d’opérateur caméra et directeur de la photographie, Jim Muro est tout de même repassé derrière la caméra dans les années 2010 mais sur le petit écran pour des épisodes de séries comme Southland, Longmire et SEAL Team.

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