Retour vers le passé : Highlander, le retour (1991)

 

REALISATEUR

Russell Mulcahy

SCENARISTE

Peter Bellwood, d’après une histoire de Brian Clemens et William N. Panzer

DISTRIBUTION

Christophe Lambert, Sean Connery, Virginia Madsen, Michael Ironside…

INFOS

Long métrage britannique/français/argentin
Genre : fantastique
Titre original : Highlander II - The Quickening
Année de production : 1991

« Ecoutez, je détestais ce script. On le détestait tous. Moi, Sean, Chris, on ne l’a fait que pour le pognon. Le truc se lit comme s’il avait été écrit par un garçon de 13 ans. Mais je n’avais jamais joué un guerrier barbare avant cela et c’était un de mes premiers grands rôles de méchants. Je me suis dit que si je devais être dans ce film stupide, autant m’amuser et en faire des caisses. Tous ces roulements d’yeux, grognements et clins d’oeil à l’écran, c’était moi qui avait décidé que si je devais être dans une merde, comme ce film, eh bien j’allais en être la putain de chose la plus mémorable, et je pense que j’ai réussi. ».

Cet extrait d’interview de Michael Ironside résume bien l’état d’esprit des participants de Highlander II - Le Retour. Et si son général Katana n’est en fait qu’un sous-Kurgan (génial Clancy Brown), l’acteur peut se montrer assez amusant par moments dans le mode 100% cabotinage (et l’effet est tout de même étrange car en V.F., Katana a exactement la même voix que le Kurgan, celle de Richard Darbois). Mais le personnage demeure tout de même très mal écrit…comme tout le reste…

Dans l’esprit des créateurs de Highlander, le film ne devait pas avoir de suite. Je l’ai déjà dit et répété ailleurs, le meilleur film de Russell Mulcahy se suffit à lui-même et son concept barrait la route à une potentielle continuation de l’histoire. Mais Highlander a acquis avec les années un statut culte et les producteurs Peter S. Davis et William N. Panzer ont finalement accepté de se lancer dans un deuxième épisode. Les problèmes ont alors commencé, le premier étant le scénario…

 

 

À la fin de Highlander, Connor McLeod a gagné le « Prix ». Il est devenu mortel, avec la possibilité d’avoir des enfants, et un savoir infini qu’il peut utiliser pour aider les gens à mieux se comprendre. Vaste programme. Mais il ne peut fonder une famille avec sa femme Brenda, qui meurt en 1994 à cause du trou dans la couche d’ozone, les rayons du soleil étant devenus nocifs pour les humains. McLeod utilise alors son argent et ses connaissances pour aider à construire un bouclier-laser destiné à protéger la Terre. C’est un succès, la Terre est sauvée mais les gens doivent maintenant vivre sous un ciel artificiel. 25 ans après, Connor McLeod est un vieil homme solitaire et le bouclier est maintenant passé sous le contrôle d’une entreprise qui l’exploite pour son seul intérêt financier…car des activistes ont découvert que le bouclier ne sert plus à rien, la couche d’ozone s’est reformée et le soleil n’est plus un danger…

Tout ceci est expliqué dans une première vingtaine de minutes au montage chaotique. Je n’avais pas revu Highlander II depuis ma prime jeunesse et j’avais presque (mais pas totalement, hein) oublié à quel point le long métrage est médiocre à tout point de vue. Car techniquement, c’est aussi une catastrophe : la photographie est hideuse, les effets spéciaux sont ratés (pourtant le budget était, comme celui de Highlander III, plus élevé que celui du premier ce qui ne se voit pas du tout à l’écran) et la succession des scènes a oublié toute notion de fluidité. Et ce n’était pas encore le pire…puisqu’il y a les flashbacks, passages pourtant importants dans la narration de Highlander.

Sauf qu’ici, le script plusieurs fois réécrit (au grand dam des acteurs) a décidé d’expliquer l’origine des immortels, ce qui n’était absolument pas utile à la base, en oubliant tout de ce qui faisait le charme et la magie de ce qui a précédé et faisant de ses guerriers éternels des extraterrestres ! 500 ans plus tôt, sur la planète Zeist, des résistants dirigés par Ramirez et McLeod (oui, ces aliens ont des noms espagnols et écossais) mènent la lutte contre le tyran local, le général Katana. Faits prisonniers, Ramirez et McLeod sont envoyés sur Terre, où ils renaîtront dans des corps immortels. L’un des premiers jets de l’histoire mentionnait que tous les immortels du premier volet, dont le Kurgan, étaient des résidents de Zeist, idée sans queue ni tête et qui ne tient pas une seule seconde (Clancy Brown a d’ailleurs refusé de faire un cameo en tant qu’agent de Katana, pas fou le gars).

 

 

Très patient, Katana attend 500 ans pour se venger de McLeod et Ramirez (oui, il revient aussi avec la tête sur les épaules juste parce que Christophe Lambert voulait travailler à nouveau avec Sean Connery…la cohérence, on s’en cogne à ce niveau-là) et envoie deux de ses hommes sur Terre (des sortes d’harpies ricanantes) avant de se charger du boulot car on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Accompagné par son vieux mentor et par sa nouvelle petite amie (l’activiste Louise Marcus qui tombe dans ses bras cinq minutes après l’avoir rencontré…c’est qu’elles craquent toutes pour son regard à la Droopy), McLeod va devoir combattre Katana tout en détruisant le bouclier qu’il avait créé…

Absolument rien ne fonctionne dans cette suite qui a échappé aussi bien à ses comédiens qu’à son réalisateur. Le tournage en Argentine a été problématique et les soucis financiers ont notamment fait que la compagnie d’assurances a repris le contrôle créatif. La distribution n’en avait rien à faire (Lambert a perdu son cachet dans des mauvais placements, Connery n’était là que pour une semaine et il a ensuite reversé ce qu’il a gagné à ses oeuvres de charité, Virginia Madsen n’a accepté le rôle que pour le voyage en Argentine et pour la perspective de jouer avec Sean Connery…) et Russell Mulcahy a tenté sans succès de faire retirer son nom du générique (quelques années plus tard, le réalisateur australien a pu travailler un autre montage qui a transformé les extraterrestres de Zeist en membres d’une civilisation ancienne très avancée…m’étonnerait que ça ait sauvé le bouzin).

Ce naufrage n’a pourtant pas coulé une franchise qui s’est régulièrement réinventée/rebootée les années suivantes. Un Highlander III qui ne tient pas compte du II, une série qui a sa propre continuité, deux autres films prolongeant le feuilleton, des jeux vidéos, des romans, des comics, des dessins animés…n’en jetez plus. Le constat est toujours le même : il n’aurait du en rester qu’un !

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