TUMATXA : L'EMISSION ! - EPISODE 31 : Paul Jenkins présente la viande viciée des choses inhumaines (Season Finale !!)

 

On y est !! Dernière émission de la saison pour « Tumatxa! ». Mais avant que vous ne vous recroquevilliez dans un plaid en PLS tout en pleurant toutes les larmes de votre corps, que je vous rassure : on se retrouve bien sûr à la rentrée prochain, à la mi-septembre, comme d’hab’, pour de nouvelles et exaltantes aventures radiophoniques !!

En attendant, comme le veut une tradition informelle, la dernière de la saison dispose d’un sommaire long comme le bras, de nature à vous amener jusqu’au bout la nuit, sans problème…

Triple dose de cinéma !!! Doubles doses de littérature et de BD !!! Et plein de musique, comme il se doit ; tel est le gargantuesque menu du soir.

Pour le cinéma, faisons d’une pierre trois coups, en évoquant la sortie récente chez Artus de la « Trilogie du Vice », signée Sergio Martino, l’un des principaux artisans du giallo italien, un genre que l’on est bien content de remettre à l’honneur dans le cadre de l’émission. Certes moins connu que ses géniaux confrères Mario Bava et Dario Argento, Martino n’en a pas moins emballé quelques gialli de très haut-vol, dont ceux qui nous occupent ce soir. « L’étrange vice de Mme Wardh », « Toutes les couleurs du vice » et, palme du meilleur titre de film de l’univers et de tous les temps, « Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé » ont tous les trois étaient réalisés entre 1971 et 1972 (l’âge d’or du genre), ont en commun le scénariste ou co-scénariste Ernesto Gastaldi, et ont l’immense privilège de voir leur casting mené par l’icône absolue du genre, la belle et troublante Edwige Fenech. Beaucoup de points communs pour trois films néanmoins totalement différents les uns des autres… Absolument immanquable pour qui souhaite creuser le genre comme il se doit !!

Pour la littérature, ce soir c’est donc double rasade. Dans un premier temps, nous évoquerons la sortie aux éditions Monts Métallifères de « Viande », court mais remarquable (et traumatisant) roman signé en 1982 par Martin Harnicek, écrivain tchécoslovaque à la carrière aussi courte qu’empêchée par les autorités de son pays, pour soupçons aggravés de dissidence. Dans cette dystopie d’un jusqu’au-boutisme effarant, l’auteur imagine une société où la solidarité a été dissoute par les impératifs de survie, garantie par le… cannibalisme, institué comme seul et unique biais de subsistance. Allégorie politique en vue, et estomac retourné assuré !! Nous nous pencherons sur le dernier roman en date de Cécile Coulon, le beau « La Langue des choses cachées », court récit finement ciselé qui retrace la nuit initiatique d’un jeune guérisseur cherchant à prendre le relais de sa mère, tout en questionnant la tradition dont il est le dépositaire… Beau et riche sur le plan thématique !

Pour la BD, le scénariste britannique Paul Jenkins (dont nous aurons finalement peu évoqué au cours des ans l’excellent travail) est à l’honneur, avec deux titres de la deuxième moitié des années 90. Le premier des deux, paru chez Panini dans la collection Must-Have, est consacré au peuple des Inhumains, création de Jack Kirby dans les années 60. « Inhumans : Tour d’ivoire » opère aussi dans le registre de l’allégorie politique, sous le crayon de Jae Lee, dessinateur alors au sommet de sa popularité. Le second n’est autre que le deuxième et le dernier tome de la série « Paul Jenkins présente Hellblazer », à savoir les pérégrinations de John Constantine, l’occultiste punk nagère créé par Alan Moore. C’est toujours aussi bon, c’est toujours aussi noir, c’est toujours aussi cool.

Le tout est évidemment à de la musique de premier choix, car vous le valez bien : à la faveur des 40 ans de la sortie de leur premier album « The Warning », écoutons donc l’épique « Roads To Madness » des métalleux américains de Queensrÿche ; soirée en partie consacrée au giallo oblige, on écoute « Sabba », issu de la BO de « all The Colors Of The Dark », et c’est signé Bruno Nicolai ; les suédois de Greenleaf usinent toujours un stoner rock classieux leur dernier album « The Head And The Habit », dont est extrait l’excellent « The Tricking Tree » ; la voix phénoménale d’Eivør retentit encore avec brio sur son dernier album « Enn », et le très beau « Jardartra » en atteste d’ailleurs ; enfin, après « Pain Equals Funny » il y a quelques semaines, on écoute « Funny Equals Pain » des Melvins, et c’est issu d’un split avec leurs collègues japonais de Boris…!!!

« For now I’m standing here
I’m awaiting this grand transition
The future is but past forgotten
On the road to madness »

EPISODE 31 !! 

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