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Critique de L'épée sacrée

par magictoad le sam. 7 sept. 2019 Staff

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RODRIGUEZ' S DUNE

J'ai découvert l'art de Gabriel Rodriguez sur “Secret Show”, une œuvre de Clive Barker (Monsieur “Hellraizer”), cela avait était assez décevant mais j'avais bien aimé le dessin qui collait bien à un univers horrifique. Puis ce fut la claque, 2011, collaboration au combien fructueuse avec un nouveau venu dans l'univers du comics : Joe Hill (alias du fils de Stephen King). Ensemble, ils ont créé l'un des meilleurs récits horrifiques de ces vingt dernières années : “Locke & Key” (récit toujours en cours qui voit des one-shots s'ajouter au fil du temps). Hélas la suite de leur collaboration (“Tales from the Darkside”) ne fut pas à la hauteur (comme, d'ailleurs, tout le reste de l'oeuvre de Hill jusqu'à maintenant).

Voici donc un dessinateur qui collabore (il est impliqué dans l'élaboration du scénario de L&K) avec les meilleurs plumes de l'horrifique (il a, bien sûr, fait joujou avec papa), que va t'il donc faire par la suite ? Va t'il toujours collaboré avec Joe Hill ou pas, sinon avec qui d'autre ? Donc, lorsque “Sword of Ages” fut annoncé, quelle ne fut pas notre surprise de le voir seul au gouvernail de ce projet de fantasy.

Mini-séries en cinq épisodes, “L'épée Sacrée” n'est pas un récit de pur fantasy, nous avons plutôt affaire à un quelque chose de bien plus large car c'est de Science Fiction dont il s’agit en définitive, une S.F. teintée de fantasy donc. Le titre de cette série fait bien sûr référence à la thématique, ô combien usiné, de la légende Arthurienne, d'ailleurs l'épée que va récupérer notre héroïne Avalon n'a d'autre nom que de celui d'Excalibur et il y a aussi la présence d'un Merlin (version Easy Rider). Mais nous ne sommes pas ici en quête du Graal, mais plutôt en celui de la délivrance d'un monde en guerre, il faut plus y voir une référence à un univers Moorcockien (“Elric” de Melniboné) pour le côté fantasy, ou d'une œuvre Herbertienne (Dune) pour le côté SF. En gros, Rodriguez mixe tout ce qui s'est fait de space opéra et de fantasy pour en tirer la substantifique moelle. Du coup c'est original bien que cela usine tous les poncifs du genre.

Mais il vaut mieux faire référence à l'”Incal” qu'à “Dune” ici car l'Incal est le recyclage des travaux de Jodorowsky et de Jean Giraud de leur “Dune” avorté (voir le documentaire Jodorowsky's Dune et les bonus de la BD l'Incal), car s'il doit y avoir une inspiration dans “L'Epée Sacrée” de Rodriguez, c'est celle de Moebius. Graphiquement, Rodriguez abandonne son graphisme personnel (ses personnages avec leurs visages si particuliers, ses proportions tassées...) pour embrasser celui de Moebius, aidé en cela par la colorisation de Lovern Kindzierski. Nous sommes donc ici face à un hommage.

D'ailleurs pour du comics, nous sommes ici face à une œuvre purement Franco-Belge tant dans les thématiques que dans le graphisme, du pur Humanoïdes Associés quoi. Du coup si vous faite partie de ce public féru de genre, qui à dévoré l'Incal, ce livre est fait pour vous. Certes il n'y a pas grand chose d'original dans ce récit, cela n'arrive pas à la cheville du génie/al Moebius mais à l'instar d'un hommage, quand on aime la référence, on passe un bon moment.

En bref

Gabriel Rodriguez quitte l’assistanat scénaristique pour nous créer, tout seul, un univers à la croisée des genres (Fantasy et Science Fiction) qui cache un immense hommage à feu Jean Giraud aka Moebius.

7
Positif

SF + Fantaisy, il y a de tout pour faire un monde (Personne dans la vie ne choisit sa couleur).

Hommage au plus grand des grands : Monsieur Moebius.

Mini-série en cinq épisodes, one-shot dans ce recueil.

Negatif

Présence de tous les poncifs des genres usinés.

Récit parfois un peu obscur.

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