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Critique de Détenu 042

par Daigo le mar. 19 oct. 2010

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Condamné à mort, le Détenu 042 attend dans sa cellule le jour de son exécution. C'est alors qu'il se voit offert la possibilité de retourner dans la société sous certaines conditions : un projet expérimental vise à réinsérer des criminels dans une structure particulière, en les surveillant en permanence, et en leur implantant une puce électronique dans le cerveau. À la moindre pulsion de violence venant de l'individu, la vie de ce dernier est mise en danger puisque la puce risque alors... d'exploser ! C'est avec cette épée de Damoclès que KOTEGAWA Yua nous lance dans son récit : 042 (de son vrai nom, Tajima) intègre le personnel du lycée Shûei, et se voit confier l'entretien des locaux. Certains élèves, toujours à l'affût d'une personne à malmener, vont commencer à l'embêter... Celui-ci reste par conséquent refermé sur lui-même, et ne souhaite pas communiquer avec son conseiller, le Professeur Shiina chargé du projet. Celui-ci l'avertit qu'il devra mettre fin au projet si Tajima n'est pas coopératif, ce qui signifie un retour en prison immédiat pour le détenu. Alors Tajima parle à Shiina. Il lui raconte comment Yume, une jeune fille du lycée, aveugle, est venue vers lui et lui a parlé comme à une personne normale. Il lui parle d'Ayano, la jeune bénévole qui aide Yume au quotidien. Il lui fait part de ses sentiments, ses envies. Petit à petit, Tajima commence à changer. D'aucuns pourraient s'étonner qu'un homme ayant commis 7 meurtres suscite une telle empathie de la part du lecteur ; mais en fait, notre trouble véritable, c'est bien le fait que le comportement de Tajima paraisse aussi normal. Dès lors on n'a de cesse de s'interroger sur son passé, qui ne sera dévoilé qu'à la fin de l'oeuvre, mais quoi qu'il en soit, on croit au personnage de Tajima. Il nous fait part de ses envies, mais reste en quasi-permanence conscient de son état, et doit par conséquent réprimer certaines de ses intentions envers autrui. Le réalisme de l'oeuvre est encore amplifié, puisqu'on assiste régulièrement aux différentes manoeuvres politiques des "juges" du projet. Sans jamais rentrer trop dans les détails pour ne pas ennuyer le lecteur, l'auteur parvient à rendre le tout très crédible, donnant par là-même un véritable rythme à l'intrigue. On compte ainsi de nombreuses péripéties sur le chemin de 042, et cela ne fera qu'augmenter notre attachement aux différents personnages. Si l'aspect indéniablement seinen de l'oeuvre ressort avec tout ce qui a été dit jusqu'ici, l'auteur a également inclus quelques éléments du shôjo manga, conférant au récit un caractère assez particulier. Détenu 042 se révèle en effet très centré sur la psychologie des différents personnages, beaucoup de bulles de textes consistent en des pensées intérieures, ou relèvent de l'interaction entre les protagonistes (ceux-ci occupant parfois l'ensemble d'une case, mettant de côté le reste du décor). Il n'y a d'ailleurs qu'à voir la toute dernière scène, avec une image qui renvoie indéniablement à des titres comme Le Sablier (ma série shôjo favorite, au passage). Enfin, le trait de l'auteur est vraiment très agréable, et on perçoit la moindre petit évolution propre à un personnage, tout au long du récit. L'adaptation est de qualité, aucune faute n'est à déplorer, et l'éditeur nous gratifie même de quelques pages bonus à chaque fin de volumes. Celles-ci sont soient relatives à l'oeuvre qui nous intéresse, soit à d'autres traitant de même sujet : la violence. Peut-on considérer tous les criminels comme des gens à part, des objets, nous interroger sur notre rapport à la violence... En complément d'un manga très intéressant, quelques pistes de réflexions nous sont ouvertes. D'une longueur (idéale) de 5 tomes, Détenu 042 est un récit véritablement poignant. L'auteur délivre un message d'humanité assez touchant, tout en restant crédible. L'idée de dévoiler la fin au lecteur dès les premiers chapitres fait qu'évidemment Détenu 042 est une oeuvre assez tragique d'un certain côté (on a vraiment envie de pleurer en refermant la série), mais au final elle ne sombre jamais dans un pessimisme ou de l'optimisme déplacé. Tout est question d'équilibre, et ce qui est certain, c'est qu'avec cette oeuvre, l'auteur l'a trouvé.

En bref

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