9

Critique de Le Sixième Dalaï-Lama

par Valoulou le mer. 16 sept. 2020

Rédiger une critique
Une pièce de maitre

Il paraît qu’il ne faut jamais choisir un livre à sa couverture...

Alors, à moins que ce ne soit “l’exception qui confirme la règle“, je pense que j’ai bien fais de ne jamais suivre ce genre de proverbe. Sinon, c’est à côté de cette œuvre magnifique que je serais passé.

Car oui, la couverture a suffit, déjà parce que le livre et sa finition en elle-même sont travaillés et surtout parce que... (j’ai vraiment besoin de me justifier (?)) ce dessin est sublime ! Ce petit garçon et son oiseau tout en aquarelle avec ce choix de couleur, ça annonce la grandeur de l’œuvre ! et bref... j’ai pris la série complète.

Alors que dire de tout ça ? Eh bien beaucoup de chose !

L’histoire prend place aux XVIIIe quelque part au Tibet (pour les noms des personnages, des lieux, les titres, etc... je m’en excuse d’avance mais je ne les ai pas retenus). On suit la vie d’un enfant (le petit gars de la couverture), qui travail pour aider sa famille et qui profite de son insouciance pour découvrir la simplicité de la vie comme elle devrait être.

Jusqu'au jour où, par quiproquo, il va faire la connaissance d’une jeune fille de son âge, issue, elle, d’une fille noble et pour qui l’avenir semble tout tracé. Malgré ce fossé les séparants ils vont se lier d’amitié. Lui, elle et sa servante vont alors former une petite bande de copain tout joyeux.

Et non ce n’est pas la fin...

En parallèle à tout ça nous suivons des personnages (ayant certainement existé pour la plus part), jouant sur une toute autre échelle, la politique. Le Tibet et ses alentours étant à l’époque en conflit perpétuel, notamment avec la Chine et la Mongolie se tapant dessus depuis un moment, les principaux dirigeant rivalisaient de ruses et magouilles pour conserver leur pouvoir. Seule autorité parmi tous ces conquérants, le pouvoir religieux.

Le bras droit du Dalaï-Lama (cinquième du nom) a d’ailleurs bien prit goût au pouvoir et c’est bien caché de dire à tout le monde que le Dalaï-Lama justement, était mort depuis une bonne quinzaine d’année maintenant. Les dirigeants l’apprennent et le charge de trouver au plus vite la succession, de trouver le nouveau Saint au plus vite pour enfin pouvoir régler certaines histoires de gloriole, de guerre, de territoire et d’autres trucs de politicard. Le ministre religieux, le bras droit, part donc en voyage pour ramener celui que le ciel aura décrété être son nouveau représentant. Et je vous le donne en mille... c’est... Suspense... (!) le gentil gamin du début !

Manque de bol pour lui, quelques années ce sont écoulées depuis sa rencontre avec la petite fille de bonne famille et bientôt la puberté les guettes, fous amoureux l’un-de-l’autre, ils vont bientôt se retrouver séparés par la faute au système qui trouve un moyen pour obligé notre héros à devenir le nouveau Dalaï-Lama, un pantin qui servira les desseins du ministre qui ne compte pas perdre une miette de son pouvoir.

Trois volumes. En trois volumes nous suivons l’évolution de ces personnages, perdus pour les deux amoureux entre leurs responsabilités imposés par une société corrompue, jouant avec leurs espoirs et leurs croyances pour les dominer et les empêcher de réellement vivre et de l’autre, les politiques qui font tourner le système en boucle dans le seul but de pouvoir utiliser les principaux pouvoirs établies à leur avantage, le pouvoir absolu.

Raconté comme ça, ça peut paraître très compliqué, et pourtant pas du tout. La narration comme l’intrigue sont maîtrisés avec brio. Je ne sais pas si les scénaristes et le (la (?)) dessinateur(rice) sont connus pour faire de la BD dans leur pays d’origine, mais ce que l’on peut dire c’est que le rendu est parfait !

Les découpes sont soignées, bien que classique, et donne une lecture fluide, très fluide. On comprend tout, les éléments s’enchaînent à un rythme agréable, l’histoire est truffée de rebondissement, on en a le cœur qui bondit à certains passages et coûte-que-coûte on veut savoir comment ils vont s'en sortir, comment le méchant va perdre ! 

Et ce dessin... comment dire ? Merveilleux ? Magique ? Divin ? Le crayonné et fin, doux, on sent la légèreté de l’encre, la finesse de l’esquisse, ça brille de détail, les cases sont riches, harmonieuses, belles ! Le tout avec une couleur directe par-dessus, de l’aquarelle comme on en voit pas beaucoup, lisse, maîtrisée, accentuant le réalisme du trait, rendant le tout encore plus poétique qu’il ne l’est déjà. Un travail d’artiste, de maître !

Le rendu final est tout simplement sublime ! Ajoutez à ça cette édition française très soignée et de très bonne qualité, vous avez une œuvre magique !

Je ne vais bien sûr pas dévoiler ici toutes les intrigues, tout le contenu de l’histoire et encore moins la chute au risque de gâcher le plaisir. Mais il faut quand-même que je m’attarde quelques secondes sur cette fin. Une fin inattendue, loin de tout ce que l’on s’attend à lire, hors des normes, avec une sauveur très particulière qui fait réfléchir, non pas sur des futilités politiques, sociétales ou ce genre de choses égratignant à peine la surface du problème, non, elle apporte une réflexion plus mystique (on est sur une œuvre qui traite de la religion après tout), apportant une conceptualisation plus profonde de ce qu’est le but de la vie. Je pense que c’est aussi pour ça que l’on ne peut pas s’attendre à la chute, parce qu’aucune société n’intègre cette façon de voir la vie dans son éducation, pas les sagesses religieuses du monde apparement, vu que les personnages eux-mêmes n’en reviennent pas.

Pour conclure, je dirai que si cette BD vous intéresse, procurez-vous les trois volumes, où l’édition intégrale, parce que pour bien rentrer dans la façon de penser des personnages et se laisser bercer par le rythme de la lecture qui devient rapidement passionnante, il faut lire le tout d’une traite, sans quoi je pense que la chute perd de son impact.

Une magnifique série, une des plus belles que j’ai lu.

ZV48_

En bref

Une œuvre de très grande qualité qui mérite que l’on si attarde. Une aventure perdue entre la douceur de l’amour et l’avidité de pouvoir de l’être humain.

9
Positif

Dessin de maître

Couleurs divines

Scénario aussi prenant que surprenant

Chute inattendue, parfaitement écrite

Negatif

Vous avez lu la critique ?

Valoulou Suivre Valoulou Toutes ses critiques (3)
Qu'avez-vous pensé de cette critique ? 0 0 Commenter !
Boutique en ligne
57,00€
Boutique en ligne
57,00€
Boutique en ligne
57,00€
Laissez un commentaire
Commentaires (0)