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Critique de Derrière le ciel gris #1

par Auray le jeu. 13 févr. 2020 Staff

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Le magasin des suicides

Forcément, quand on commence à lire ce manga dans la toute nouvelle collection Moon Light des Éditions Delcourt/Tonkam, on pense au roman de Jean Teulé, le magasin des suicides, ne serait-ce pour la façon de vouloir à tout prix mettre fin aux jours des personnes rencontrées, d'une manière qui se veut permanente et volontaire. Pour les cinéphiles, je pencherais plutôt à rencontre avec Joe Black, ce film de 1998 avec Brad Pitt et Anthony Hopkins, pour cette fois-ci, la relation qui est établie entre nos deux protagonistes. Bref, c'est tout un mélange des genres que vous offre cette nouvelle série le jeune scénariste, Sugaru Miaki.

Tout d'abord, je vous laisse le soin de découvrir par vous-même les noms utilisés par la jeune femme et son kidnappeur, par la suite, je vous invite à regarder tout de suite après votre lecture les couleurs choisies de la jaquette. Par ailleurs, on y apprécie aussi la présentation du dessinateur, Loundraw, et du scénariste, car on ne le voie pas dans les autres tomes de ces intervenants.

En parlant de ce premier, j'ai trouvé vraiment que son trait était un cousin de celui de « Sing Yesterday for me » de Kei Toume, décidément ce manga est vraiment celui des comparaisons pour moi. En gros, les yeux sont souvent cachés pour donner un air maussade, le regard est vitreux, les expressions tristes, bref, ils sont pertinents à ce type d'histoire.

Les cœurs sensibles doivent s'abstenir, il n'y a pas vraiment d'hémoglobine, mais l'ambiance reste étouffante, au sens propre comme au sens figuré, d'ailleurs. Pourtant, parler de l'acte de mettre fin à ses jours, c'est déjà un peu se guérir, c'est ce que fait notre héroïne... avec son manipulateur pour interlocuteur. En effet, certaines personnes ont le don de pousser à la mort, et préparent alors le terrain pour que tout passe comme une lettre à la poste... sauf ce coup-ci, bien sûr ! Au départ, on pense à une histoire d'amour, puis au fur et à mesure des révélations, on ne sait plus quoi vraiment penser à part que l'on va droit dans une impasse. Les idées restent remarquables !

Un titre qui se révèle à mesure que l'on tourne les pages, on y apprend d'ailleurs les noms des protagonistes qu'à la toute fin, comme si ceux-là se sentaient enfin vivants. C'est avec brio que le roman de Sugaru Miaki est mis en page par Loundraw pour ce manga. Le tout reste morose, mais pas forcément déprimant, car au final, c'est la vie que l'on apprend à chérir dans les derniers instants de ces êtres invisibles.

En bref

« Je me sens vivante »

9
Positif

L'écriture de Sugaru Miaki

Le dessin mélancolique de Loundraw

Un scénario bien trouvé, et qui ne se révèle que petit à petit

Une couverture très travaillée

Negatif

Ne soyez pas vous-même maussade avant d'ouvrir ce livre

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