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Critique de Faithless #2

par bulgroz le jeu. 8 juil. 2021 Staff

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Eros ou Thanatos

A la lecture du premier tome de Faithless, la série annoncée comme « le retour d’Azzarello à la BD pour adulte », je m’étais retrouvé un peu décontenancé. En bien et en mal.

En bien, déjà : l’histoire assez bien foutue (et pas toujours facile à suivre) de Faith, une jeune artiste, magicienne en dilettante, qui fait la rencontre très intime d’un tandem peu banal : Poppy et son père, artistes renommés, qui prennent Faith sous leurs ailes afin de la propulser au sommet du monde de l’art. Rapidement, on comprenait la nature maléfique du binôme. Si, à la fin du premier opus, leurs plans pour Faith paraissaient encore flous, ce qui était en revanche certain c’est que Faith, en les suivant, s’enfonçait chaque jour davantage dans une spirale infernale…

Ce qui me dérangeait le plus, c’est que le principal argument de vente de Faithless soit son côté érotique. Un aspect effectivement très présent, quasi contractuel : en suivant Louis et Poppy, Faith libère sa sexualité et la lie étroitement au processus de création artistique. C’est bien vu, ça pourrait très bien fonctionner si ce n’était pas aussi poussif, comme si Azzarello et Llovet avait décidé, en premier lieu, de « faire de l’érotique » puis de construire une histoire autour, au lieu de faire l’inverse.

Sans surprise, ce deuxième tome poursuit sur la même lancée, avec les mêmes atouts et les mêmes défauts.

Faith est maintenant une star mondiale de l’art contemporain, exposant dans les plus grandes galeries et toujours sous la protection de Louis. Elle continue de les suivre, lui et sa fille, sans trop savoir qui ils sont vraiment, ni où ils l’emmènent.
On reconnaît là le talent d’Azzarello, qui parvient à créer un sentiment de malaise et d’étrangeté, crescendo, sans jamais s’épuiser. Les dessins de Maria Llovet sont toujours aussi clairs et lisibles : le duo fonctionne vraiment bien. On sent qu’ils savent très bien où ils vont et qu’ils prennent un malin plaisir à nous le cacher.

En revanche, comme dans le premier tome, j’ai toujours cet arrière-goût d’artificiel concernant les scènes de sexe qui s’enchaînent et qui arrivent souvent comme un poil sur la soupe. Idem concernant, les discussions SMS retranscrite avec des abréviations aberrantes : « Cé ta 1èr soaré en Italie », « Tu m mank. JMrè ke tu soi la » etc.

Alors oui, je sais : c’est un détail, c’est pas bien grave... Effectivement c’est un détail. Le problème c’est qu’il s’ajoute à d’autres qui tous ensemble donnent une coloration un peu factice au récit. Et c’est franchement dommage car Faithless pourrait potentiellement être une super histoire horrifique si le lecteur n’était pas en permanence arraché à l’univers par ces petits détails.

En bref

Un second tome dans la droite ligne du premier, avec les mêmes points forts et les même défauts. Un bon récit horrifique mais parfois gâché par des artifices qui ne servent pas toujours l'histoire.

7
Positif

Le sentiment de mystère, grandissant et qui ne s'épuise pas

Un récit horrifique dans le monde de l'art franchement bien vu

Les dessins très clairs de Maria Llovet

Negatif

Le côté toujours aussi contractuel de l'érotisme

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