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Critique de Batman / Punisher

par Le Doc le ven. 25 janv. 2019 Staff

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Je déteste Gotham...

1994 fut une année chargée pour Batman et le Punisher sur le plan des crossovers. Batman a livré son match retour contre le Predator (dans une mini-série publiée entre décembre 1993 et mars 1994) et croisé la route de Spawn à deux reprises (dont une première partie signée Frank Miller et Todd McFarlane...et ce n'est pas celle que je préfère, loin de là). Quant à Frank Castle, il a fait un détour par Riverdale à l'occasion de l'improbable Archie meets the Punisher avant de se rendre à Gotham City pour deux séjours qui ne lui ont pas laissé un souvenir impérissable...car comme le Punisher aime à le répéter, il déteste vraiment Gotham ! 

La rencontre entre Batman et le Punisher a eu lieu dans deux numéros spéciaux publiés par DC et Marvel dans un format prestige. L'action démarre dans Lake of Fire  (DC), par Denny O'Neil (scénariste de longue date des comics du Chevalier Noir et co-créateur d'Azrael) et Barry Kitson, et l'histoire se poursuit dans Deadly Knights (Marvel), qui a été confié à l'équipe créative des premiers épisodes de la série Punisher : War Zone, Chuck Dixon et John Romita Jr.

Ces deux épisodes ont été regroupés en 1995 par Semic dans une revue dédiée. Et je me rappelle bien de mon incompréhension à la lecture de Lake of Fire, car le Batman de ce premier chapitre n'est pas Bruce Wayne (alors dans un sale état), mais son remplaçant de la saga Knightfall, Jean-Paul Valley. L'équipe Semic ne s'est pas fendu d'un texte explicatif, ce qui aurait été bienvenu vu que les comics Batman n'étaient plus publié de manière régulière depuis la fin des éditions Sagédition en 1987 (et il a fallu attendre 2012 et Urban Comics pour lire l'intégralité de Knightfall en version française).

Les choses s'éclairent tout de même au fur et à mesure de la lecture, notamment grâce aux récitatifs qui insistent sur le caractère instable du futur Azrael. Une caractérisation qui permet deux dynamiques totalement opposées : pour Valley, le Punisher est indéniablement un criminel, mais il n'hésite pas à s'allier provisoirement avec lui pour contrecarrer la menace de Jigsaw, ennemi récurrent du Punisher venu à Gotham avec un plan farfelu (mais qui, selon ses dires, aurait été impensable à New-York, un peu comme pour souligner les différences entre les univers des deux justiciers, réunis le temps du crossover).

Lake of Fire est un bon one-shot, avec quelques répliques savoureuses, mais ma préférence va à la partie Marvel, plus intense, plus nerveuse. Deadly Knights se déroule plusieurs semaines (ou mois ?) après Lake of Fire. Bruce Wayne est rétabli et de retour pour nettoyer les rues de Gotham des criminels. Le Punisher est revenu aussi après avoir appris que Jigsaw est toujours dans les parages. Chuck Dixon ne perd pas de temps et confronte le Chevalier Noir et le Punisseur dès les premières pages. Et ici, il n'y pas d'alliance possible : les deux bonhommes sont clairement incompatibles. Batman et le Punisher mènent séparément leurs assauts contre Jigsaw et le Joker (qui se sont alliés pour prendre le contrôle des gangs de Gotham), chacun avec leurs alliés respectifs (Robin et Microchip, qui ont aussi droit à leur face-à-face par écrans d'ordinateur interposés).

Le récit est très bien ficelé et monte bien en puissance jusqu'à l'inévitable duel sous une pluie battante qui finit d'entériner les différences de méthodes entre les deux combattants du crime. Et graphiquement, c'est très accrocheur. Je suis toujours très fan de l'évolution du style de John Romita Jr au début des années 90 et ses dessins encrés par Klaus Janson ont la puissance idéale pour le scénario concocté par Chuck Dixon. Et vu qu'il ne quittait pas l'univers Marvel en ce temps-là, le voir s'attaquer à la Bat-Family était quelque chose qui m'avait également beaucoup plu plus jeune (et c'est encore efficace)...


En bref

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