Corben smash !

Nouveau volume de la collection ICONS de Panini, Banner/Cage/Ghost Rider/Punisher compile quatre comic-books dessinés par Richard Corben, le lauréat du Grand Prix du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême 2018, pour le compte de Marvel. Cette reconnaissance accordée au créateur de Den a été l'occasion pour Panini de publier trois albums (les deux autres étant L'Antre de l'Horreur et Starr le Tueur), autant de démonstrations de l'aisance de Corben à passer d'un genre, d'une atmosphère à l'autre, tantôt spectaculaire, pleine de bruit et de fureur...tantôt intimiste et terriblement sombre dans la gestion des troubles qui animent les héros.

Ce qui caractérise notamment les comics de Richard Corben se rattachant à l'univers super-héroïque de la Maison des Idées, c'est qu'ils sont pratiquement tous hors-continuité. C'est le cas ici des mini-séries Banner et Cage de Brian Azzarello et du numéro spécial Punisher : The End de Garth Ennis. Seuls ses deux épisodes de Ghost Rider font partie de la prestation du scénariste Daniel Way sur la série de Johnny Blaze datant de 2006...et il est d'ailleurs dommage que Panini n'ait pas ajouté un petit texte pour remettre dans le contexte car je trouve que ce court arc ne fonctionne pas comme il le devrait lorsqu'on le déconnecte ainsi de l'ensemble auquel il appartient.

Scènes de destructions massives peuplés de colosses aux muscles hypertrophiés et aux mâchoires proéminentes...thriller urbain et guerre des gangs aux protagonistes grotesques...ambiance horrifique entre ciel et enfer...récit post-apocalyptique. Sens du détail et de l'espace, cadrages aussi bien travaillés que les pleines pages pour transmettre les émotions voulues. Richard Corben (accompagné par José Villarubia aux couleurs sur Cage et Ghost Rider pour un résultat de qualité) a fait ici les rencontres avec les personnages qui lui convenaient pour laisser ses crayons s'exprimer idéalement.

Sur les quatre histoires au sommaire de cet album, ma préférence va toujours au Punisher : The End de Garth Ennis. Une dernière mission pour Frank Castle, implacable jusqu'au dernier moment...Ennis happe dès les premières cases et ne lâche plus jusqu'aux ultimes pages, au nihilisme poussé. C'est prenant, bien écrit et le titre conclut parfaitement une sélection un brin inégale du point de vue du scénario. 

En effet, comme je l'ai souligné plus haut, la lecture de Ghost Rider manque de fluidité sans les épisodes qui ont précédé. Pour les mini-séries Banner et Cage d'Azzarello, il y a à boire et à manger. Dans la première, le scénariste revient sur la malédiction de Banner et son impossibilité à se débarrasser du monstre que la bombe a libéré. Thème ultra-classique, mais qui donne lieu à un affrontement intéressant entre Banner et un Doc Samson qui représente une autre face de la même pièce (et qui n'a vraiment pas la même caractérisation que son équivalent de la continuité classique). Pour Cage, je trouve les cinq épisodes un peu trop décompressés et la fin un peu trop abrupte. Mais le portrait du héros à louer m'a plu et cette enquête sur la mort d'une petite fille qui plongera Cage dans une guerre des gangs ne manque pas de passages qui ont un certain impact. 

En bref

Des visuels puissants pour des comics qui proposent un autre regard sur ces héros Marvel. C'est certes irrégulier, mais pas mal du tout...jusqu'à l'excellent "Punisher : The End" !

7
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