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Critique de Bokurano

par Leif le dim. 15 août 2010

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Depuis le désormais aussi mythique que mystique (non sans d'excellentes raisons) Neon Genesis Evangelion, il semble devenu impossible de se mettre aux commandes du moindre robot géant justicier sans avoir derrière soi une longue et productive psychothérapie intensive. Finis, les géants destructeurs indestructibles aux fulguropoings d'acier ! Fini, le dézinguage d'aliens belliqueux à tire-larigot avec fiesta triomphale de rigueur autour d'un feu de bois et d'un sac de chamallows. Las de jouer la partition, le Japon semble bien décidé à tordre le cou à ses idoles de tôles et de boulons, qui sont pourtant toujours restées extrêmement populaires.


Dès son sous-titre introductif, Bokurano ("notre enjeu") s'inscrit explicitement dans cette mouvance de déconstruction, de trahison rageuse, et il s'en donne à coeur joie en terme de contournements névrotiques et autres dérives existentielles.

En écho aux fausses notes semées ici et là, tout bascule dans le drame dès les trois-quart du premier volume, avec le décès aussi brutal qu'absurde de celui qu'on pressentait comme héros principal pour l'intrigue. Dès lors, rien ne va plus, la mécanique se grippe, tout sombre peu à peu dans le glauque ; les névroses de ce petit monde refont progressivement surface pour éclore aux commandes de ce qu'ils ont rebaptisé Zearth, démembrant presque littéralement l'idée qu'un pré-ado pourrait sauver le monde s'il y était amené, d'une manière ou d'une autre. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de lire entre les lignes moquerie et condescendance de la part d'un dessinateur au style léger, enlevé et épuré, auquel un encrage nerveux donne tout le sérieux et le charisme de rigueur. Question ambiance, on pense inévitablement à Evangelion, mais aussi à Death Note pour le côté malsain et à XXth Century Boys pour l'énigme à tiroirs...

Est-ce réel ? Est-ce un jeu ?

Considérant la nature profondément déstabilisante du contenu, difficile de rendre son verdict à partir de ce seul volume (dont la traduction est parfois extrêmement confuse) tant il apparait ardu de deviner le but et la volonté de l'auteur (double parfait de Kokopelli, semble-t-il), ni où il entend entraîner son malheureux lecteur. Tout cela tient-il de l'exercice de style pour la forme ou de la seule provocation gratuite, ou y a-t-il un sens caché entre les espaces des phylactères ? Impossible, en tout cas, de ne pas vouloir en découvrir plus.

Affaire à suivre... Ou pas.

En bref

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