7

Critique de Slots

par bulgroz le mer. 19 juin 2019 Staff

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Slots

Stanley Dance est un connard. Là-dessus, tout le monde est d’accord, même l’intéressé en convient. Arrivé à la cinquantaine, il est bien conscient de se traîner une réputation de père indigne et d’arnaqueur adultère, et ça ne semble pas tellement le déranger.

Oui mais voilà, si Stanley est un connard, il ne néglige pas (toujours) ses proches pour autant. « Un coup pour moi, un coup pour les autres » pourrait être sa ligne de conduite, pervertissant la notion de karma (qui le lui rend bien).

Voilà le genre de personnage anti-héroïque que la fiction adore détester : les losers joyeux. Ils sont fascinants et séduisants mais en même temps, on sait qu’avec leur compagnie arrivent tout un lot d’emmerdes. On a tous ce genre de pote.

Dans quelle autre ville que Las Vegas pourrait évoluer ce genre de personnage ?

Dans Slots, l’essentiel de l’action s’y passe. On parle bien ici du Las Vegas ultra cliché, celui du strip, le Las Vegas des récits de genre, entre strip-tease, combat de boxe et magouilles. Et ça tombe bien car Stanley coche à peu près toutes les cases : ancien boxeur, il côtoie de près les machines à sous et il s’est plus ou moins fait virer de la ville quelques années auparavant.

S’il revient à la manière d’un cowboy solitaire, c’est pour aider une amie propriétaire d’un casino en déroute, menacé par l’ancien meilleur pote de Stanley (celui-là même à qui il doit d’être persona non grata à Vegas).

Pour l’aider, il mettra à profit ses meilleurs dons de magouilleur et de boxeur sur le retour mais qui a conservé quelques beaux restes.

Le scénario n’a certes rien de révolutionnaire. C’est un polar poisseux plein de pin-up, de machines à sous et de types à leur bureau fumant de gros cigares. Les personnages sont également assez archétypaux, mais qu’importe, quand les récits de genre sont assumés et bien construits, c’est un plaisir.

Dan Panosian, à la manœuvre, est un artiste touche à tout : comics, cinéma, animation, jeux vidéo, publicité etc.

Il est nourri par des années de pop culture et de mythologie US, et quand il traite de Vegas on sent bien qu’il a précisément en tête toute une imagerie fantasmée. Loin de vouloir révolutionner le genre, il fonce dedans et c’est tant mieux. De nombreuses planches sont semblables à des storyboard : les éclairages, les angles de vue et même le rythme narratif, tout est cinématographique dans Slots.

Pour ma part, c’est justement la partie graphique qui m’a le plus plu : les dessins sont vigoureux, anguleux, énergiques et la colorisation allie modernité (formes géométriques…) et vieille école (utilisation de la trame), ce qui contribue à développer un univers qui tout en étant tout à fait contemporain est également en dehors du temps.

En bref

Slots est un polar one-shot résolument pop. Dan Panosian connaît, utilise et sublime tout un tas de clichés sur le genre tout en choisissant de placer son récit à Las Vegas. C'est une lecture très rythmée, agréable. La partie graphique est menée d'une main de maître, un bon moment, en somme.

7
Positif

Un récit de genre totalement assumé

Des dessins franchement canons

Une colorisation audacieuse

Negatif

Une oeuvre peu originale

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