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Critique de Warlock #1969

par Le Doc le mer. 31 juil. 2019 Staff

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Je suis celui que l'on nomme...Lui !

La première Intégrale Panini consacrée au personnage de Adam Warlock rend bien compte de l'évolution d'un personnage qui n'a cessé de chercher sa voie tout au long des premières années de son existence éditoriale. On peut même dire que Warlock n'a pas eu un mais plusieurs "pères", ce qui correspond à chaque étape de son cycle de renaissance. Dans Fantastic Four #66 et 67 et The Mighty Thor #165 et 166 (ces deux derniers ouvrant le sommaire de l'album), il était Lui, être surpuissant imaginé par Stan Lee et Jack Kirby aux faux airs d'un adonis sorti du laboratoire du docteur Frank'n'Furter. D'un enfant "déçu" par ses parents, Lui passe au stade d'un ado colérique qui cherche à mettre un terme à sa solitude dans les épisodes de Thor.

Cet Adam qui n'était pas encore Adam était encore une matière assez brute et il faudra attendre l'année 1972 (soit trois ans après les Mighty  Thor) pour que Roy Thomas lui ouvre un chemin plus intéressant.

Dans Marvel Premiere #1 et 2, puis la série Warlock, Roy Thomas construit une saga qui fait de Adam Warlock (le prénom lui est donné par les humains qu'il rencontre sur la Contre-Terre et le nom par le Maître de l'Evolution) un "messie allégorique". En effet, les références bibliques ne manquent pas dans cette suite d'épisodes où le lecteur assiste d'abord à la création d'une seconde Terre. En 6 jours, le Maître de l'Evolution créé dans ses expérimentations divines un nouveau monde, la Contre-Terre, et le 7ème jour, alors qu'il se reposait, l'Homme-Bête (l'équivalent de l'Ange Déchu) y apporte la violence. Lorsqu'il se rend compte des actes de l'Homme-Bête, le Maître décide de détruire sa création, mais Warlock le convainc que ces autres humains méritent d'être sauvés.

Mais les manipulations de l'Homme-Bête vont mettre à mal les convictions du sauveur pacifiste qui cédera souvent à la colère. Le cadre de la Contre-Terre permet aux différents auteurs (car Roy Thomas n'est pas resté longtemps) de développer leurs histoires sans les contraintes de l'univers partagé et c'est également l'occasion de découvrir des versions alternatives de certains personnages (puisque tous les habitants de la Terre ont un double sur la planète créée par le Maître de l'Evolution). Les rebondissements sont nombreux, l'action est souvent soutenue et spectaculaire...et en toile de fond, les scénaristes traitent aussi des mouvements sociétaux de l'époque. 

Graphiquement, c'est par contre un peu plus inégal. Les meilleures planches portent la signature de Gil Kane, mais quand Bob Brown et Tom Sutton prennent les commandes, c'est beaucoup moins maîtrisé. John Buscema est même méconnaissable sur Warlock #2 (Big John n'a du livrer que quelques esquisses avant le passage de Tom Sutton).

L'aspect "christique" de Warlock n'est jamais oublié et il est particulièrement présent dans les trois épisodes de Hulk qui concluent l'album. La série Warlock était interrompue et comme Marvel ne laissait jamais tomber une histoire en cours (ou alors très rarement), la suite a eu lieu dans les pages de Incredible Hulk, le géant vert étant le seul personnage à avoir visité la Contre-Terre. Le scénariste Gerry Conway appuie encore plus le côté "Jesus-Christ Superstar" de Warlock tout en réussissant à ne pas trop tomber dans la lourdeur qui aurait pu plomber le concept. 



 


En bref

Il y a donc du bon et du moins bon dans l'Intégrale 1969-1974 de Warlock...et heureusement le meilleur était encore à venir. Adam allait connaître en effet une nouvelle réinvention et même une nouvelle renaissance grâce à Jim Starlin. Un nouveau "père" dont les apports allaient révolutionner l'existence de celui qu'on nommait Lui.

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