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Critique de Robin - Année Un

par Le Doc le mar. 20 août 2019 Staff

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Année Un

À peine quelques mois après la création de Batman, le scénariste Bill Finger en avait un peu assez du modèle du justicier solitaire. Il s'est alors demandé : et si le héros avait quelqu'un à qui parler plutôt que de toujours recourir aux bulles de pensée ? Parmi les références du personnage, il y avait Sherlock Holmes...et Sherlock Holmes a toujours besoin de son Watson. Un Watson qui finira par ressembler à un gamin bondissant, à qui les jeunes lecteurs s'identifieraient. Robin était né.

Dick Grayson, alias Robin, est apparu pour la première fois dans les pages de Detective Comics #38 en 1940. En ce temps-là, il ne fallait pas plus de 3 pages pour établir les origines d'un personnage, celle d'un petit garçon acrobate dont les parents ont été tués sous ses yeux avant d'être recueilli par Bruce Wayne qui va en faire son allié dans sa lutte contre le crime. Seulement trois pages et la première mission de Robin pouvait commencer.

Au fil des années, ce moment décisif a été revisité à plusieurs reprises. Robin : Year One, mini-série en 4 épisodes publiée en 2001, fait partie de ces ajouts à la mythologie batmanienne. Comme son titre l'indique, Year One couvre la première année de Dick Grayson en tant que partenaire de Batman et le narrateur en est Alfred Pennyworth. Au scénario, on retrouve deux scénaristes familiers de cet univers, Chuck Dixon (auteur de longues prestations sur Robin et Nightwing) et Scott Beatty (auteur de scénarios et d'encyclopédies), et aux dessins l'excellent Javier Pulido, secondé pour quelques pages par le non moins excellent Marcos Martin au dernier chapitre.

La décision de faire de Alfred la voix de l'histoire qui se déroule mois après mois est intéressante parce que les pensées du majordome appuient bien sur ses doutes et sa culpabilité de voir un autre enfant "gaspiller sa jeunesse" au nom de la justice. Les interrogations sont là, tout comme celles du commissaire Gordon qui ne voit pas non plus cela d'un très bon oeil. Malgré les épreuves, les liens entre les trois hommes vont se solidifier. L'histoire ne concerne pas juste la première année de Dick Grayson en Robin, c'est aussi la construction d'une famille en devenir...

Mais comme je l'ai souligné, cette année a été marquée par des épreuves. Il y a toujours eu un contraste entre ce gosse énergique habillé de couleurs criardes et le monde violent dans lequel il évolue. Dixon et Beatty n'éludent pas la chose, ce qui passe par une sévère remise en question après le passage à tabac de Dick aux mains de Double-Face. Même si les visuels n'ont pas ce côté sombre et glauque des dessins de Mazzuchelli sur Batman Year One, la scène reste dure et intense  de par les choix graphiques de Javier Pulido, qui insiste sur la suggestion, les sons tout en jouant sur les effets des ombres qui sont importantes dans son travail.

Bref, j'aime beaucoup ce qu'ont fait Chuck Dixon et Scott Beatty sur leurs mini-séries Year One. Tout en étant très bien servis aux dessins (c'est beau et dynamique), ils signent des intrigues palpitantes, aux nombreux rebondissements. Action, drame et suspense, avec un bon sens de la  caractérisation ! 


En bref

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