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Critique de Undercurrent

par terry le lun. 30 déc. 2019

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Nous arrivons dans la vie de Kanae Sekiguchi, la gérante des bains publics Tsuki no Yu ( les bains de la lune) au moment où... elle décide de rouvrir. En effet, son mari s'est évaporé dans la nature il y a trois mois et elle et sa tante ne pouvant tenir juste à deux les bains, ont fermé l'établissement. Le syndicat des bains publics leur envoie un employé pour les aider, Monsieur Hori, un homme sérieux, mais effacé voire secret. Kanno, une amie de Kanae qu'elle avait perdu de vue un moment, lui recommande un détective pour essayer de retrouver son mari, ou du moins savoir ce qui est arrivé: Kanae, lasse de guetter les informations sur les suicides et autres morts, se laisse tenter. Sans doute cela calmera-t-il sa culpabilité de n'avoir rien vu venir du départ de son mari Satoru? Mais est-ce vraiment cette culpabilité qui lui fait faire ces rêves étranges, où elle se fait noyer et étrangler? ou une autre, plus ancienne, plus enfouie, que ses soucis feraient lentement remonter?... Démonstration criante qu'une fois un livre résumé, on n'en n'a rien dit... et qu'on peut dire la même chose parfois d'une relation de couple. La couverture n'est pas franchement attrayante (pas vilaine, voire poétique, avec tout ce bleu, mais... pas attrayante!), et le titre se prendra tout son sens qu'au fil de la lecture, au bout des 11 chapitres. Chapitres dont les couvertures ressemblent à des photos un peu décentrées, qui font la part belle aux paysages urbains et aux intérieurs japonais... Tetsuya Toyoda s'attache aux moments de vie, les étire un peu, mais sans que ça ne dure trop longtemps. Cependant, l'ambiance très calme et silencieuse ( malgré de longues conversations parfois) peut paraître pesante et heureusement l'auteur a ménagé quelques pauses vaguement loufoques à travers les loches (des poissons, hein!) du chapitre 3, l'affaire de grand-père Sabu et du voleur de culottes dans le chapitre 5, ou le détective Yamazaki, à l'apparence négligée mais plutôt sérieux dans son travail... Kanae n'est pas dessinée comme une bombe, c'est une femme normale, avec des cheveux courts, ni particulièrement jolie ni particulièrement laide. elle est plutôt vivante et on comprend son état d'esprit la plupart du temps, à part ce rêve d'étranglement. Monsieur Hori, par contre, reste jusqu'au bout très - trop! - inexpressif ( "japonais" , dit mon mari XD), ce qui me l'a rendu plutôt antipathique; plus expressif j'aurais probablement mis une étoile de plus! Tetsuya Toyoda a un trait plutôt neutre, que je rapprocherais de Hiroki Endo, l'auteur de Eden; heureusement son histoire est bien moins désespérée! Très lent, réaliste, psychologique, ce livre est à éviter si vous ne jurez que par l'action, la romance, le fan-service ou le fantastique; mais il recèle des trésors de sous-entendus, de douceur (l'attitude de Kanae à la toute fin est magnifique), et de calme si vous prenez le temps de le lire et de profiter de l'atmosphère qu'installe l'auteur. La fin, bien qu'ouverte, m'a parue plutôt satisfaisante: pas de dénouement miraculeux mais on a des réponses aux questions principales, le reste est laissé à notre imagination/interprétation...

En bref

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