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Critique de Marvels

par ScoobyDam le sam. 25 janv. 2020 Staff

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L’humain au centre

Encore une superbe lecture: Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross. Cette nouvelle édition regroupe tous les épisodes de 1994 (0 à 4) et l’épilogue de 2019.

L’ambiance de l’épisode zéro est hypnotisante tant scénaristiquement que graphiquement. Sur si peu de pages, c’est fabuleux de nous transporter si rapidement dans une histoire. Cela permet de rentrer directement dans le récit, une sorte d’amuse-bouche très agréable qui donne le ton global de tout l’album. Nous suivons ici la création de la torche humaine (par le fantastique, mais le premier, une sorte d’homme synthétique) qui sera ici le premier des super-humains présentés.

Ensuite commence l’histoire durant laquelle nous suivons une longue tranche de vie d’un photo-journaliste, Phil Sheldon. Nous le suivrons dans sa vie personnelle et professionnelle, entre doutes et remises en question constantes de sa perception des super-héros. C’est un regard totalement nouveau que l’on a sur les interventions des super-héros; on les vit à travers ceux qui subissent ces attaques et répliques: les êtres humains comme vous et moi, et notamment les New-Yorkais. Là est tout l’intérêt du récit, ne vous attendez pas à un récit avec des super-héros dans tous les sens, ici on se concentre essentiellement sur le côté humain. Le choix du peintre Alex Ross est du coup totalement logique et fantastique pour nous plonger dans le réalisme qui ne pouvait que découler de ce superbe scénario.

Dans l’épisode un, nous retrouvons la torche de l’épisode zéro et Namor, le prince des mers. Le protagoniste rêve de partir en Europe, là où tout se passe pour les reporters de guerre. Il fantasme à devenir célèbre pour ses photos et articles et il sait que c’est là-bas qu’il gagnerait cette célébrité. Mais c’est alors que débarquent les deux supers qui s’affrontent dans le ciel de New-York. Il décide, par instinct, de rester et de couvrir les divers événements. Toutes les réactions sont assez naturelles et s’adaptent parfaitement au différents conflits qui peuvent retentir.

Dans le second épisode, nous continuons à suivre l’évolution de Sheldon. Cette fois, le récit se concentre autour des 4 fantastiques et de la relation entre humains et mutants, avec l’introduction de cette haine anti-mutant chère à l’univers Marvel et surtout aux intrigues des X-men. Les évolutions de penser du journaliste sont toujours aussi logiques et c’est un plaisir de suivre sa vie professionnelle qu’il fait passer avant sa vie de famille. Petit point négatif pour les néophytes: dans l’épisode deux, on nous parle de la torche, mais des 4 fantastiques, plus de la torche des épisodes précédents, ce qui pourrait compliquer la compréhension de l’histoire vu que rien ne nous l’indique.

Le troisième épisode est celui que j’ai préféré, on assiste à l’affrontement du surfer d’argent contre Galactus grandiosement représenté grâce aux peintures de Ross. Sheldon tente de reprendre sa vie de famille en main et à défendre les “Marvels” contre les opinions négatives que les gens peuvent avoir dans les périodes durant lesquelles les supers ne les sauvent pas.

L’épisode quatre continue sur cette lancée. Sheldon décide de faire un exemple en rendant ses titres de noblesse à Spiderman, accusé du meurtre du policier George Stacy. Nous assistons donc à son enquête qui le mène à reconstruire ce macabre événement.

L’épilogue conclut bien toute cette histoire avec une passation générationnelle, que je comprends comme une certaine immortalité des super-héros et de l’adoration que les gens ont pour eux.

Dans sa globalité, c’est un point de vue vraiment très intéressant que nous propose le scénariste en nous faisant vivre les aventures des super-héros Marvel à travers les yeux de monsieur Tout-le-monde. Et le fait d’appuyer cette perception ancrée dans notre réalité par les peintures d’Alex Ross est plus qu’un choix parfait. De plus, c’est également lui qui réalise les couvertures, ce qui nous laisse dans l’ambiance graphique sans nous détacher du récit.

Un petit mot sur l’édition: c’est vraiment très minimaliste. Les matériaux sont agréables, j’aime beaucoup le papier ni trop mat ni trop brillant, la prise en main est agréable; par contre, on n’a le droit qu’au récit, aucun bonus à part quelques variant covers… C’est toujours un peu décevant de ne pas avoir de galeries de recherches ou d’interview sur le processus créatif pour des oeuvres aussi connues et reconnues.

En bref

Un album contenant l’intégralité du récit Marvels avec les épisodes et l’épilogue, dans une édition agréable mais très minimaliste (sans aucun bonus). L’histoire est vraiment très chouette, le fait de vivre certains événements et affrontements de super-héros à travers les yeux de monsieur Tout-le-monde est un point de vue intéressant et passionnant. Les différents doutes et remises en question du protagoniste apportent encore plus de réalisme et nous permettent de nous poser certaines questions auxquelles nous ne pensons pas forcément en lisant les aventures de nos héros favoris. Une très bonne lecture.

9
Positif

Le point de vue humain des affrontements avec leur impuissance face aux événements

L’interventions de beaucoup de personnages connus mais sans qu’aucun ne prenne le dessus

Alex Ross au top

L’évolution du personnage principal

Negatif

Aucun bonus dans l’édition

Pas de note pour différencier la torche humaine des deux premiers épisodes avec la torche des 4 fantastiques

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