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Critique de Captain America #5

par Le Doc le ven. 8 mai 2020 Staff

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The Return of the King

En 1970, Jack Kirby, l'une des principales forces créatrices de Marvel, quitte la Maison des Idées pour développer ses propres titres chez la Distinguée Concurrence. L'annonce a fait l'effet d'un choc...et la surprise fut encore plus grande quand Stan Lee annonça le retour de Kirby sur l'univers qu'il avait co-créé cinq ans plus tard. Pour diverses raisons trop longues à détailler ici (et ce n'est pas le sujet), la relation entre DC et Kirby ne s'est pas terminé en de très bons termes et comme il n'y avait pas beaucoup de choix à l'époque, le King s'est résolu à travailler de nouveau pour Marvel.

Comme chez DC, les responsables de Marvel lui ont offert la possibilité d'écrire, dessiner et éditer lui-même ses propres bouquins. Cette dernière période fut encore une fois prolifique : en deux ans, Kirby a créé les Eternels, Machine Man (personnage dérivé d'une adaptation tardive de 2001, l'Odyssée de l'Espace), Moon Boy & Devil Dinosaur, repris les séries de Captain America et Black Panther, signé un album du Silver Surfer avec Stan Lee et illustré de nombreuses couvertures. Mais les vieilles blessures n'étaient pas encore refermées (notamment en ce qui concernait la dispute sur ses planches originales) et Kirby a une nouvelle fois claqué la porte en 1978 pour aller bosser dans l'animation et le cinéma. 

Comme il était lui-même le responsable éditorial de ses titres, la lecture de ces épisodes donne l'impression que les aventures se déroulaient dans son propre recoin de l'univers Marvel, sans interaction avec les autres séries. C'est assez flagrant sur Captain America. Dès le premier épisode, le ton est déjà très différent de celui de la passionnante prestation de Steve Englehart (voir mon avis sur la fiche de l'Essential volume 4). Kirby ne reprend que très peu de personnages, juste Cap, le Faucon et leurs petites amies Sharon Carter et Leila Taylor (dommage que la caractérisation de cette dernière soit tout de même très éloignée de la "panthère de Harlem" du run d'Englehart...dans le premier numéro de Kirby, on la voit carrément en "maîtresse de maison" qui sert le café à Cap et au Faucon, ce qu'elle n'aurait jamais fait auparavant). Le S.H.I.E.L.D. et Nick Fury sont mentionnés, mais on ne voit jamais le soldat borgne. Ce n'est pas comme si ces comics sont hors-continuité car plusieurs apports seront développés par d'autres scénaristes après le départ de Kirby mais on voit bien une "coupure" après le style des histoires des années précédentes. 

Globalement, je trouve que cette vingtaine d'épisodes sont qualitativement un cran en dessous de ceux d'Englehart...mais cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas intéressants. Déjà en matière de scènes d'action explosives dans des décors détaillés et spectaculaires, Kirby n'avait pas son pareil et il l'a démontré encore ici. Dès son premier arc narratif, il oppose Cap et le Faucon à des complotistes, une "Elite" qui veut renverser le gouvernement américain en rétablissant l'aristocratie et en se servant pour cela d'une "Madbomb". Et cette "bombe qui rend fou" au design étonnant ne sera que la première des créations barrées de Kirby puisqu'il va enchaîner quelques uns de ses plus étranges concepts comme le peuple de Zero Street (l'une des premières communautés souterraines de Marvel), Agron, Arnim Zola, Primus,  le bizarre Doughboy et l'entité qui habite deux corps, le minuscule Mister One et le massif Mister Two (dans un annual assez faible avec Magneto).

C'est mouvementé et très divertissant donc...mais tout de même un brin inégal selon les numéros, avec des creux entre les sagas de la Madbomb et d'Arnim Zola qui sont pour moi les meilleurs moments de ce run un peu alourdi parfois par des dialogues et des récitatifs ampoulés. Le départ de Kirby semble bien  avoir été un peu précipité car les deux épisodes suivants, qui n'ont pas un grand intérêt,  ont du être produit très rapidement : le #215 par Roy Thomas et George Tuska sert d'énième récap' de l'histoire du Vengeur Etoilé et le #216 réédite la rencontre entre la Torche Humaine et un faux Captain America qui avait eu lieu en 1963 dans Strange Tales #114.



En bref

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