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Critique de Elle ne rentre pas, celle de mon mari #1

par Tampopo24 le ven. 27 mars 2020 Staff

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Un témoignage intime

Avec un titre pareil, ce manga ne pouvait qu'attirer l'attention, en tout cas ça a marché avec moi. Et sous sa couverture aux couleurs toutes douces, au rose un peu culcul et avec un héroïne un peu clichée qui court vers son homme..., c'est en fait un titre très actuel que nous propose le Lézard noir où l'on parle ouvertement de sexualité.

Elle ne rentre pas, celle de mon mari est l'adaptation d'un roman autobiographique de Yuki Kodoma où elle parle de sa vie sexuelle avec son compagnon et d'un problème qu'elle rencontre : le vaginisme, c'est-à-dire quand le pénis de l'homme ne peut pas rentrer dans le vagin de la femme parce que celui-ci est beaucoup trop étroit à cause de la contraction des muscles pelviens. C'est un problème sexuel que rencontre de nombreuses femmes et qu'il fait bon de voir abordé ici, comme ce fut le cas la saison 2 de Sex Education.

Pour se faire, la mangaka et l'autrice mettent en scène une toute jeune étudiante, qui à peine arrivée dans son nouveau lieu de vie se lie d'amitié avec l'un de ses voisins, un jeune homme un peu étrange et sans gêne, qui va régulièrement venir squatter chez elle. Ils vont petit à petit se mettre ensemble mais lors de leur première fois, ils rencontrent un problème de taille qui les empêche d'aller au bout et cela continuera par les suites, les obligeant à avoir d'autres types de relations sexuelles.

Au début, j'étais très contente de voir un objet littéraire abordant ce sujet car c'est quelque chose d'assez méconnu et que ça m'intriguait. Je voulais en apprendre plus. Sauf que pour le moment, on reste très très en surface avec le sujet. Peut-être est-ce dû au caractère pudique des Japonais mais au final l'autrice ne nous apprend rien sur le sujet, on sait juste qu'ils n'arrivent pas à le faire. Il faut attendre la fin du premier tome pour que Sachiko cherche une alternative pour peut-être pouvoir avec un rapport avec pénétration avec Shin. Du coup, j'ai eu l'impression d'avoir été un peu trompée.

Pour autant, le titre se laisse très bien lire. On sourit devant la naïveté de cette héroïne, qui a si peu d'expérience avec les autres et les garçons en particulier. On peut rire également du sans gêne de Shin et de sa passion pour les survêt'. L'autrice veut présenter une relation qui se met naturellement, mais ce n'est pas tout à fait ce que j'ai ressenti. J'ai trouvé au contraire que c'était assez maladroit. Cependant, j'ai aimé leurs interactions dans cette petite pension qui n'ont pas été sans me rappeler Maison Ikkoku.

En plus, on ne perd pas de temps, l'histoire avance vite et les années défilent. On n'est pas avec un couple qui mettrait 3 ans à se tenir la main ou s'embrasser, ici ce sont de jeunes adultes et c'est de sexualité dont on va parler. Ils se mettent donc rapidement en couple et en arrive à vouloir coucher ensemble très vite. Quand ça ne marche pas entre eux, Shin tente de l'amener ailleurs et quand ça ne change rien, il lui propose d'autres types de relations. J'ai apprécié de voir un héros qui ne la quitte pas pour ça, et en même temps, j'ai été gênée de voir qu'on ne pense ici qu'au soulagement du plaisir/désir masculin et non aussi à celui de la femme. Ce n'est jamais abordé. D'ailleurs, quand Sachiko se rappelle sa première fois, on commence à deviner qu'elle pourrait être l'origine de son vaginisme et l'absence de plaisir féminin voire une blessure intime n'y sont pas étranger.

Du coup, je m'interroge. L'autrice va-t-elle développer l'aspect féminin de leur relation. Va-t-on en rester longtemps à ce statu quo ? Est-ce que la tentative de Sachiko va réussir ou vont-ils devoir trouver autre chose ? Vont-ils finir par aller consulter un(e) spécialiste ? Je suis très curieuse de voir la tournure que l'histoire va prendre car pour moi, elle a à peine démarrée pour l'instant.

Les dessins de Yukiko Gotô sont doux et plein de rondeurs, mais surtout elle joue d'énormément de métaphores graphiques pour mettre en images les problèmes sexuels des héros. C'est très amusant et vraiment parlant. Du coup, ce n'est jamais scabreux, loin de là. Ça aide à ressentir énormément de bienveillance envers Sachiko et Shin.

En bref

Même si j'attendais peut-être plus d'éléments sur la vaginisme dans Elle ne rentre pas, celle de mon mari, ce fut quand même une lecture agréable, qui m'a donné envie de découvrir la suite pour voir comment la relation des deux héros allait évoluer et si la question allait être approfondie. L'autrice a su rendre les personnages sympathiques malgré les petits bémols relevés. Un titre intriguant qui est fidèle à sa réputation.

7
Positif

La découverte du vaginisme dans un manga

Un couple actuel et adulte

Des questionnement intime sur la sexualité

De l'humour et une ambiance à la Maison Ikkoku

De belles métaphores graphiques

Negatif

Un sujet encore un peu survolé

Le désir masculin trop mis en avant au détriment de la femme

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