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Critique de Joker – fini de rire

par Le Doc le sam. 19 sept. 2020 Staff

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Je n'ai plus besoin de jouer...

L'album Joker : Fini de rire réunit deux histoires publiées aux Etats-Unis en 1994 et 1996 : Sain d'esprit (Going Sane en V.O.), un arc narratif en quatre épisodes publié dans la revue anthologique Legends of the Dark Knight), et L'Avocat du Diable (The Devil's Advocate), un one-shot de plus de 90 pages déjà traduit en kiosque par Semic il y a 20 ans.

Sain d'esprit est une idée que J.M. De Matteis avait proposé à DC dans les années 80 mais elle lui avait été refusée car Len Wein pensait que certains éléments présentaient des points communs avec le Killing Joke que préparait un certain Alan Moore. Le récit a finalement vu le jour presque dix ans plus tard, dans les #65 à 68 de Legends of The Dark Knight. Le concept est le suivant : après un nouvel affrontement intense (qui a lieu dans le premier chapitre), le Joker tue Batman...enfin, c'est ce qu'il croit...et avec la principale raison de son existence éliminée, le cerveau du clown prince du crime, qui n'est déjà pas un endroit qu'il fait bon fréquenter, se brise. Celui qui était complètement fou devient sain d'esprit et tente  de mener une vie normale. Mais peut-il vraiment emprisonner le Joker sous l'apparence "normale" de Joseph Kerr ? 

On retrouve ici le style introspectif de J.M. De Matteis (que j'avais notamment beaucoup aimé sur ses Spider-Man) pour une exploration intéressante de la psyché des deux ennemis de toujours. Une narration qui se caractérise, entre autres, par ces voix-off qui s'entrecroisent (celles de Batman et du Joker et celles des deux femmes qui croisent leurs routes dans une véritable mise en parallèle) et par ces moments silencieux qui succèdent à des passages plus bavards. Tout ne fonctionne pas dans ces quatre épisodes et la partie graphique a ses faiblesses (je ne déteste pas le style de Joe Staton mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux) mais dans l'ensemble, cette petite saga qui était restée inédite jusque là est assez prenante.

Dans L'Avocat du Diable, le Joker est arrêté pour une nouvelle vague de crimes qui porte visiblement sa marque. Tout l'accuse, il passe en jugement et est condamné à mort. Mais une question se pose : et s'il était vraiment innocent ? Car Batman croit depuis le début que le Joker n'est pas le vrai coupable...et pour l'intéressé, cette histoire de timbres empoisonnés manque carrément d'imagination.

L'Avocat du Diable est un one-shot consacré au Joker, ce qui n'empêche pas Batman d'être au coeur de l'intrigue. Epaulé par le toujours solide Graham Nolan aux dessins, un de ses collaborateurs réguliers, le scénariste Chuck Dixon offre une caractérisation soignée du Chevalier Noir en testant son dévouement à sa quête de la vérité. Les réactions de son entourage sont bien écrites (la réaction de Oracle est très juste) et on peut  parfaitement comprendre leurs points de vue. 

Je trouve que la résolution n'est pas totalement à la hauteur de ce qui a précédé, mais ce n'est qu'une légère réserve car dans l'ensemble L'Avocat du Diable reste une bonne démonstration de l'efficacité des histoires concoctées par Chuck Dixon pendant ses prestations sur les séries du Croisé à la Cape (sur ce que j'ai pu lire bien entendu).




 

En bref

Une bonne lecture pour ce recueil qui fait partie de la série de publications concoctées par Urban Comics pour fêter le 80ème anniversaire de la création du Joker !

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