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Critique de Doomsday Clock

par Blackiruah le mar. 10 nov. 2020 Staff

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Beaucoup de bruit… pour pas grand chose

Alors que DC Comics allait très mal en termes de vente de comics, la firme parvient à se relancer, en 2011, grâce à l’event Flashpoint écrit par Geoff Johns qui va permettre de rebooter l’ensemble de l’univers. Ce renouveau (les New 52) va faire du bien à la franchise mais ce succès n’a guère duré plus de 5 ans. Pour remettre à nouveau la machine en marche, Geoff Johns lance l’ère “rebirth” avec un récit qui dissémine les premières pistes du pourquoi du comment. Ainsi, le reboot est officiellement lié à Watchmen : grosse ambition.

Depuis, l’univers a essayé d’en dire plus à travers le récit “the button” qui ne va pas nous apprendre grand chose et surtout ne pas faire avancer le schmilblick : grosse déception.

Ainsi, Doomsday Clock arrive en messie pour conclure cette intrigue. Quel est le lien avec Watchmen ? Le récit saura-t-il se poser comme une suite potable du monument qu’est le récit d’Alan Moore ? Et surtout quelles seront les conséquences d’un tel évènement ?

Le monde de Watchmen est dans un état critique, après que la supercherie d’Ozymandias a été révélée. Leur univers est alors sur le point de tomber dans un conflit nucléaire. Alors qu’un nouveau Rorschach recherche activement le magnat, ce dernier finit par embarquer l’enquêteur et d’autres protagonistes dans une quête pour retrouver Dr Manhattan, seul espoir pour retrouver un monde en paix.

Problème, ces derniers se retrouvent propulsés dans un univers semblable au leur mais peuplé de super-héros avec Superman en tête de proue. S’ensuit donc une quête pour retrouver Jon alors que l’univers de DC Comics connaît aussi une crise organisationnelle qui va entraîner un réel conflit international. Mais que fait le Dr Manhattan, bon sang !

Soyons honnête, Geoff Johns s’est complètement raté sur toute la ligne à une exception près. “Doomsday Clock” cristallise toutes les peurs que j’avais avec un tel projet, je m’explique.

Watchmen est un monument des comics et Geoff Johns a voulu rendre hommage à Alan Moore en essayant d’imiter la même narration et les mêmes découpages. Mais n’est pas Alan Moore qui veut et ça se ressent terriblement sur la lecture. C’est d’une lenteur absolue et le récit ne décolle que dans les 3 derniers chapitres… Sur 12 ! Et c’est là que le bât blesse, pour un tel évènement, je m’attendais à autre chose qu’une narration lente et lourde avec des péripéties qui ne servent qu’à faire du fan service sans grand intérêt.

D’autant plus, que l’auteur a choisi de n’utiliser que le gaufrier qu’il ne maîtrise pas du tout et ne convient pas à un Gary Frank qui lui a entraîné une quantité colossale de travail (pouvant expliquer le retard astronomique de la série en VO). Bref, lire ce comic-book fut très laborieux, la faute à un scénariste qui tombe dans le piège de trop vouloir respecter l'œuvre originale et son auteur pour ne rien apporter de fou à la franchise.

Reste un chapitre, le 10ème, qui est incroyable, voir quasi parfait. Il sauve, à lui seul, la saga qui, sans trop en dire, va rendre hommage à une icône de DC Comics telle une église au centre du village. Geoff Johns développe tout un concept bien pensé qui va justifier un certains nombres de mécaniques éditoriales en leur donnant un sens dans l’univers DC. C’est du génie et un tel concept pourrait révolutionner la franchise, si elle était bien exploitée.

Passé ce chapitre, j’ai été très déçu par la fin qui n’a pas livré une conclusion aussi épique que j’aurais voulue. Le finish dépend très peu de la confrontation et j’ai eu cette désagréable sensation que Geoff Johns a juste fait en sorte de ranger les jouets tout en permettant d’en découvrir d'autres… plus anciens. J’ai été également perdu à de nombreuses reprises faute de savoir comment placer cette histoire dans la continuité.

En tant que suite et récit de conclusion, l’album se tient. Mais je ne peux être que déçu par l’ampleur du récit qui ne livre pas ses promesses et qui, cerise sur le gâteau, est compliqué à situer temporellement dans l’univers de DC…

Mais finissons sur une bonne note, Gary Frank fait un très beau travail sur ce titre permettant à tout lecteur de découvrir un excellent dessinateur qui excelle toujours autant à représenter des héros dans un style réaliste et cinématographique. Si on ressent que le gaufrier l’a un peu bridé, force est de constater que sa prestation est une réussite sur toute la ligne… mais pas suffisant pour un tel évènement.

En bref

Doomsday Clock s’est avéré être un récit très frustrant pour ma part. Si ce récit fait le taff en répondant à quasiment toutes les questions que les plus assidus de l’univers auraient pu se poser, Geoff Johns n’a pas osé réaliser cette histoire extraordinaire à la hauteur d’un tel crossover. Terriblement lent et parfois ennuyeux, Doomsday Clock est sauvé par un dessinateur toujours aussi talentueux et un chapitre digne de génie qui pourrait justifier à lui seul la lecture de l’event. Du coup, doit-on le conseiller ? Si vous êtes un lecteur assidu de DC Comics, vous ne pouvez pas passer à côté de ce récit qui conclut tout une intrigue de l’univers et ouvre sur une nouvelle époque ; si vous êtes un fan de Watchmen, pareil car vous y découvrirez la suite officielle même s’il y a pas mal de choses qui vous feront tiquer. Pour les autres lecteurs, c’est franchement anecdotique : le duo a offert de bien meilleurs récits super héroïques, privilégiez les avant cet album.

6
Positif

C’est beau

Sacré concept du 10ème chapitre

Negatif

Tout ça pour ça ?

C’est lent…

Un seul vrai bon chapitre sur 12...

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