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Critique de Moby Dick (Sienkiewicz)

par Le Doc le mar. 24 nov. 2020 Staff

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Appelez-moi Ismaël...

Au début des années 40, l'éditeur d'origine russe Albert Lewis Kanter a eu l'idée d'utiliser le support comic-book pour faire découvrir les classiques de la littérature aux jeunes lecteurs. Ainsi sont nés les Classic Comics (avec un numéro un consacré aux Trois Mousquetaires), devenus ensuite les Classics Illustrated à partir du #35 en 1947. La série s'est poursuivie jusqu'en 1962, avant de ne proposer que des rééditions les dernières années et de s'arrêter en 1971. 

À la fin des années 80, First Comics a collaboré avec Berkley Publishing pour une relance des Classics Illustrated. 27 titres ont été produits, avec des auteurs comme Kyle Baker, Bill Sienkiewicz, Mike Ploog, P. Craig Russell, Dean Motter ou encore John K. Snyder III. Une partie avait été traduite en France aux Editions du point d'Exclamation en 2009, des albums en petit format avec en bonus un CD de musique originale pour accompagner la lecture.

En cette fin d'année, Delcourt réédite le Moby Dick de Bill Sienkiewicz, mais cette fois-ci dans un grand format en couverture dure afin de rendre un peu plus justice aux superbes planches du dessinateur de Moon Knight, Daredevil et Elektra. Je l'avoue, je n'ai jamais lu le classique de Herman Melville mais il est impossible de ne pas connaître son contenu tant l'histoire a été maintes fois adaptée (cinéma, petit écran, bande dessinée...)...et on peut dire que l'expression "chasser la baleine blanche", synonyme d'obsession, est entrée dans le langage courant.

Moby Dick fait donc partie de mes lacunes mais je sais que c'est un roman copieux (il en existe même des versions abrégées) et il a bien entendu fallu faire des choix pour faire tenir l'essentiel de l'aventure dans une oeuvre illustrée de 44 pages (on échappe donc à toutes les descriptions de la vie des harponneurs et des techniques de pêche, ce qui n'est pas plus mal). Pour cela, Bill Sienkiewicz a travaillé avec un scénariste dont le nom a été omis dans la première édition française, D.G. Chichester (Daredevil). 

Je ne peux pas comparer mais il est évident que les deux auteurs ont effectué une véritable "compression" du récit, en faisant de nombreux choix qui n'ont pas du être simples pour aboutir à une lecture fluide tout en restant assez dense (on est plus dans le registre de la prose illustrée, les dialogues étant intégrés aux récitatifs). Dans une interview, Bill Sienkiewicz a comparé cette adaptation à un "poème symphonique" qui garderait l'essence, la substance des mots de Herman Melville.

Graphiquement, les planches de Bill Sienkiewicz sont de toute beauté, avec des choix souvent très intéressants confinant parfois au fantastique comme cette façon très abstraite de mettre en scène les apparitions de la baleine blanche. Il sait aussi bien retranscrire une certaine humeur psychologique qui hante les marins au long de cette quête insensée que se montrer spectaculaire pour la confrontation tant attendue. Et son capitaine Achab marque l'esprit !

En bref

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