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Critique de Rouges estampes

par ginevra le jeu. 4 mars 2021 Staff

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Une leçon d'histoire passionnante

2021 est l'année des 150 ans de la Commune de Paris. L'Histoire officielle étant toujours écrite par les vainqueurs, cet évènement important a longtemps été considéré comme une simple insurrection contre le pouvoir représenté par Thiers. Mais, comme souvent, les faits sont plus complexes que cela. Les scénaristes de l'album sont deux historiens qui vont évoquer les avancées sociales que la Commune avait tenté d'établir.

Carole Trébor et Jean-Louis Robert ont choisi de montrer la vie et l'engagement des parisiens (enfin pas tous) pour une vie meilleure tout en racontant une enquête policière. Ce qui explique le titre car des crimes affreux sont commis en suivant la mise scène d'une série d'estampes japonaises consacrée à 23 crimes célèbres au Japon. C'est un ex-étudiant en droit devenu artiste qui a été nommé commissaire et doit résoudre cette affaire. En suivant son travail, ses amis artistes engagés, sa compagne et les femmes qui l'entourent, le lecteur découvre comment les faits évoluent. Ce récit est entrecoupé par des pages reprenant des illustrations de journaux de l'époque et expliquant le déroulement des faits via les décrets pris par la Commune, par exemple (les sources sont donnés en fin d'album).

Nicola Gobbi a choisi d'illustrer cette enquête dans l'Histoire avec un crayonné en N&B rehaussé de rouge par moments. Parfois ce sont juste des détails qui apparaissent en rouge : chevelures, visages, vêtements, le sang… Parfois, ce sont des cases entières où un trait rouge repasse sur le trait noir. N'oublions pas que le drapeau de la commune était rouge! Cela amène beaucoup de douceur dans ce récit plutôt dur et sanglant que ce soit du côté des évènements historiques représentés (fusillades, exécutions…) ou du côté de l'enquête.

J'ai découvert la Commune de Paris sous un tout autre angle que celui que j'avais survolé au cours de mes études et, en particulier, l'engagement des artistes. Les faits se croisent sans heurts entre réalités historiques et enquête policière. Le choix d'un long retour en arrière du héros à travers une lettre à sa mère est une bonne idée qui amène à avoir envie de suivre ce qu'il a fait. À noter qu'un dossier final présente une galerie de personnages soit ayant réellement existé, soit inventés.

J'ai découvert aussi un maître de l'estampe japonaise : Taiso Yoshitoshi. Puisque c'est sa série d'estampes "28 meurtres célèbres en vers" qui sert de modèle à l'assassin recherché. J'espère qu'il a fait d'autres séries moins inquiétantes et je vais m'intéresser à cet artiste. La seule estampe de lui que je connaissais, sans me souvenir de son auteur, est "Méditation au clair de lune" et j'avoue qu'elle ne me plait pas.

Un gros coup de cœur pour moi car, en plus, le livre est un bel objet avec une belle couverture cartonnée.

En bref

À ne pas rater pour en apprendre plus sur la Commune de Paris qui fête cette année ses 150 ans… Des leçons d'histoire comme celle-là, j'en redemande!

9
Positif

scénario intelligent

encart historiques bien inclus dans la trame

dessins superbes

colorisation rouge bien utilisée

Negatif

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