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Critique de The seven deadly sins

par Auray le lun. 22 mars 2021 Staff

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La dernière mission

C'est mon père qui m'a éduqué au western. Mais déjà à l'époque, et ceux malgré le charme de Monsieur Eastwood, je trouvais les Amérindiens ridicules tant il frôlait la caricature. Ma vraie incursion dans ce domaine fut le film « danse avec les loups » avec le généreux Kevin Costner, et un livre en particulier, « le dernier des Mohicans » de James Fenimore Cooper. Je me souviens parfaitement de cette émotion lors de ma fin de lecture dans le train roulant à vive allure. Au final, je me penche plus sur la tragédie que fut la grande Histoire de la création des États-Unis d'Amérique.

Et, justement, The 7 deadly Sins du scénariste Tze Chun se concentre sur ces destins trop restés dans l'ombre. Parmi les six criminels embauchés par le prêtre en quête de rédemption, on a une figure représentant l'esclavage. Et quand j'écris cette chronique, c'est tout de suite à elle que je pense, car elle m'a marqué par son histoire, et ceux, de manière touchante jusqu'au bout. On aura aussi un asiatique qui se débrouille plutôt pas mal au combat, et un soldat marqué par la guerre de trop. En bref, on a ici de nouveau remodernisé le western si bien décrit dans son évolution au fil du temps dans l'introduction de Panini Comics. Mais le talentueux rédacteur de scripts n'est pas à son premier coup d'essai, puisqu'il a déjà travaillé pour des séries télévisées à succès comme Gotham et Once Upon a Time. Sa biographie en fin de livre reste très impressionnante.

Sinon les dialogues sont incisifs, et on apprécie de retrouver un language sans fard, qui met l'ambiance. Notre société aseptisée n'utilise plus ce type. Par contre, a contrario, on y retrouve une violence très actuelle. Je vous défie de ne pas faire la moue lorsque vous découvrirez dans ces pages le premier scalp. On peut dire que ça sert à rien, moi je trouve que ça aide à plus d'empathie, et, il ne faut pas oublier que c'était vraiment effectué sur les petits crânes des blancs.

Concernant les dessins d'Artyom Trakhanov, cet habitant de Saint-Pétersbourg, en Russie, a déjà eu une expérience chez BOOM ! Studios avant de travailler pour ce récit TKO. Les habits, les décors sont vraiment traités de manière méticuleuse. J'ai apprécié surtout la représentation de certains détails de ses premiers, tous différents, mais toujours pertinents. Concernant le deuxième point, l'apogée des paysages se trouve pour moi dans les batailles en nocturne dans les hautes collines, car les dernières scènes dans le désert passent assez vite.

Pourtant, tout le long, j'ai eu beaucoup de mal avec les visages de chacun, me croyant dans un vieux manga type Katsuo pour les connaisseurs. Ces rides partout, et ces renflements, font que l'on a l'impression qu'ils sont tous passés par des coups aux visages sur un ring de boxe. On se doute que c'est pour passer pour des êtres plus durs, comme la vie qui leur ait inventé, mais tout de même, on abuse un peu du procédé. C'est vraiment dommage, car on était à deux doigts de passer d'un bon titre à celui d'indispensable. Surtout que les couleurs de Giulia Brusso sont pas mal du tout, ça reste fidèle au genre en tout cas, en plus de bien utiliser une palette fade pour les histoires issues du passé de manière pertinente et jolie.

Mis à part ces visages qui m'ont gêné dans leurs représentations tout le long de ma lecture, il s'agit ici d'un très bon récit type western dans toute sa modernité, avec des histoires qui, contrairement à ce qui se faisait avant, ne caricature pas les différentes ethnies, et transcende même par de petites histoires à taille de femme ou d'hommes, la grande Histoire de l'Amérique. Le genre est trop peu représenté pour ne pas sauter sur cette occasion. À mettre aux côtés de vos intégrales de Lucky Luke par Morris et René Goscinny ou, de Blueberry, des regrettés Jean Giraud et Jean-Michel Charlier, ou encore, le plus récent, l'excellent Undertaker, sur les dialogues de Xavier Dorison et les dessins de Ralph Meyer, digne d'être exposé dans un musée.

En bref

« Dans ce monde, on a rarement la possibilité de décider de son sort. »

7
Positif

Les histoires de certains criminels dans toutes leurs complexités

Les dialogues sont tirés au couteau

Une violence sans fard

Des costumes fort bien détaillés

Des paysages comme si on y était

Negatif

Le style des visages cabossés

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