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Critique de Pulp

par Auray le mar. 4 mai 2021 Staff

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Le laissé-pour-compte

Je suis ravi de présenter aujourd'hui le dernier comic book du désormais légendaire trio, Ed Brubaker, Sean et Jacob Phillips, respectivement, scénariste, dessinateur et coloriste. Car, il faut le dire, j'attendais Pulp dans sa version française de pied ferme depuis sa sortie VO. Déjà, parce que ce n'est pas un récit issu du monde de Criminal, comme « Sale week-end » et « mes héros ont toujours été des junkies ». De plus, la couverture avec le visage du cowboy en fond et le cheval se cabrant au premier plan m'avaient fait littéralement fondre avec, ce titre, fidèle à la calligraphie que l'on pouvait voir sur la pancarte d'un saloon de cette époque.

Le Pulp est un magazine qui a eu beaucoup de succès au début du siècle dernier et qui a commencé à disparaître par la suite dans les années cinquante à cause des autres médias émergents comme la télévision, ou le succès des comics américains. Pourtant, il pouvait, comme eux, envisager différents sujets.

Justement, notre ami Max Winter se situe entre ces deux époques. lorsqu'il avait vingt ans, c'était en 1892, la fin des années simples où un hors-la-loi pouvait encore braquer une diligence à l'aide de son six coups. Aujourd'hui, c'est une personne âgée qui n'a plus rien à perdre en ce bon février 1939, surtout depuis qu'il a quelques crises cardiaques qui lui sert de rappel que la mort rode encore, et jamais bien loin.

Il y a l'atmosphère d'un « Kill or Be Killed » sans sa psychiatrie dans ces soixante-six planches. Car, notre antihéros est un laissé-pour-compte qui n'arrive même plus à vendre ses pulps aujourd'hui, et il est prêt à tout, vraiment à tout pour laisser un héritage à sa femme que la société n'a pu lui offrir jusqu'à maintenant.

Vraiment, je vois d'ici Ed et Sean dialoguer sur les différentes thématiques :

Ed : « J'aimerais un récit avec cette ambiance si spéciale lorsque les nazis allaient commencer à envahir la Tchécoslovaquie »,

Sean : « Tu sais, je suis plutôt western en ce moment »,

Ed : « Moi, j'adore le New York des années trente et ça me passionne tout autant !»,

Sean : « J'adorerais redessiner une ferme dans le Wioming, histoire de revoir ces corps gigantesques faisant de l'ombre aux chevaux parcourant les plaines »

Jacob : « Mais, c'est ça, créons un homme ayant vécu ces deux vies, on l'a notre histoire ! ».

Et le meilleur dans tout ça, c'est que les immenses talents combinés de ces trois hommes ont su, encore une fois, nous transporter dans un ailleurs, fait de sang, de sueur et d'injustice. Et seuls nos auteurs savent la rendre... à leur manière!Et qu'importe ce qui arrivera à la fin... Pour douze euros, seulement, il serait dommage de rater cette nouvelle oeuvre d'art le douze mai.

À noter dans vos agendas, que Delcourt publiera, en plus de Reckless (pas de date pour le moment), et Texas Blood (prévu pour le vingt-trois juin) par Jacob Phillips, il y aura également le dernier hors-série de l'univers Criminal le trente juin de cette année, il portera le titre, « un été cruel ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça annonce la couleur... et donne également un adjectif à notre attente !

En bref

« Je vais vous dire quand tout a commencé... »

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Positif

Un nouveau titre hors Criminal du trio, Ed Brubaker, Sean et Jacob Phillips, le fils de ce dernier

Une histoire entre deux époques

Un homme entre deux sentiments

Des cowboys, des nazis, le tout dans la même histoire

Le filtre pour les couleurs du passé

Negatif

Quand sortent les futures intégrales de Volver ou Fatale ? On en veut encore !

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