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Critique de Harley / Joker - Criminal sanity

par Auray le lun. 20 sept. 2021 Staff

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Le Joker est une vraie personne, voyons !

PRÉSENTATION

 

DC Black label nous incite depuis le début à tout un tas de sentiments divers et variés. On a des pépites très attendues comme Batman White Knight de Sean Murphy et sa suite, ou de véritables surprises, du côté de Wonder Woman Dead Earth par Daniel Warren Johnson par exemple. Et puis, il y a ceux auxquels on croyait vraiment, mais qui n'ont pas été à la hauteur de nos espérances, suivez mon regard vers le Batman Damned illustré par Lee Bermejo, avec Brian Azzarello au scénario. Aujourd'hui, nous allons déterminer où se trouve le petit dernier né, Joker/Harley : Criminal Sanity.

UN MOT SUR LA COUVERTURE

Bon, vous me permettez de dire un mot avant sur la couverture choisie par Urban Comics ? Autant plonger directement dans ce qui fâche ! On a l'avertissement à l'arrière « pour public avertis », et il est mérité. Alors pourquoi mettre l'illustration la plus violente et sanglante en avant ? Ce ne sera pas facile pour les libraires de mettre le livre en avant du coup, en plus de faire partie des plus moches de Mike Mayhew. Il y en avait, et on le voit dans la fameuse galerie, de bien plus classe et joli. Bref, à mon humble avis, on pouvait largement mieux faire à ce niveau.

L'HISTOIRE


Pour autant, on est là pour le contenu. Et, s'il ne révolutionne pas au niveau du pitch, c'est parce qu'il s'agit simplement d'une version remodernisée hors continuité de la rencontre entre Harley et le Joker. Harleen Quinzel est devenu ici profileuse, le Joker, un réel tueur en série, maniaque et intelligent avec ça. Le petit jeu du chat et de la souris peut commencer sous le regard attentif d'un vrai profileur et psychiatre judiciaire de métier, le Dr Edward Kurz, ce qui a pour but de rendre l'ensemble plus vrai que nature.

Effectivement, vous allez être vite embarqué dans cette enquête qui touche de près la jeune femme qui est rendue complètement badass ici en plus d'avoir le rôle principal. Il s'agit dès à présent de déterminer qui a tué sa colocataire et amie, on note que le crime a été commis d'une manière des plus troublantes : le Joker fera des œuvres d'art avec les corps, en plus de leur redonner le sourire à l'aide d'un objet auquel franchement, il fallait penser.

UN VÉRITABLE ATOUT

Il faut se pencher aussi sur le « Secret Files » qui aide vraiment à l'immersion, avec son arbre des causes, ses coupures de journaux, les différents schémas proposés, et quelques photos ou rapports policiers... Jonathan Hickman inspire-t-il par ici tant le tout est réellement perfectionné ? Une mention toute spéciale au grand David Mack (Daredevil, End of Days) qui illustre quelques tableaux colorés dont lui seul a le secret.

DES DESSINATEURS DE RENOM


Pour ma part, la force de ce livre réside dans les illustrations de l'histoire principale. Lorsque j'ai vu l'excellent Mico Suayan, je me suis frotté les mains tant je l'ai apprécié sur Bloodshot Reborn sur un scénario de Jeff Lemire. Et puis, le mélange se fait avec d'autres cases, cette fois illustrés par Mike Mayhew, connu pour ma part pour son travail sur X-Men, les origines. Mais d'autres l'ont également rencontré sur du Star Wars assez récemment. Ces deux-là sont connus pour un style très réaliste, donc pour ceux qui n'aiment pas ce genre, ils peuvent vraiment passer leur chemin. Par contre, si comme votre rédacteur, vous adorez ça, il est temps de mettre Joker/Harley : Criminal Sanity dans votre checklist.

Il faut avouer, je pensais que les deux styles, tout de même différents, ne pouvaient pas se marier... eh bien, j'avais tort. Le tout est incroyable ! On prend l'un pour le passé, l'autre pour le présent comme d'habitude, mais, Mike Mayhew se veut plus proche parfois du roman-photo. Il est suivi de près par Jason Badower, tout aussi réaliste. Ce dernier a un style plus commun, mais, quand il s'agit de détailler, il est hors normes, c'est décidément un artiste à surveiller de très près. Mais, c'est Mico Suayan est le plus incroyable de tous, nous livrant des planches sans la couleur qui frisent la perfection. Vous allez souvent vous arrêter dans la lecture pour admirer le trait d'un blouson de cuir, d'une moto, d'une chevelure, d'un visage, ou un décor urbain ou meublé. J'y retournerai bien, tiens !

LE MOT DE LA FIN


Joker/Harley : Criminal Sanity est le nouvel indispensable du DC Black Label. Il pourrait très bien s'agir d'un énième reboot hors continuité s'il n'était pas parti pour explorer d'une autre manière de voir ce mythe. La romancière et scénariste Kami Garcia (Teens Titans, Raven) a réussi son pari haut la main sous les conseils des maîtres du genre, Brian Michael Bendis ou Tom King. Si vous aimez le style réaliste, il faut oser ouvrir ce livre qui frôle la perfection, les autres, il faut au moins donner la chance à ce récit haletant qui vous donnera tant de sueurs roides. On attend plus qu'une seule chose : une suite ! Car, elle est tout à fait possible ! On l'espère de tout cœur !

En bref

« Si je la tue, qui documentera mon œuvre ? »

9
Positif

On profile un Joker très humain tout au long d'épisodes à suivre comme une bonne série à la Mindhunter de David Fincher

Le criminal sanity secret files donne du réalisme

Mico Suayan (en noir et blanc) est à son apogée

Mike Mayhew/Jason Badower et leurs styles uniques empruntés de réalisme coloré

L'invité de marque : David Mack

Les looks travaillés et remodernisés

L'ambiance froide et l'intelligente du récit de Kami Garcia

Le Dr Edward Kurtz, consultant et profileur à ses heures perdues est présent (X-Files en livre)

L'interview de Kami Garcia

La fameuse galerie de couvertures

Negatif

Le choix de la couverture

Les dessins très réalistes peuvent ne pas plaire à tout le monde (et ce serait vraiment dommage de passer à côté de cette histoire pour ça !)

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