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Critique de Shang-chi #1

par Ben-Wawe le mar. 5 oct. 2021 Staff

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TRÈS BELLE INTRODUCTION AU RENOUVEAU ET AU NOUVEL UNIVERS DE SHANG-CHI

Shang-Chi est le héros du dernier succès du Marvel Cinematic Universe : Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux.
Une belle surprise pour ce personnage créé en 1973, en pleine popularité de Bruce Lee mais ensuite longtemps délaissé par Marvel. Sa série, Master of Kung Fu, bénéficie d'épisodes de grande qualité, notamment par Doug Moench et Paul Gulacy. Sa popularité décroît quand la mode des arts martiaux s'évapore, et le titre est annulé au milieu des années 1980.
Shang-Chi bénéficie ensuite de quelques relances sans lendemain, et devient essentiellement secondaire, cantonné aux rôles de mentor et d'entraîneur zen.

Tout change, néanmoins, avec Shang-Chi : Lutte fraternelle, qui propose une mini-série de qualité, publiée en 2020 en VO.
Marvel Comics lance un renouveau intense de Shang-Chi, en profitant du film pour le dépoussiérer... et l'emmener sur une voie aussi nouvelle qu'excitante !

Un peu d'histoire, d'abord. Shang-Chi est initialement le fils d'un génie du mal, le terrible Fu Manchu, cliché du Péril Jaune. Marvel Comics perd cependant les droits de Fu Manchu, création indépendante, et le personnage est renommé Zheng Zu dans Secret Avengers n°8. Toujours manipulateur machiavélique, mais désormais sorcier maléfique, qui meurt devant son fils.

Shang-Chi : Lutte fraternelle reprend encore ces modifications, et va plus loin. Shang-Chi mène une existence tranquille dans Chinatown, à San Francisco. Il travaille dans la pâtisserie de Grand-Mère Wang, après l'avoir sauvée d'un cambriolage, et dort à l'étage, en flirtant avec Delilah, nièce de sa logeuse.
Mais Leiko Wu, membre du MI6 et ex-amante, le sollicite. L'organisation paternelle se signale par des activités à Londres... alors que le héros la pensait détruite.

Shang-Chi découvre des secrets qu'il n'imaginait pas, notamment le véritable nom de la structure de son père : la Société des Cinq Armes. Zheng Zu la créée au XVIIIe siècle... avec son frère, Zheng Yi, plus sage et doux. Tous deux veulent protéger la Chine, avec notamment leurs Funestes Guerriers. Ces derniers forment ensuite des lignées d'excellence avec les Maisons des Funestes Bâton, Sabre, Dague, Marteau et Main.
Shang-Chi découvre n'avoir connu que la Maison de la Funeste Main, dont il est le champion. Soeur Marteau, dirigeante agressive de son clan, entend diriger toute la Société et pour cela veut tuer Shang-Chi, heureusement aidé par Frère Sabre et Soeur Dague. Le héros se découvre un lien intime avec chaque champion, mais Soeur Marteau est particulière pour lui... et déterminée à lui nuire.

Gene Lueng Yang, notamment connu pour Superman écrase le Klan, ose écrire des changements importants dans l'Histoire de Shang-Chi.
Nouvelle forme de l'organisation paternelle, désormais plus classique et très inspirée des cités célestes créées dans Immortal Iron Fist par Ed Brubaker et Matt Fraction. Perte de l'ambiance kung-fu voire mystico-mélancolique des années 1970, pour une approche plus bondissante et décompressée. Rajout de branches familiales pour nourrir le récit, pour finalement de recentrer Shang-Chi sur une nouvelle fonction et un nouveau mode de vie. Et, finalement, une volonté de moduler la figure du père, loin du cliché initial et plus proche d'une ombre qui force le héros à choisir sa place dans le monde.

Tout ceci peut légitimement troubler le lecteur connaisseur de Shang-Chi... mais ça fonctionne, pourtant ! Le récit est cohérent dans ce qu'est Shang-Chi dans l'imaginaire général des comics Marvel, et permet de relancer le personnage dans une direction pertinente, tout en étant une entrée idéale pour les novices.
Surtout, Gene Luen Yang livre un récit enlevé, rythmé et prenant. La lecture est fluide, les dialogues sont bons, les interactions sont prévisibles mais les émotions sont bonnes, notamment portées par le bondissant Shang-Chi, la sarcastique Soeur Dague, le généreux Frère Sabre et la troublante Soeur Marteau.

Dike Ruan illustre l'ensemble dans un style rond et dynamique, avec un travail intéressant sur les ambiances. Philip Tan, au trait plus nerveux et sec, dessine des flashbacks qui expliquent intelligemment la nouvelle Histoire de la Société des Cinq Armes, mais aussi la familiale de Shang-Chi.
Une réussite graphique générale, qui accompagne un récit qui donne le sourire et repositionne intelligemment un personnage que l'on croyait abandonné depuis des lustres. Tout en proposant aussi des passerelles bienvenues avec Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, ce qui ne gâche rien !

En bref

Shang-Chi : Lutte fraternelle est une redéfinition totale de Shang-Chi, où le héros est révolutionné dans l'essentiel de ses absences – et ça fonctionne ! Notamment grâce à un récit dynamique et prenant, un double graphisme réussi et adapté, des personnages bien écrits et des rajouts qui donnent envie d'en voir plus. On y perd le troublant Maître du Kung-Fu des années 1970, mais on y gagne un super-héros qui trouve en 2021 une deuxième vie et de nouvelles bases, certes moins originales, mais excitantes. Banco !

8
Positif

Un récit enlevé et dynamique, prenant et réjouissant, avec de bons personnages et de bons graphismes.

Un renouveau réussi pour Shang-Chi, avec des rajouts efficaces avec beaucoup de potentiel.

Des passerelles bienvenues avec Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux.

Negatif

La perte du Shang-Chi intense des années 1970.

Des rajouts déjà-vus ailleurs (même s'ils fonctionnent ici).

Des interactions prévisibles (même si ce n'est pas un handicap).

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