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Critique de L'échelle de Richter

par Korail le dim. 21 nov. 2021 Staff

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Un meurtre comme épicentre

Une nuit, une jeune femme est retrouvée morte dans sa chambre d'hôtel. Cette mort est le point de départ de l'enquête criminelle au cours de laquelle, peu à peu, va se révéler ce qui s'est joué ce soir-là, et surtout, qui ça touche, comme les répercutions d'un séisme, plus ou moins importantes selon la distance de l'épicentre.

Commence alors une galerie de portraits d'hommes et de femmes, de tranches de vie qui tournent tous autour de cette tragédie. Chaque chapitre est centré sur un personnage que ce meurtre va toucher de prés ou de loin. Ces morceaux de vie (et ces vies en morceaux), ces regards croisés dessinent pièce après pièce l'intrigue de ce roman noir.

Tout est sombre, dans cette œuvre, il n'y a pas de couleurs, juste des nuances de gris. C'est la vie quotidienne dans ce qu'elle a de banal, de crû ou de difficile ; des gens piégés par leurs choix ou leurs renoncements ; toutes les petites violences que subissent ceux qui ne sont pas nés du bon côté.

Le focus est mis sur l'enquêteur, sur les parents de la victime, sur le dealer plus humain que ce que l'on aimerait. Et finalement, de cet univers sombre, se dégage une certaine douceur. La mort de cette jeune femme, ce n'est pas rien.

Camus écrivait avec une gomme pour qu'il ne reste que l'indispensable. On dirait une écriture et un dessin à la Camus : chaque mot, chaque dessin compte, et aucun n'est en trop. Les auteurs ont laissé de la place et du temps pour tout. On voit les scènes d'un côté et de l'autre, de dessus, si on n'a pas besoin du visage des personnages, il n'y est pas : tout est majestueusement calibré. Il n'y a pas de cases, pas de forme préétablie, juste celle qui semble s'imposer comme une évidence. Il y a par contre un vrai sens de l'ellipse et de la mise en page, beaucoup de blancs aux deux sens du termes. La superposition des trames narratives et leur enchaînement est pourtant parfaitement fluide ou plutôt, d'une fluidité parfaite . On dirait que tout a été écrit et dessiné d'une traite par une seule personne : la collaboration entre Raphaël Frydman et Luc Desportes est brillante. J'espère donc que ce roman noir sera apprécié à sa juste valeur, qu'il sera lu beaucoup et qu'il recevra des prix.

En bref

Une nuit, une jeune femme est retrouvée morte dans sa chambre d'hôtel. Cette mort est le point de départ d'une enquête criminelle.Peu à peu, ce qui s'est joué ce soir-là va se révéler, et surtout, qui ça touche, et comment à travers une galerie variée de personnages. Pas de cases, pas de forme préétablie, juste celle qui s'impose, avec un sens aigu de l'ellipse et de la narration : chaque mot, chaque dessin compte, et aucun n'est en trop. On dirait que tout a été écrit et dessiné d'une traite par une seule personne : la collaboration entre Raphaël Frydman et Luc Desportes est brillante. A lire absolument.

10
Positif

Superposition des regards et des trames narratives

Peinture crû de scènes quotidiennes

Ellipse narrative

Sens du détail et de la construction

Negatif

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