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Critique de Non-stop Spider-man #1

par Ben-Wawe le mer. 12 janv. 2022 Staff

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Un exercice de style un peu vain et crispant pour un Spider-Man en pleine action frénétique

Non-Stop Spider-Man se veut une adaptation, en bande-dessinée, de l'esprit de certains films d'action intenses, pour proposer une saga différente, plus intense et immersive. Panini Comics évoque, dans son édito, les exemples de Speed ou Hyper-Tension, et la filiation est assez claire au fil de la lecture.
En effet, Non-Stop Spider-Man a comme seul objectif de proposer des numéros centrés sur l'action, souvent la bagarre et encore plus souvent les cabrioles du Tisseur. Et si l'on peut en effet considérer que le titre répond à ce défi... le rendu n'est pas forcément positif.

Non-Stop Spider-Man commence en pleine situation dramatique, avec un Spider-Man énervé qui poursuit d'étranges super-vilains en armure.
Rapidement, le lecteur comprend que plusieurs jeunes étudiants, dont une proche de Peter Parker, ont pris une nouvelle drogue, afin de tenir face à la pression et aux examens. Cette substance A-Plus doit les aider... mais les lobotomise, en fait, et les pousse dans le coma ou la mort.
Spider-Man tente de comprendre ce mystère, en collaboration avec la journaliste Norah Winters. Le duo, qui se chamaille et multiplie les sauvetages critiques, découvre ainsi les liens entre ces étranges super-vilains et... l'Hydra, la fameuse organisation fasciste.
Peter et Norah croisent ainsi des lutteurs mexicains soudain dotés d'une grande intelligence, le Baron Zemo, l'étonnant Wülf, mais aussi le Docteur Strange. Le tout dans une course-poursuite constante, sans aucun temps mort.

Les auteurs Joe Kelly et Chris Bachalo sont des habitués du Tisseur, et leur confier la série a ainsi du sens. Ils sont en effet expérimentés, sûrs, et peuvent livrer de bonnes choses.
Mais... pas vraiment ici, hélas.

Il faut d'ores et déjà dire que Non-Stop Spider-Man a souffert d'énormes retards, avant et au cours de sa publication. Essentiellement du fait de la contamination de Chris Bachalo au Covid-19, et l'on ne peut que comprendre puis espérer que le dessinateur s'en remettra pleinement.
Cependant, une approche objective pousse à relever de nombreux défauts, ici.

Scénaristiquement, déjà, l'ensemble est faible.
Certes, l'objectif d'une action frénétique, constante est bien rempli, et c'est en soi une réussite. Mais le résultat n'est pas convaincant.
Tout va vite, trop vite. Les numéros se survolent plus qu'ils ne se lisent, et les rebondissements sonnent souvent précipités, voire même forcés. Le rythme est assez lourd, maladroit, et les enchaînements sont difficiles.
Surtout, si la relation Peter/Norah est bien rendue, avec de très bons échanges, les autres personnages sont bien creux. Wülf est un cliché un peu facile, les autres ne sont que des fonctions pour l'intrigue creuse. La caractérisation du Baron Zemo est abominablement loupée, en faisant de lui un raciste crétin, alors que bien des auteurs ont creusé ce personnage en antihéros pertinent.
Un énorme gâchis, et ce n'est pas le final, avec plusieurs surprises, qui relève le niveau. Cette conclusion ouvre sur une suite encore inédite, qui s'emmêle dans ses pseudo-révélations.

Graphiquement, aussi, le résultat est hélas décevant.
Chris Bachalo a un style artistique connu et reconnu, mais avec parfois une propension au fouillis, voire à l'incompréhensible. Non-Stop Spider-Man relève malheureusement de cette catégorie de projets moins réussis.
Il est évident que ses difficultés médicales, mais aussi personnelles révélées ensuite, ont joué. Mais chaque numéro est un peu moins bon que d'autres, un peu trop précipité, un peu trop illisible.
Le projet de proposer des cases en diagonale, pour accentuer l'effet de l'action précipitée, est bon... en théorie. En pratique, tout cela sonne un peu creux, et rend la lecture désagréable, presque crispante.
Il y a toujours de belles choses, mais l'ensemble est trop maladroit et fouillis. Dale Eaglesham réalise un segment annexe sympathique, tandis que Cory Smith et Gerardo Sandoval viennent aider Chris Bachalo sur le final, avec des planches correctes, mais sans forcer leurs talents.

En bref

Non-Stop Spider-Man réussit son objectif de proposer une action frénétique, constante et intense. Quel dommage que cela concerne une intrigue très faible, creuse, mal rythmée et avec des personnages survolés. Avec, aussi, un graphisme maladroit et fouillis, qui devient désagréable par endroits.

4
Positif

Un objectif de bande-dessinée d'action frénétique réussi.

La relation Spider-Man/Norah Winters, drôle et réussie.

Quelques planches réussies de Chris Bachalo.

Negatif

Une intrigue creuse, au rythme mal maîtrisé et aux rebondissements loupés.

Des caractérisations loupées.

Des dessins trop souvent fouillis et désagréables.

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