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Critique de Marvel legacy - Iron man #2

par Ben-Wawe le dim. 16 janv. 2022 Staff

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Le final précipité et frustrant de Brian M. Bendis sur Iron Man, où tout est rangé sans convaincre

Invincible Iron Man Tome 2 : A la recherche de Tony Stark (II) propose la conclusion du passage de Brian Michael Bendis sur Iron Man... et si cela restera dans les annales, ce ne sera hélas pas pour les bons motifs.
Le scénariste phare des années 2000 chez Marvel a écumé l'essentiel des franchises de la Maison des Idées, et son arrivée sur Tony Stark était finalement attendue. Cependant, si ses premières sagas étaient plutôt bonnes et agréables, notamment la rencontre avec Dr Strange, force est de constater que tout n'est pas maîtrisé dans sa prestation. Et cette conclusion fait pencher l'ensemble du mauvais côté.

En effet, la saga Civil War II a « forcé » le scénariste à mettre Tony de côté, ce qui lui a permis de modifier son approche. Il met ainsi en avant la jeune Riri Williams, alias Ironheart, comme héritière et génie pleine d'initiatives et d'envies de changer le monde. Mais aussi Victor Von Doom, devenu Infamous Iron Man dans la série éponyme, car l'ancien Docteur Doom profite de son visage « réparé » par Secret Wars pour faire le bien.
Ces deux séries sont agréables à suivre, mais... le final est hélas plein de déceptions, et d'échecs.

Le corps de Tony Stark, dans le coma sur plusieurs épisodes, disparaît et tout le monde se réunit pour le rechercher. C'est alors l'occasion de rassembler les différents personnages, en principe pour former une émulation et du dynamisme... mais le résultat n'est pas là.
Parker Robbins, alias Hood, mène plusieurs super-vilains pour maltraiter Victor Von Doom, qui s'enfuie chez Amara Perera, super-génie qui porte son bébé. L'actionnaire Eric Lynch tente de s'emparer des entreprises Stark, acculant ainsi Amanda Armstrong (mère biologique de Tony), Mary-Jane Watson (ex-assistante de Stark) et FRIDAY, leur intelligence artificielle.
Riri Williams mène l'équipe improvisée Armor Squad, composée de Toni Ho, Madison Jeffries et Arno Stark. Ils suivent plusieurs fausses pistes laissées par Tony, qui récupère le cadavre de Rhodey pour un projet... révolutionnaire. Ironheart découvre ainsi qu'une autre manipulation opère dans l'ombre, via une nouvelle structure créée en secret par un personnage surprenant.
Et, oui, Tony Stark est bien de retour – même s'il n'est pas le seul, et Amanda Armstrong est confrontée à un spectre de son passé alors que la nouvelle orientation de Doom est mise à rude épreuve.

La lecture d'Invincible Iron Man Tome 2 laisse une sensation mitigée, pleine de frustration. Il est quasiment certain que Brian Michael Bendis n'avait pas prévu une telle fin, tant tout paraît précipité, improvisé, « jeté » au visage des lecteurs.
L'on ne sera jamais vraiment ce qu'il aurait pu faire s'il avait eu ou pris le temps de bien terminer ses intrigues... et le résultat est pleinement décevant, hélas.

Oh, il demeure quelques bons éléments ici, heureusement.
La caractérisation de Riri Williams demeure très agréable, avec cette super-génie constamment en sur-régime, avec quinze idées à la seconde. Il est toujours très fluide de la suivre, et le personnage en lui-même donne le sourire.
La gestion de Victor Von Doom, aussi déséquilibrée soit-elle, a du sens en elle-même. Le personnage retrouve une véritable noblesse, ici, et son sacrifice final est terrible, même s'il est hélas mal mis en œuvre, en trop peu de pages.
Enfin, le personnage de Tony Stark est plutôt bon aussi. Son trouble après sa résurrection a du sens, et surtout ses échanges avec sa mère biologique sont prenants, émouvants. Sa volonté d'agir pour Rhodey, dont la mort père encore à tort sur sa conscience, est aussi touchante, et assez juste. Iron Man est plutôt maîtrisé et agréable à suivre.

Hélas... c'est bien tout, et bien peu.
L'intrigue, ou plutôt l'absence d'intrigue, se fait bien sentir. Hood est un personnage que Brian Michael Bendis traîne sur plusieurs de ses séries, et Parker Robbins devient trop usé dans ce rôle de Parrain minable des super-vilains.
Le « projet secret » où Riri est recrutée tombe littéralement de nulle part, et rameute un personnage qui semble un ajout inutile, voire grossier à l'ensemble. D'autant qu'il n'y aura pas de suite à tout ceci, ce qui sonne finalement très vain.

Surtout, le scénariste n'a pas le temps ou l'envie d'expliquer ses rebondissements – et ça se voit, autant que ça lasse au fil du temps.
Comment Tony est ressuscité ? On ne sait pas. Comment arrive-t-il à agir pour Rhodey ? On ne sait pas. Comment les personnages arrivent à se retrouver, aussi facilement ? On ne sait pas. Comment le vieux et mauvais souvenir d'Amanda est littéralement ressuscité ? On ne sait pas. Comment Victor subit ce terrible drame à la fin ? On ne sait pas. Que devient Hood après tout ça ? On ne sait pas. Pourquoi l'intelligence artificielle calquée sur Tony, jusque-là maléfique, devient finalement gentille ? On ne sait pas.
On ne sait rien !

Brian Michael Bendis choque par son refus d'expliquer, et use son lecteur. D'autant que le graphisme est bien trop irrégulier et aléatoire pour tenir le choc.
Stefano Caselli, Alex Maleev, David Marquez, Daniel Acuna, Leinil Francis Yu, Jim Cheung, Mike Deodato Jr, Mark Bagley, Andrew Hennessy et Andrea Sorrentino se succèdent dans ce tome. Et si tous essayent de bien faire... ça ne donne pas grand-chose de bon.
On voit essentiellement Stefano Caselli et Alex Maleev, qui gèrent l'un Riri, et l'autre Victor. Les choisir était une bonne idée, mais la lecture « saute » entre des styles trop différents, trop divergents.
Cela donne une lecture définitivement indigeste, malgré de bonnes volontés.

En bref

Brian Michael Bendis achève tristement son passage sur Iron Man, avec un final décevant, crispant et tout simplement frustrant. Il demeure quelques bons éléments, hélas bien trop faibles et peu nombreux pour faire face aux nombreux défauts qui accompagnent cette intrigue piteuse. Quel dommage, mais surtout quel gâchis !

3
Positif

Les caractérisations justes de Riri Williams et Victor Von Doom.

Un Tony Stark bien maîtrisé et touchant dans ses rapports à sa mère biologique et Rhodey.

Des jouets finalement rangés après un passage qui a beaucoup changé le personnage.

Negatif

Enormément de facilités d'écriture, qui lassent et énervent.

Un graphisme trop irrégulier et changeant, qui en devient désagréable.

Un sentiment général de gâchis, du fait des trop nombreuses faiblesses de l'ensemble.

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Commentaires (1)
  • A un moment il faudra surtout reconnaitre que Bendis a perdu son mojo depuis un moment. Même chez DC il ne fait qu'illusion. Comme d'autre avant lui, la vague est passée. En creator owned pur et dur, pas chez les big two, il redeviendra intéressant, au moins pour ses scripts. Son style d'écriture c'est un autre problème.