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Critique de Sub-Mariner #1

par Le Doc le ven. 6 mai 2022 Staff

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Imperius Rex !

Créée à l'origine pour un comic-book promotionnel, la toute première histoire de Namor le Prince de Mers a ensuite été utilisée pour enrichir le sommaire de l'historique revue anthologique Marvel Comics en 1939. Dans ses débuts, on pouvait voir que Namor n'était pas vraiment pensé comme un héros et son créateur Bill Everett n'hésite pas à le montrer s'en prendre à de pauvres marins qui ont eu le malheur de croiser son chemin. Bon, à sa décharge il a pris les scaphandriers pour des robots mais il n'exprime pas vraiment de regrets quand il découvre la vérité. Les huit pages de The Sub-Mariner sont assez rudimentaires (comme pas mal de comics des années 30), les décors sont pauvres, les atlantes sont grotesques mais les premiers détails des origines de Namor donnent déjà une idée de son lien particulier avec l'humanité. 

D'abord présenté comme un ennemi des Etats-Unis, Namor verra sa position évoluer lorsqu'il se rangera aux côtés d'autres héros pour lutter contre la menace nazie tout en gardant l'ambivalence qui le caractérise. Après l'épisode de 1939, cette première Intégrale fait un bond de 26 ans pour passer à Daredevil #7, qui constitue le prologue des aventures du Prince des Mers dans Tales to Astonish. Pressé par son seigneur de la guerre Krang, dont l'ambition est de conquérir à la fois le trône d'Atlantis et le monde de la surface, Namor accepte de défendre le droit de son peuple de retrouver sa place légitime sur Terre...de manière légale, en se mettant en contact avec le cabinet Nelson & Murdock. Rien n'est simple avec le Prince de Mers et son caractère ombrageux fait que les choses se compliquent vite. Superbement servi par le trait élégant de Wally Wood, le septième numéro de Daredevil fait ressortir encore plus les contradictions de l'anti-héros et déroule une belle démonstration de courage (ou d'inconscience, c'est selon) de la part de l'Homme sans Peur. 

Depuis son retour dans les pages de Fantastic Four #4 en 1962, Namor s'était contenté d'apparaître dans les séries des autres. À partir de Tales to Astonish #70 en 1965, les lecteurs ont pu suivre ses exploits régulièrement, le Seigneur des Sept Mers partageant le sommaire avec l'Incroyable Hulk pour des chapitres de douze pages (Marvel ne pouvait publier en ce temps-là qu'un nombre limité de revues, ce qui expliquait cette "double programmation"). Les #70 à 87 sont disponibles ici, ce qui est bien pensé car ces dix-huit numéros forment une longue saga. 

Le premier segment reprend là où Daredevil #7 s'était arrêté et Namor découvre que Krang a profité de son absence pour s'emparer du trône. L'affrontement contre l'ambitieux Seigneur de la Guerre ne manque pas de rebondissements, certains un peu plus inégaux selon les mini-arcs narratifs qui forment la trame narrative. La série est à son meilleure quand elle plonge dans une atmosphère fantastique, avec un premier serial centré sur une quête mythique (le trident de Neptune est un peu l'Excalibur de Namor) et un bestiaire monstrueux bien fourni. La rage de l'arrogant et autoritaire Namor peut également être son pire ennemi comme le démontrent les développements de la deuxième moitié de l'album. Les apparitions d'autres personnages Marvel (Iron Man, Hulk, Giant-Man et La Guêpe, un Maître des Maléfices méconnaissable...) forment quant à elles des péripéties intermédiaires pas toujours intéressantes...

Graphiquement, c'est aussi très irrégulier. Sub-Mariner a marqué le retour de Gene Colan chez Marvel (il avait déjà travaillé pour l'éditeur à l'époque de Timely Comics). Comme il était également employé par DC, Gene Colan a signé pendant plusieurs mois ses planches sous le pseudonyme de Adam Austin avant de reprendre son véritable nom après avoir quitté la Distinguée Concurrence. Sur les premiers épisodes, la "patte" de Colan n'est pas toujours reconnaissable, principalement à cause de l'encrage caractéristique de Vince Colletta...ce qui s'arrange lorsque ce dernier est remplacé par Dick Ayers puis Bill Everett, revenu sur sa création après avoir co-créé Daredevil avec Stan Lee. Et le dernier épisode de l'Intégrale boucle en quelque sorte la boucle en montrant l'évolution du style du papa de Namor, nettement plus agréable pour les mirettes qu'en 1939.

En bref

Depuis que Panini se concentre notamment sur les sommaires des "Marvel Masterworks", la collection Intégrales s'enrichit de volumes diversifiés, qui permettent (entre autres) de mettre l'accent sur des histoires rarement lues depuis l'époque Arédit/Artima. Et c'est une excellente initiative !

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