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Critique de Amazing Spider-Man : À grands pouvoirs

par Ben-Wawe le ven. 5 août 2022 Staff

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Un volume massif et prenant pour les débuts de Spider-Man et de ses grands ennemis, à prix accessible malgré une traduction critiquable

Début 2022, l'éditeur Panini Comics annonce modifier une partie de son approche de publication des comics passés et glorieux, en voulant reprendre le principe de Marvel Epic Collection. Celle-ci est une gamme lancée en 2014 par Marvel Comics, en Amérique, proposant des grandes sagas de plusieurs séries en format souple, soit beaucoup de pages pour un prix attractif.
Suivant une vague actuelle de titres à la grande pagination, mais au coût abordable pour des formats différents du cartonné désormais habituel, Panini Comics se lance en juin 2022 avec son personnage phare : Spider-Man. Marvel Epic version Panini propose ainsi entre 15 et 20 épisodes de périodes importantes, soit dans un format souple (à 26 €), soit dans un format cartonné (à 30 €).

L'un des deux premiers volumes de cette nouvelle collection est Marvel Epic : De grands pouvoirs, qui plonge le lecteur dans Amazing Fantasy n°15 d'août 1962 puis Amazing Spider-Man n°1 à 15, avec un Annual, de mars 1963 à août 1964.
17 épisodes indispensables, donc, pour découvrir les origines de Spider-Man, mais aussi les apparitions de personnages appelés à devenir légendaire. Le duo Stan Lee et Steve Ditko révèle très vite son immense maîtrise des codes et du genre, en proposant des numéros solides et prenants, qui captent très bien l'air du temps. Un must, assurément !

Mais que racontent ces 17 numéros initiaux ?
Amazing Fantasy n°15 est un modèle de présentation, avec seulement 11 pages pour les origines de Spider-Man, avec toutes les bases. Le timide Peter Parker, l'excursion scolaire, la morsure d'araignée, les pouvoirs, la tentative d'en faire de l'argent, l'arrogance qui coûte la vie à l'Oncle Ben, le rappel de ses principes de vie, et la décision d'assumer que... de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités !
Quelques mois après vient Amazing Spider-Man n°1, car ce premier segment est un succès immense, alors que la publication Amazing Fantasy s'arrêtait. Ce premier numéro de la série principale présente les origines de la haine de l'éditeur J. Jonah Jameson envers Spider-Man, mais aussi le super-vilain le Caméléon, qui pousse l'Araignée contre les Fantastic Four. Le n°2 narre la première bataille contre le Vautour, tout en lançant Peter contre le Bricoleur, qui semble lié à des envahisseurs extraterrestres.
Le n°3 est le premier numéro avec une histoire sur tout l'épisode, ici pour lancer le Dr Octopus. Le n°4 présente Sandman, puis le n°5 pousse Spider-Man à affronter rien moins que... Dr Doom ! Le Lézard est lancé dans le n°6, alors que le Vautour revient dans le n°7. Le n°8 retrouve deux histoires en un numéro, ici un cerveau mécanique hors de contrôle et un combat oppose Spider-Man à la Torche Humaine des Fantastic Four. Car Peter et Johnny Storm marchent sur les plate-bandes l'un de l'autre !
Electro apparaît dans le n°9, où J. Jonah Jameson est persuadé que Spider-Man se cache sous le masque électrique. Les Exécuteurs tentent de contrôler la pègre dans le n°10, alors que Jameson est soupçonné d'être leur chef, le Grand Homme. Les n°10 et 11 montrent la double opposition entre Spider-Man et le retour du Dr Octopus, qui démasque l'Araignée devant ses proches !
Mysterio arrive dans le n°13, et se fait d'abord passer pour un super-héros capable d'arrêter la menace Spider-Man. Le Bouffon Vert apparaît (enfin !) dans le n°14, alors que le Caméléon revient dans le n°15 en sollicitant l'aide de Kraven le Chasseur pour stopper Spider-Man.
Arrive alors le premier Annual, où quasi tous les super-vilains présentés jusque-là s'unissent... pour former les Sinister Six ! Un épisode hors-norme, où Spider-Man affaibli doit les affronter les uns après les autres, dans des planches épiques et iconiques. Le n°16 lance le Cirque du Crime mais propose surtout la première alliance Spider-Man / Daredevil (dans son costume jaune et noir), alors que le n°17 ramène le Bouffon Vert, à l'identité toujours inconnue...

Un programme chargé et intense, on le voit ! Stan Lee et Steve Ditko ne font pas semblant en lançant leur série, et proposent une quantité énorme d'événements et de personnages qui vont marquer l'univers Marvel et Spider-Man, à jamais.
Tout est déjà là, dans ces 17 numéros : Peter et sa malchance, Tante May éternelle, Flash Thompson, Liz Allen qui s'ouvre doucement à son camarade de classe, Betty Brant qui apprécie ce jeune photographe qu'elle croise au Daily Bugle. Tous ces super-vilains si marquants, qui bénéficient d'épisodes introductifs si intenses, si dynamiques, si riches !

Ces numéros sont d'ailleurs particulièrement solides, avec énormément de cases à lire, de rebondissements. La lecture n'est clairement pas « rapide », Steve Ditko devient rapidement moteur dans la gestion des épisodes, et propose des bagarres très chorégraphiées, où tout ne se règle pas en quelques coups. Le sens du dialogue de Stan Lee fait lui aussi mouche, en captant l'esprit de la jeunesse du début des années 60.

Certes, plusieurs éléments ont vieilli : cette fameuse jeunesse paraît dépassée, aujourd'hui, et les pensées sont parfois un peu lourdes. Il faut ainsi accepter les codes des comics de cette période, mais aussi le trait de Steve Ditko, extrêmement dynamique mais « léger » en décors, et au style particulier.
Mais cela reste des détails, pour quiconque se plonge dans ces numéros complètement légendaires, qui ont entièrement façonné Spider-Man mais aussi tout l'univers Marvel.

Stan Lee et Steve Ditko sont littéralement en état de grâce, faisant feu de tout bois autant pour les affrontements de super-vilains si marquants, que pour la gestion d'une pègre crédible et intense. Les relations personnelles de Peter sont aussi très bien creusées, et cela offre des numéros tout simplement épatants.

Un bémol, cependant : la traduction, signée Geneviève Coulomb et Makma / Benjamin Viette, est dérangeante.
D'une part, plusieurs réflexions ou tournures de phrase semblent trop « modernes », quelque peu déplacées pour des personnages dans un contexte clairement passé. De l'autre, plusieurs termes sont eux définitivement gênants : lire Peter Parker considérer que Flash Thompson est un « connard », que lui-même peut avoir un comportement de « con », ça sort de la lecture. Tout comme le narratif qui décrit J. Jonah Jameson comme une « ordure ».
Sans rentrer dans une critique abusive de Panini, cette traduction n'est à la hauteur ni de ces épisodes, ni de cette proposition pertinente à prix accessible.

En bref

Les 17 épisodes de ce premier Marvel Epic sont fondamentaux pour Spider-Man et l'univers Marvel. Il faut accepter le style et les codes de l'époque, mais les numéros demeurent extrêmement dynamiques, prenants, riches et intenses. Un véritable must, pour une lecture avec laquelle il faut prendre son temps, pour apprécier ce morceau d'histoire très réussi. Malgré une traduction qui interroge beaucoup.

8
Positif

Des épisodes extrêmement riches et intenses, très prenants.

Les apparitions réussies de personnages devenus mythiques.

La gestion formidable des personnages et des relations.

Negatif

Quelques tics d'écriture parfois lourds, si on lit tout d'un coup.

Si l'on prend le Marvel Epic souple, le volume peut s'abîmer rapidement vu sa taille et son format.

Une traduction défaillante, gênante même quand elle utilise un vocabulaire grossier inapproprié.

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