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Critique de The Me You Love In The Dark

par Le Doc le jeu. 22 sept. 2022 Staff

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Celui que tu aimes dans les ténèbres...

Parce qu'elle avait besoin de donner une nouvelle direction à sa carrière, la peintre Rowena Meadows a décidé de s'éloigner de la grande ville...une retraite au calme, pour retrouver l'inspiration. Dans une jolie petite ville, elle loue une vieille demeure qui détonne dans le reste du paysage. Normal, puisqu'il s'agit d'une de ces maisons que l'on trouve régulièrement dans les histoires d'horreur, celles qui ont la réputation d'être hantées. 

Le quotidien de Ro est fait de monotonie. Ses journées sont répétitives...elle se sert un verre de vin, se met de la musique et s'assoit sur son tabouret, devant une toile blanche. Mais rien ne vient. La lassitude du personnage, son blocage, sont bien retranscrits, aussi bien par les cases muettes, dont le silence est uniquement percé par la musique qui résonne (se traduisant par un effet visuel qui se présente presque comme un personnage à part entière), que par les visages expressifs croqués par le doué Jorge Corona (qui avait déjà travaillé avec Skottie Young sur Middlewest).

Ro en vient à souhaiter la présence du fantôme...et elle fait alors la rencontre de l'autre habitant de la maison...qui n'est pas à proprement parler un spectre. Cette révélation est une autre démonstration du talent de Jorge Corona. L'être est dans un premier temps environné d'obscurité, seule sa voix se fait entendre. Au fur et à mesure, on entraperçoit des détails, c'est très subtil, et puis une pleine page nous en montre plus et rend encore plus intrigante la nature de cette créature 

Skottie Young ne se perd pas en explications sur l'habitant des ténèbres...car ce qui est au coeur du récit, c'est la relation très particulière qu'il noue avec Ro. Celui que tu aimes dans les ténèbres est une bande dessinée d'horreur...et c'est aussi une romance. Mais une romance un peu glauque quand même, empreinte de tristesse, de mélancolie, car l'héroïne se renferme de plus en plus entre ses quatre murs. Une rencontre entre deux solitudes qui devient de plus en plus toxique au fur et à mesure que le temps passe. L'atmosphère est palpable et les auteurs ont orchestré une belle montée en puissance, du calme apparent du premier chapitre à la violence graphique du cinquième et dernier numéro. 

Caractérisation soignée, équilibre réussi dans ce croisement de genres, une partie graphique de qualité (excellent duo formé par Jorge Corona et le coloriste Jean-François Beaulieu) et très bien adaptée à l'ambiance recherchée...envoûtante histoire d'amour et de mort...

En bref

La galerie des couvertures et le carnet de croquis de Jorge Corona sont disponibles en bonus en fin de volume.

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