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Critique de Suicide Squad - Get joker !

par Ben-Wawe le lun. 26 sept. 2022 Staff

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Noir c'est noir... il n'y a plus d'espoir, ni d'histoire !

Urban Comics propose, au sein de sa section Black Label, une mini-série elle-même issue de la gamme éponyme en VO, chez DC Comics. Cette section hors-continuité publie des sagas de prestige, généralement en trois épisodes, par des équipes créatives de qualité... et souvent, il faut l'avouer, centrées sur Batman ou les franchises en vogue.
Il n'est ainsi pas surprenant que Black Label intègre une mini-série qui lie le Joker, la Némésis absolue de Batman et l'un des personnages les plus populaires et vendeurs qui soient... et la Suicide Squad, au cœur d'actualités cinématographiques ces dernières années.

Ici, ce sont les auteurs Brian Azzarello, connu pour sa série 100 Bullets et plusieurs productions DC, et Alex Maleev, illustrateur légendaire de Brian Michael Bendis sur Daredevil et récemment lié à quelques productions Superman.
Deux artistes de grand talent, de grande réputation aussi, placés sur des personnages porteurs et vendeurs. Rien de mal ne peut en sortir, peut-on penser.
Rien de bien non plus, finalement.

Mais de quoi parle Suicide Squad : Get Joker! ?
Dans un monde alternatif de l'univers DC, où les bases sont cependant les mêmes, Jason Todd est bien le Robin tué par le Joker. Revenu via des raisons mystérieuses, Jason devient Red Hood, justicier expéditif, violent et mortel. Il est cependant incarcéré, passe dans plusieurs prisons... et rencontre finalement Amanda Waller, la meneuse de la Task Force X, la Suicide Squad.
La proposition d'Amanda Waller est claire : elle permet, en plus d'une remise de peine, à Jason de sortir un peu de prison, pour mener un groupe composé du pyromane Firefly, du surhumain militaire Pebbles, de la métahumaine japonaise Miou Miou, de la terroriste explosive Plastique, de l'acharné politique Wild Dog, d'un téléporteur et de Harley Quinn.
L'objectif ? Retrouver et tuer le Joker ! Ils sont assistés du logisticien Larry, mais aussi de Toyman, sorte de contact local à Gotham. Cette étrange bande se lance ainsi... et rien ne se passe bien, évidemment !

A la lecture de ces quelques lignes, l'on comprend que Suicide Squad : Get Joker! bénéficie d'une intrigue classique, dont de bons auteurs peuvent tirer le meilleur.
Hélas, Brian Azzarello n'est pas en forme ici, et cela se sent... très vite.
En effet, le scénariste habituellement si doué, bon et passionnant pour écrire des interactions entre les personnages, notamment les mafieux, se perd dans son casting. Il tient plutôt bien son Red Hood, et il valorise habilement Harley Quinn sur la fin de sa saga. Mais les autres personnages sont transparents, alternant entre l'inutile et le lourd. Wild Dog incarne quelque peu une sorte de révolté social de droite, mais devient vite un cliché désagréable.

Surtout,
Suicide Squad : Get Joker!Suicide Squad : Get Joker! semble ne jamais débuter, et se finit brutalement !
Il y a une difficulté de rythme, un manque de dynamisme. Il y a des rebondissements, des événements ; mais ils sont mal amenés, et tombent régulièrement à plat.
Oh, pris individuellement, chaque pièce a du sens. L'on pense notamment au passage dans le club de striptease, avec un moment intense sur Harley Quinn et une bonne gestion de la Suicide Squad. Hélas, cela tombe comme un cheveu sur la soupe, et cela s'achève par un cliffhanger surprenant, qui redistribue entièrement les cartes avec l'arrivée de nouveaux personnages... mais le début de l'épisode suivant fait retomber rapidement le soufflé.
Il y a ainsi la sensation qu'il n'y a que des idées brutes, sans qu'elles soient polies ou même travaillées. Pourquoi Waller veut tuer le Joker ? On ne sait pas ! Un événement à l'intérieur peut laisser comprendre sa colère, mais cela ne s'intègre pas dans la chronologie. Pourquoi les personnages sollicités par Larry agissent ainsi face à la Suicide Squad ? On ne sait pas, ils servent juste à surprendre et à faire du bruit !

Beaucoup de bons moments, de surprise ; mais qui s'effondrent, quand l'on passe le choc et que l'on attend si logiquement quelque chose derrière.

Heureusement, le final en lui-même se révèle assez fort, et permet au lecteur de se fixer sur une approche, une interprétation. Et c'est régulièrement prenant, porteur d'impliquer ainsi le lecteur.
Malheureusement, cela vient aussi d'un coup, sans préparation importante pour que ledit lecteur puisse avoir un avis, ou une piste réelle.
La saga semble plus une succession de petites scènes, de petits moments, sans grande cohérence. L'on pense ainsi à Toyman, dont la révélation surprend, mais sans qu'aucune explication ne soit apportée. Idem pour ce Joker, qui a un certain charisme mais semble assez « faux », sans jamais avoir une vraie vision, un vrai coffre.

C'est fort dommage, car plusieurs scènes, plusieurs moments demeurent prenants, et le lecteur est happé par l'envie de connaître la fin, et les dessous des rebondissements. L'on ne lâche pas, ainsi, le comic, et c'est une belle qualité car il pousse à tout lire rapidement.
Un point positif, hélas un peu rare.
Le graphisme d'Alex Maleev est également un atout fort, avec une très belle ambiance. Certes, son trait n'est pas dynamique, et les bagarres ne sont pas fluides. Mais il y a une atmosphère, qui devient rapidement envoûtante, et permet de pleinement caractériser une Gotham troublante, sombre, désespérée, et extrêmement dangereuse.
C'est ainsi rageant qu'un Maleev aussi en forme ne dispose pas d'un scénario plus poussé, avec ici cette sensation que Brian Azzarello n'a forcé ni son talent, ni son envie pour proposer une intrigue un minimum solide.

En bref

Suicide Squad : Get Joker! bénéficie d'une idée de base classique, mais de personnages intéressants et d'auteurs qui auraient dû en faire quelque chose de bien. Hélas, si Alex Maleev assure, Brian Azzarello passe complètement à côté et loupe entièrement sa prestation. Quel dommage que sa prestation soit si frustrante, car les idées sont bonnes... mais bien trop brutes, et finalement laissées en jachère, devant un lecteur bien troublé devant un tel résultat.

4
Positif

Alex Maleev en forme.

Un Red Hood bien écrit et une Harley Quinn qui se révèle intense dans le final.

Des surprises qui donnent envie de connaître la fin.

Negatif

Un scénario complètement loupé, avec des idées trop brutes et laissées en jachère.

Un manque de rythme, pour un comic qui est plus une accumulation de scènes qu'une vraie saga.

Un sentiment général de frustration et de gâchis.

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