9

Critique de Clevatess #1

par MassLunar le jeu. 19 janv. 2023 Staff

Rédiger une critique
Quand un puissant démon juge de l'avenir des hommes

Clevatess , c'est la  nouvelle série de Yuji Iwahara , l'auteur (notamment) de Dimension W  pour celles et ceux qui connaissent. Pour ce titre , le dessinateur change de cap en proposant non pas une nouvelle série de sf mais le début d'un tréééés prometteur récit de dark fantasy à la fois intelligent et passionnant. 

Suite à la lecture de ce premier tome, le constat est là : Clevatess s'annonce comme une pépite de dark fantasy qui s'ouvre sur un premier chapitre chaotique où un roi-démon parce qu'il a été attaqué par un groupe de héros décide d'anéantir tout un royaume de "hominidés " , source de cette attaque soudaine. Un début des plus pessimiste où l'humanité est sur le point de sombrer. 

On s'amusera aussi du fait que le mangaka renverse les cartes de la fantasy habituelle avec cette image de la quête qui finit en boucherie expéditive pour les héros. Pour un peu, cette férocité rapelle celle de Goblin slayer où les premiers chapitres donnaient d'entrée le ton de la menace et du danger que représente les gobelins. Mais cette fois-ci, nous suivons le point de vue du démon qui est attaqué par les hommes et qui décide de se venger en attaquant directement le royaume. L'humanité aurait pu y passer si ce n'était l'intervention d'un survivant sur le point de rendre l'âme et qui tient dans ses bras un petit bébé. Le moribond supplie le démon d'épargner le bébé. D'abord nonchalant, le roi-démon décide de sauver le petit être et de le prendre sous son aile plus par curiosité plutôt que par générosité. En effet, ce démon du nom de Clevatess veut savoir si l'humanité mérite d'être sauvée ou d'être totalement massacrée et ce bébé en sera la future réponse...

Ce premier tome de Clevatess est plutôt inventif et original puisque le mangaka choisit de nous faire partager le point de vue de l'antagoniste, enfin soi-disant, puisqu'on verra que les humains sont capables de se montrer encore plus cruels. De ce fait, le charismatique Clevatess décidera par le destin d'un innocent bébé si l'humanité mériterait de vivre ou non. Nous sommes presque dans de la fantasy existentielle dont l'intrigue promet de s'étendre sur toute une vie, celle de ce petit bébé prénommé Luna par le démon. Un récit qui s'annonce ambitieux mais Yuji Iwahara a prouvé ses talents de dessinateur et d'auteur au vu des retours positifs de sa précédente série Dimension W.

Clevatess se démarque déjà par le soin apporté aux personnages avec en premier lieu le puissant et charismatique Clevatess , une créature millénaire dérangée et attaquée par les humains que ce soit sous sa forme bestiale ou déguisée, Clevatess est un être magnétique à chaque page prêt à chambouler l'histoire. A ses côtés, quelques personnages marquants vont le côtoyer avec en premier Alicia dont je ne vous spoilerais pas trop le rôle mais qui s'annonce être uin personnage à la fois pathétique et féroce. L'intrigue évoluera aux côtés du bébé avec en premier lieu la recherche d'une nourrice qui nous fera découvrir un personnage véritablement touchant.

Ainsi, aussi sombre que soit Clevatess, le mangaka distille aussi une bonne dose d'humanité à travers des personnages comme Nell en opposition aux  bad guys peu scrupuleux , des ordures qui apparaissent dans ce premier tome sous les traits de bandits esclavagistes. Le mangaka alaterne ainsi des moments de fines émotions comme le passé de Nell et son rapport avec les bébés et des séquences d'actions réussis emmenées par Alicia. C'est un univers brut et violent  mais qui n'est pas non plus dénué d'humour noir bien sentie par le caractére autoritaire de Clevatess qui ne connait rien aux humains. 

Outre cette intrigue de qualité  et le soin apporté à certains personnages, Yuji Iwahara étoffe également son monde de fantasy, loin d'être une  carte postale. Il y a une véritable géopoilitique en jeu à travers ces cinq peuple qui risquent de se battre pour un royaume dévasté.

Encore une fois, ce premier tome de Clevatess promet une série de fantasy ambitieuse de qualité rien que par le soin apporté à son univers et cette intrigue vécue à travers un point de vue décalé. Au niveau de la forme, je ne connaissais pas du tout le travail de Yuji Iwahara et son style polyvalent qui mêle à la fois puissance, brutalité ( des monstres mémorables) et candeur ( sur le chara-design de certains personnages ) est assez magistral. Le mangaka est également très à l'aise dans la narration pour un premier tome qui se dévore facilement sans aucun temps morts.

Sans hésitation, un (autre) coup de coeur pour ce premier tome de Clevatess, c'est pas courant pour un début de série mais c'est mérité. 

En bref

Ce premier volume de Clevatess est tout simplement un régal de dark fantasy. Cruel mais réfléchie, impitoyable mais aussi touchant, la nouvelle série de Yuji Iwahara affiche un départ remarquable porté par des personnages stylés et décalés et une intrigue ambitieuse. Le mangaka s'approprie la fantasy avec une inventivité qui force le respect !

9
Positif

Un point de vue décalé, celui d'un être charismatique qui prend un peu à rebours l'imaginaire de la fantasy

Le début d'une intrigue ambitieuse à travers l'existence d'un enfant dont on va sans doute suivre méticuleusement les étapes de sa vie

Un bon soin apporté à l'écriture des personnages (mention spéciale à Alicia et à Nell)

Un univers de fantasy soigné sur la forme comme sur le fond

Negatif

MassLunar Suivre MassLunar Toutes ses critiques (422)
Autres critiques de Clevatess
Boutique en ligne
8,95€
Boutique en ligne
8,95€
Boutique en ligne
8,95€
Boutique en ligne
8,95€
Laissez un commentaire
Commentaires (0)