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Critique de Kroma

par Le Doc le ven. 8 déc. 2023 Staff

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Maintenant, vous savez que tout n'a pas à être noir ou blanc...

Kroma est un projet que Lorenzo De Felici porte depuis de nombreuses années. L'italien ajoute une nouvelle corde à son arc avec le scénario de cette mini-série dont il a signé à lui seul les dessins et les couleurs. Depuis le début de sa carrière, De Felici travaille pour les marchés italiens, français et américains et comme il le raconte dans sa postface, il a tenté de développer Kroma pour les européens sans que cela fonctionne. C'est après avoir collaboré avec Robert Kirkman sur la série Oblivion Song que cet auteur complet a eu l'opportunité de retravailler Kroma pour  proposer le titre à Skybound, le label du créateur de The Walking Dead

Kroma se présente sous la forme d'une mini-série en 4 épisodes à la forte pagination puisque chaque chapitre fait 46 pages. L'histoire se déroule dans un monde fantastique aux couleurs châtoyantes...à une exception près. Une cité aux murs argileux, aux habitants pales vivant reclus dans ces murs. Pour eux, la couleur est mortelle, une peur transmise depuis la nuit des temps et perpétuées par les récits illustrés sur d'antiques broderies et les rituels du Makavi, le grand prêtre. Régulièrement, le Makavi fait sortir de sa prison la jeune Kroma, qu'il fait passer pour un monstre, l'enfant du légendaire "Roi des Couleurs". Kroma, aux yeux de deux couleurs différentes, pense qu'elle mérite ce qui lui arrive. Ce qui n'est pas l'avis du jeune Zet, apprenti du Makavi et intrigué par sa rencontre avec Kroma...

Graphiquement, Kroma est un très beau comic-book. J'avoue que je connaissais pas encore le style de Lorenzo De Felici, c'est la première fois que je lis une de ses bandes dessinées et ce fut une belle découverte. Cet univers est foisonnant de détails; les traits distinctifs de chaque protagoniste sont bien mis en valeur; les designs des créatures sont réussis, les monstres sont impressionnants, aussi bien dans les sanglantes scènes d'attaque que dans les moments où leurs silhouettes se dessinent à travers les branchages de l'immense forêt; et le contraste entre les couleurs et l'aspect plus terne de la cité pâle fonctionne pleinement.

Du point de vue du scénario, les éléments sont classiques. Dans Kroma, Lorenzo De Felici parle d'obscurantisme, d'endoctrinement des foules et même la révélation finale n'est pas si surprenante. Mais malgré ces petites réserves (ajoutez à cela quelques lenteurs), son récit se révèle tout de même bien prenant. L'atmosphère est soignée, les rebondissements sont amenés avec une certaine efficacité (j'ai par exemple été cueilli par le final du premier épisode) et le périple de la petite Kroma cultive aussi bien le mystère que l'action, dans les rencontres qui rythment son parcours jusqu'à un final mouvementé, triste et spectaculaire à la fois. 

En bref

Après la postface, les bonus proposent les recherches de Lorenzo De Felici, sans commentaires puisque la priorité est donnée aux images, ainsi que les très belles couvertures alternatives signées par James Harren, Justine Florentino, Suspiria Vilchez ou encore Matias Bergara.

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