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Critique de Dune - L'adaptation officielle du film #1

par Ben-Wawe le mer. 14 févr. 2024 Staff

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Une adaptation fidèle du film, de faible portée mais idéale pour se le rappeler avant la sortie de la suite

En 2021, le scénariste et réalisateur Denis Villeneuve réussit un exploit quasiment miraculeux : adapter efficacement et solidement l’œuvre Dune sur écran, après plusieurs échecs déchirants.
Dune est initialement un roman de Frank Herbert, paru en 1965, qui a donné lieu à plusieurs suites et préludes, pour former une vaste épopée intime, cosmique, personnelle et spatiale, sur plusieurs niveaux d’appréciation. Considéré comme l’un des plus grandes œuvres de science-fiction, et même de la littérature, Dune a été adapté en film par David Lynch en 1984, dans un essai troublant, maladroit mais volontaire. Bien d’autres ont essayé avant et après, mais tous ont jeté l’éponge, hormis une mini-série télévisée en 2000, cohérente mais scolaire.
Le Dune de Denis Villeneuve convoque l’essence du roman, et lui offre la grandiloquence des moyens du XXIe siècle, ainsi que le savoir de son réalisateur. La suite, qui intègre la deuxième partie du roman initial, sort le 15 mars 2024. L’éditeur Delcourt propose juste avant l’adaptation du premier film, publiée en VO par Legendary Comics.

La scénariste Lilah Sturges (qui a notamment écrit Jack of Fables, Justice Society of America, Lumberjanes…), le dessinateur Drew Johnson (qui a œuvré sur Tomb Raider, Wonder Woman…) et le coloriste Zid sont ainsi chargés de ramener les lecteurs sur Arrakis, afin de les préparer à la suite intense de la saga de Frank Herbert.

Mais, au fond, de quoi parle Dune : L’adaptation officielle du film – Volume 1 ?
Le tome reprend ainsi le scénario du film. Le lecteur suit ainsi la Maison Atréides, chargée de gérer la planète Arrakis sur ordre de l’empereur Padishah Shaddam IV. Ce monde désertique, rempli de sable, accueille la seule source de l’Epice, une substance qui prolonge la vitalité humaine et permet ainsi les voyages interstellaires.
Le duc Leto Atréides sait cependant que ce don de l’empereur, jaloux de son influence, est un piège, car Arrakis est arrachée à la Maison Harkonnen, famille terrible et terrifiante ayant fait régner la terreur sur la planète. Notamment en s’en prenant aux habitants, les Fremen, mystérieux hommes et femmes du désert.
Paul Atréides accompagne son père, mais aussi sa mère : dame Jessica, concubine de Leto, et acolyte du Bene Gesserit, sororité possédant des attributs physiques et mentaux qu’elle développe chez son fils. Paul, initialement malingre et humble, se retrouve au centre de complots politiques, mystiques et ésotériques. Quantité de drames interviennent, alors que la Maison Atréides tombe, et que la prophétie de l’être suprême, le Kwisatz Haderach, semble se réaliser…

On le comprend, l’œuvre Dune est dense, intense, passionnante mais exigeante, avec quantité de niveaux de lectures et des éléments qui se révèlent au fil des pages. Les fans ont déjà dû admettre que le film de Denis Villeneuve ne pouvait pas reprendre toute la complexité de la saga, malgré de grands efforts et de vraies réussites.
Dune : L’adaptation officielle du film va également imposer aux fans, lecteurs et / ou spectateurs, une forme de compréhension et d’acceptation. Cette bande-dessinée ne peut guère rivaliser avec la richesse du roman de base, et même l’ampleur du film. Les auteurs donnent beaucoup d’eux-mêmes, mais ne parviennent pas à resituer la puissance des éléments de base de l’œuvre.

Cette bande-dessinée est ainsi un résumé du premier film, qui lui-même synthétise la première partie du roman.
Pas plus, pas moins.

Ceux qui verront le verre à moitié vide pourront considérer, à raison, que le scénario est abusivement expéditif, avec des rebondissements trop rapides, et des passages tristement survolés. L’on pense ainsi au test de Paul avec la boîte, extraordinaire dans le roman, intense dans le film, et… simple voire simpliste ici.
Le scénario est ainsi basique, il se contente de mettre en narration de bande-dessinée des événements, dessinés par un Drew Johnson qui abuse des ombres sans réellement les maîtriser (ah, cette scène de révélation du Baron Harkonnen si rapide, ici), fige trop ses personnages, et donne à ceux-ci les visages trop marqués des acteurs.

Ceux qui verront le verre à moitié plein pourront apprécier d’avoir un rappel du premier film, notamment s’ils ne veulent pas le revoir ou plonger dans le roman. Cette bande-dessinée fait ici bien son office, elle résume les événements, repose les personnages dans ce qu’ils sont et ce qu’ils font, et permet d’attendre le prochain film avec impatience.
Le scénario est ainsi sobre et efficace, il rappelle la situation sous la forme d’une bande-dessinée fluide et agréable, dont les dessins ne sont pas emballants, mais qui font leur office en identifiant quel acteur est quel personnage.

A noter que ce tome s’appelle bien Dune : L’adaptation officielle du film, ce qui en principe devrait faire pencher la balance vers la deuxième option.
Car, après tout, ceux qui voulaient une adaptation en bande-dessinée du roman peuvent aller voir les productions en ce sens, qui ne manquent pas. Il demeure ainsi un tome pratique, simple, efficace si on le prend pour ce qu’il doit être : un rappel, un aide-mémoire entre deux films.

En bref

Dune : L’adaptation officielle du film dit son essence dans son titre. Les auteurs se bornent à mettre en images et en narration de bande-dessinée les événements du premier film, qui synthétise déjà l’essence de la première partie du roman. L’on peut regretter la simplicité du scénario et des dessins, mais ce tome remplit son office en étant un rappel efficace du film avant sa suite. Une aide-mémoire bienvenue et bien éditée ; pas plus, pas moins.

5
Positif

Une reprise efficace des événements du premier film.

Des dessins reprenant les visages des acteurs, pour bien identifier qui joue quoi.

Une narration de bande-dessinée fluide.

Negatif

Guère plus qu’un rappel simple des événements du premier film.

Des scènes qui perdent de leur intensité par rapport au film, et encore plus au roman.

Des dessins sombres et légers en qualité.

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