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Critique de Damn Them All #1

par Le Doc le mar. 20 févr. 2024 Staff

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Maudissez les tous !

En cinq pages introductives, Simon Spurrier et Charlie Adlard définissent la relation qui unissait Ellie Hawthorne, le personnage principal de la maxi-série en 12 numéros Damn them all, à son oncle Alfie. Ce dernier était son mentor, celui qui l'a initiée au monde du surnaturel...un occultiste qui n'avait pas la langue dans sa poche, un sympathique salopard avec son propre code moral. Alfie est mort maintenant...et depuis son décès les apparitions de démons se multiplient. La britannique Ellie va faire équipe avec la flic américaine Dora Lafon, qui connaissait intimement Alfie, pour enquêter sur la mort de son oncle ainsi que sur la raison de ces invocations avant de renvoyer ces démons en enfer...

Avec ses clins d'oeil à Hellblazer (Ellie pourrait être une petite cousine éloignée de John Constantine...que Simon Spurrier a d'ailleurs écrit dans deux séries) et son pitch assez classique à base de créatures infernales libérées sur Terre, Damn them all (publié aux Etats-Unis chez Boom! Studios) aurait pu s'enfermer dans le déjà-vu mais le récit a suffisamment de personnalité pour éviter ce piège. Cela passe d'abord par la caractérisation de ses protagonistes (loin d'être des enfants de choeur) et les dialogues savoureux et percutants de Spurrier rythmant cette descente dans le milieu des gangsters londoniens qui mêle habilement thriller et horreur.

La narration alterne entre le point de vue de Ellie Hawthorne et les archives de son oncle, le genre de "grimoire" au style très personnel (évitant le côté trop solennel et ennuyeux) qui permet d'en savoir plus sur les forces à l'oeuvre (avec des nuances intéressantes dans les relations entre les démons et les truands les "collectionnant" comme des Pokémon). Entre les deux, les informations sont bien distillées et il est facile de se laisser happer par cet univers. Il y a tout de même quelques longueurs tout au long de ces six premiers épisodes et des récitatifs parfois un peu lourds mais la lecture est dense et Simon Spurrier ne lésine pas sur les rebondissements entretenus par le caractère imprévisible des personnages et menant à un final amer qui donne envie de retrouver l'anti-héroïne au marteau dans le second tome.

Graphiquement, c'est du solide. J'apprécie toujours autant le style de Charlie Adlard, qui varie ses projets après avoir passé de nombreuses années sur The Walking Dead, un bon créateur d'atmosphères à l'aise dans les contrastes entre ombres et lumières. Damn them all ne manque pas de bonnes idées visuelles, comme le fait de ne jamais montrer complètement le visage d'oncle Alfie (c'est la façon dont les autres le décrivent qui compte) et les effets accompagnant les apparitions démoniaques (très bon travail sur les couleurs de Sofie Dodgson) soulignent efficacement les perturbations qu'elles provoquent sur le plan des mortels.

En bref

La galerie d'illustrations en fin de volume regroupe toutes les couvertures alternatives des six premiers numéros de la série.

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