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Critique de Dawn of Shazam #1

par Ben-Wawe le jeu. 29 févr. 2024 Staff

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Une double relance de Shazam, pour un renouveau réjouissant, prenant, enthousiasmant et épatant !

Début 2024, Urban Comics entame une « deuxième saison » des publications de la période Infinite, comme cela est directement évoqué dans sa communication. De nouvelles formules sont ainsi proposées aux lecteurs, après la saga Dark Crisis on Infinite Earths, et en tirant les conséquences des résultats passés.
Désormais, plusieurs titres sont traduits dans le cadre d’une collection Dawn of, où des volumes plus massifs et fournis sont proposés avec des sagas plus longues, ou des épisodes complémentaires entre eux.
C’est via cette formule qu’Urban Comics relance un personnage désormais connu de l’univers DC, après deux adaptations cinématographiques en peu de temps, mais dont les comics ont tâtonné avant de (re)trouver une approche adaptée.
Nous parlons ici de Dawn of Shazam Tome 1, qui comprend quatre épisodes de The New Champion of Shazam!, six numéros de la série actuelle Shazam!, un mini-segment faisant le lien entre les deux, et deux parties du crossover Knight Terrors. Une bonne douzaine de chapitres, ainsi, pour une double relance de Shazam, concernant autant le héros principal que sa sœur Mary Marvel, également dotée de supers-pouvoirs.

Shazam, créé en 1940 et jadis plus populaire que Superman, est initialement Billy Batson, jeune orphelin choisi par un mystérieux Sorcier pour agir pour le Bien. En prononçant le nom du Sorcier, Shazam, il prend le contrôle d’un corps adulte disposant de la sagesse de Salomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, la puissance de Zeus, le courage d’Achille et la vitesse de Mercure.
Les auteurs créent rapidement des proches disposant de pouvoirs connexes, comme sa sœur Mary Bromfield et son meilleur ami Freddy Freeman. Billy est d’abord connu comme Captain Marvel, mais un conflit avec l’éditeur de la Maison des Idées pousse DC, qui rachète les droits du personnage en 1972, à le renommer peu à peu Shazam (ce qui est cocasse, car ce nom est celui qui déclenche ses transformations…).
Shazam a bénéficié de plusieurs séries, sans que sa popularité initiale soit pleinement retrouvée. Durant la période DC Renaissance / New 52, le scénariste Geoff Johns intègre Billy à une famille d’accueil, qui comprend Mary, Freddy, mais aussi Darla, Eugène et Pedro. Il en viendra même à leur transmettre des pouvoirs, pour former une Famille Shazam.
Cependant, même l’écrivain iconique de DC ne parvient pas à créer un nouvel engouement pour le personnage.

DC relance néanmoins une fois de plus l’univers Shazam, via deux essais que l’on retrouve dans Dawn of Shazam Tome 1.
D’une part, nous avons The New Champion of Shazam!, où Mary Bromfield se retrouve dotée seule des pouvoirs de Shazam par un Billy obligé d’occuper des fonctions supérieures dans le monde de la magie. La jeune fille tente de mener sa vie à l’université, mais est rappelée à ses obligations familiales à la disparition de ses parents adoptifs, tout en découvrant le rôle de super-héroïne « principale ».
De l’autre, nous avons la première saga de la nouvelle série Shazam!, où Billy retrouve une fonction prioritaire tout en collaborant avec Mary, qui est dotée en parallèle de pouvoirs proches mais issus des Déesses grecques (dans le cadre du crossover Planète Lazarus). Ici, Billy mène des aventures déjantées et funs, où il aide une famille de dinosaures extraterrestres (!) à retourner chez eux, tout en utilisant un nouveau pseudonyme (Le Captain, référence à son nom initial et plus pratique que le mot Shazam). Surtout, Billy fait face à des comportements erratiques de son corps quand il a ses pouvoirs : il devient arrogant, agressif, abusivement séducteur, bête et méchant… des êtres intriguent dans l’ombre, tandis qu’il enquête sur l’Empereur de la Lune (!), et que sa famille gère un bureaucrate T-Rex (!).
Avec, en parallèle, le segment Knight Terrors où Mary est plongée dans un cauchemar éveillé, comme le monde entier.

On le comprend après ces lignes : le programme est riche, mais pertinent.
Urban Comics fait le choix intelligent d’intégrer la saga sur Mary Marvel seule, car la super-héroïne revient ensuite et il est cohérent de la voir en solo, pour mieux la comprendre. Tout comme il est aussi fluide de voir le segment entre les deux ères, ainsi que la saga principale sur Billy, qui fait office de relance réussie au vu des retours positifs.
L’ensemble sonne ainsi comme une addition réussie et juste, avec des intrigues qui se complètent et forment un tout fluide… parce que le niveau est très bon, aussi.

Disons-le tout de suite :
Dawn of Shazam Tome 1 est une très bonne lecture.

La saga sur Mary Marvel est réalisée par Josie Campbell et Evan « Doc » Shaner, qui livrent un bon moment de lecture. La super-héroïne est bien écrite, le récit est prenant et intense, et les dessins sont dans une veine rétro détaillée très agréable, et même magnifique.
La même Josie Campbell scénarise le segment de transition, qui fonctionne pour acter le retour de Billy, avec des dessins corrects de Caitlin Yarsky.
C’est ensuite Mark Waid, scénariste légendaire notamment derrière Kingdom Come chez DC, qui s’empare de l’univers. C’est bien lui qui parvient à réinjecter du fun, de l’humour réellement drôle et des interactions fluides entre ces personnages jeunes, si difficiles à écrire. Ses intrigues sont bonnes, fluides, particulièrement réussies et fidèles à l’esprit de Shazam, tout en s’interrogeant sur des éléments pertinents (les Dieux dont Billy tire les pouvoirs sont-ils heureux de ce qu’il en fait ?).
Le scénario est ainsi particulièrement emballant, inventif, avec des enjeux autant cosmiques que terre-à-terre, avec la famille recomposée.
Surtout, le dessin de Dan Mora est extraordinaire, avec des planches superbes, dynamiques, elles aussi inventives et tout simplement belles. Le graphisme est une réussite totale, avec cependant un Roger Cruz appliqué à défaut de briller pour l’interlude Knight Terrors.

En bref

Dawn of Shazam est une très, très bonne lecture. Il faut déjà saluer la composition pertinente du volume par Urban Comics, pour un ensemble cohérent, pertinent – et emballant. Autant la saga sur Mary Marvel que, surtout, celle de Mark Waid & Dan Mora forment des relances réussies et prenantes, pour des aventures agréables, drôles et très belles. Une réussite totale, un coup de cœur !

9
Positif

Une double relance réussie et de très haute qualité, avec des tons retrouvés et adaptés pour ces personnages.

Une composition de volume juste et pertinente.

Un graphisme de très haut niveau.

Negatif

Le petit manque dû à l’absence des numéros sur les nouveaux pouvoirs de Mary Marvel.

Le graphisme moins bon de Roger Cruz, qui ne démérite pas mais n’est pas au niveau des autres.

L’envie de lire vite la suite !

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