13H13 dans Le troublant trou bleu
Nous en redemandons encore et encore de ce jubilatoire mystère prométhéen , surtout après la lecture de ce troisième tome qui propulse la série , surtout au niveau visuel puisque cette fois -ci, Christophe Bec collabore avec un autre dessinateur, Alessandro Bocci avec qui il avait déjà signé en 2008 une one-shot intitulé Fontainebleau (éditions Soleil) .
Bref, la lecture de ce troisième volume fut un régal et je ne regrette qu'une chose : ne pas avoir emprunté d'avantages de tomes dans ma médiathèque favorite. Le rythme est bon avec moins de léthargie que dans les précédents volets. Christophe Bec disperse moins ses protagonistes et on se familiarise davantage avec les différents points de vue qui guident cette vaste intrigue.
[Alerte spoil ]
Nous retrouvons donc quelques survivants des crash aériens, le joueur de golf un peu prétentieux échoué sur une île qui dissimule un certain secret, l'équipage du sous-marin américain, le directeur de la nasa , Spaulding, le chasseur d'épaves avec qui nous découvrons un mystérieux trou bleu ou encore la présentatrice télé dont les émissions présentent le fil du récit.
Même si certains planches demeurent très verbales, j'ai trouvé le contenu plus passionnant, notamment la discussion entre Spaulding et l'historienne qui reflète sans doute les nombreuses recherches de Bec qui fournit tout de même un travail scénariste conséquent, sans parler des nombreux points de vues qui équilibrent cette intrigue entre frisson et découverte.
Ce troisième tome apporte une note horrifique plus appuyée comme le montre le passage centré sur les membres de la mission Appollo XX où l'environnement n'aurait pas dépareillé dans un Alien. Certaines cases basculent volontiers dans le gore sans excès mais suffisamment pour garder une bonne tension avec une menace extra-terrestre toujours plus effrayante tout en étant délicieusement silencieuse.
Encore une fois , l'auteur prend tout de même le temps de multiplier les questions tout en resserrant les angles autour de certains personnages. Il dilue aussi son intrigue dans de lointains flash-backs comme au début de ce troisième opus ce qui exacerbe la dramaturgie de cette série qui joue toujours sur plusieurs cadres et quelques niveaux temporels.
Coté dessin, sans rompre avec le style de Bec, Alessandro Bocci délivre un bon travail visuel avec des cases plus amples et détaillés. Nous avons droit à une magnifique double-planche sur un volcan en irruption 73 000 av JC. Le visuel des personnages m'a également paru plus affiné et expressif. Visuellement, ce tome multiplie les décors et environnements comme le huit-clos d'un sous-marins en perte d'oxygène ou l'intérieur angoissant d'une épave extra-terrestre ...
La série est donc bien lancée avec ce tome de qualité.
En bref
Un troisième tome plus horrifique, plus dynamique porté par une bonne collaboration entre Bec et Alessandro Bocci. L'intrigue est plus fluide avec des points de vue plus cerclés que nous commençons à bien cerner sans frôler l'indigestion. Pour l'heure, c'est un tome de qualité qui propulse cette série sur les rails et vous donne envie de lire la suite ( ce qui sera fait incessamment sous peu)
Positif
Une narration encore plus fluide où les points de vue sont beaucoup plus ajustés avec moins de personnages secondaires et moins de ralentissement
L'apport d'Alessandro Bocci qui garde le style de Bec tout en offrant de somptueuses planches et davantage d'immersion
Une touche horrifique bienvenue
Du mystère toujours bien développé et toujours bien retenu
Negatif
Le passage télévisé qui fait office de résumé un peu redondant
Encore un chara-design un peu bancal par moments avec des expressions WTF









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