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Critique de Ouessantines

par Le Baron Rouge le mer. 10 juil. 2024 Staff

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Des îles et des femmes

Quel plaisir à recevoir ce livre. Pour la petite anecdote, j’ai gagné sur cette île mon surnom. L’attachement qui m’y lie reste fort et j’y garde des liens affectifs et amicaux particuliers.

Et, c’est sans doute pour ces raisons que j’ai été un peu déçu.

Certes, l’intrigue reste originale, bien menée, les personnages attachants, le dessin intéressant, etc. En revanche, d’Ouessant, nous n’apprendrons pas grand-chose si ce n’est l’importance des femmes dans son histoire et quelques traditions comme la proëla.

Que retiendrons-nous alors ? Que les ouessantins sont bourrus, peu accueillants, voire limités… Et qu’il faut faire ses preuves pour envisager une intégration.

Et là, je ne peux que m’inscrire au faux. Il n’est pas plus difficile de s’intégrer à Ouessant que dans n’importe quel village de France ou de Navarre un peu à l’écart des routes principales. Et non, les ouessantins ne sont pas tous fermés et obtus.

Admettons que cette construction serve l’intrigue. Soit.

Mais alors, pourquoi ne pas avoir décrit cette ambiance si particulière qui y règne à la tombée du soir et la nuit (avec le faisceau lumineux du phare du Creac’h qui balaie l’île). Où est le vent qui empêche toute pousse d’arbre digne de ce nom ? Où sont ces ciels étoilés ? Sa côte déchiquetée par les éléments ? Les étendues de lande et de fougères ? Où est le bruit constant de l’océan ?

Évidemment, il n’était pas question de faire un guide touristique ou une recherche ethnographique, mais l’environnement de l’île se prêtait à alimenter l’intrigue.

Dans l’ouvrage, l’héroïne subit un grand sentiment de solitude, voire d’abandon. Comment ne pas faire lien avec les paysages tourmentés par une journée de gros temps à la pointe de Pern ? Comment ne pas faire le lien avec les phares en mer qui résistent à la fureur de l’océan ? Comment ne pas faire le lien avec cette immense solitude qui règne en hivers ?

J’en attendais sans doute un peu trop, je l’avoue.

L’histoire reste bien construite, les personnages bien campés. L’intrigue penche du côté d’Agatha Christie ; ce qui n’est pas déplaisant. Et, le dessin est à la hauteur.

En bref

Soizig (rien qu’avec ce prénom on a déjà une idée du lieu de l’histoire) ouvre une chambre d’hôte sur l’île d’Ouessant. L’accueil est aussi froid que la température de l’eau qui entoure le lieu. La seule personne qui lui témoigne de l’intérêt vient de se suicider et Soizig devient l’héritière des affaires de la défunte. Il n’en fallait pas plus pour décupler l’hostilité de certains îliens.

7
Positif

L'intrigue

Le dessin

Negatif

L'ambiance générale du lieu

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Commentaires (1)
  • ginevra
    Staff

    "le dessin inintéressant"? Ne serait-ce pas plutôt intéressant vu la suite de l'avis?