Qui combat les monstres...
En 1997, Joe Kelly était à la fois le scénariste de Deadpool et de Daredevil, il était donc naturel qu'il pense à réunir les deux personnages dans un numéro spécial, les annuals de cette période étant souvent composés de team-up de ce genre. Le scénariste avait d'ailleurs préparé le terrain en orchestrant la rencontre de Typhoïd Mary et du mercenaire disert à la fin de Deadpool #6 et l'annual s'intercale entre Deadpool #7 et 8, quand un souvenir ressurgit dans l'esprit troublé de Typhoïd, l'obligeant à se lancer sur les traces de Daredevil.
En arrivant à New York, Typhoïd Mary laisse comme on pouvait s'y attendre une traînée de cadavres. Pour retrouver plus facilement Daredevil, Deadpool s'en prend à ses amis et kidnappe Foggy Nelson. Malgré cet acte, Wade veut prouver sa bonne foi et persuade DD qu'il n'agit que dans l'intérêt de Mary...même s'il a ses propres plans bien torturés pour aider la jeune femme. Cette virée new-yorkaise des deux héros et anti-héros en rouge est dans un premier temps plutôt bien ficelée, Joe Kelly dosant efficacement légèreté, action et tension.
L'humour dont fait preuve Joe Kelly dans la série Deadpool passe ici bien évidemment par les répliques de Wade Wilson et aussi par les scènes très amusantes qui réunissent les deux sidekicks des personnages principaux, Foggy Nelson et la Fouine (ce qui aboutira à un changement de propriétaire pour le chien Deuce qui n'avait rien demandé). Loin du style qu'avait alors Ed McGuinness sur Deadpool, la partie graphique signée Bernard Chang propose quelque chose de différent, moins massif mais tout aussi dynamique dans l'action. Chang est aussi à l'aise dans les moments sombres et ses visages très expressifs sont bien utilisés dans les interactions savoureuses entre Foggy et la Fouine.
Par contre, l'épisode s'écroule dans sa dernière partie quand le scénariste se livre à un exercice peu inspiré de retcon en faisant de Typhoïd Mary la jeune prostituée que Matt avait jeté accidentellement par la fenêtre dans la mini-série Man Without Fear de Frank Miller et John Romita Jr. La révélation avait visiblement pour but de soulager Daredevil du poids de sa culpabilité mais elle ne s'imposait pas vraiment et je ne l'ai jamais trouvé convaincante par rapport à ce qu'on savait déjà du personnage créé par Ann Nocenti et Romita Jr.




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