Parcours ambigu
De son vrai nom Ernst Hanfstaengel, né de père allemand et de mère américaine, il est mort, chez lui, en 1975, à l’âge de 88 ans. Pourtant, son histoire, qui en fait un personnage romanesque, l’a amené à côtoyer dès les années 1920, Adolf Hitler ; Il l’a accompagné, financièrement entre autres, vers sa prise de pouvoir et l’instauration du troisième Reich.
Un destin complexe pour un homme qui voulait créer un lien entre l’Allemagne nazi et l’Amérique, pour faire front au communisme. Un destin complexe, rendu de manière simple et extrêmement lisible, par la dessinatrice Louison. Un découpage précis sépare les planches en peu de cases. Chacune d’elle a un atmosphère colorée franche, tranchante, et différent de l’une à l’autre.
Une case m’a frappée. Réveillon de la Saint Sylvestre 1932. Une fin d’année annonciatrice de la prise de pouvoir par le chancelier Hitler en 1933. Reflété dans une boule de Noël, le visage d’Hitler, déformé, annonce les cranes et les corps décharnés que sa folie xénophobe meurtrière engendrera.
Dans ce destin trouble, on peine à cerner cet homme excessif, tant au physique que dans son attachement affectif à Hitler. Jouet de ce dernier, clown pathétique, l’enquête menée par Thomas Snégaroff ne permet pas une réponse tranchée. Raciste, érudit, amateur d’art, cet homme hors norme, peut être haï ou plaint, selon l’angle de vision prit par le lecteur.
Une mise en images réussie et tranchante du roman de Thomas Snégaroff sur le destin ambigu et désordonné d’un compagnon de route, d’un pygmalion raté d’Hitler.
En bref
Une mise en images réussie et tranchante du roman de Thomas Snégaroff sur le destin ambigu et désordonné d’un compagnon de route, d’un pygmalion raté d’Hitler.
Positif
Le parcours chaotique d'un personnage ambigu mis en image et couleur étonnantes et parlantes









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