la politique japonaise avec des flingues et des cadavres dans les placards
Inspecteur Kurokochi, en plongeant dans les grandes affaires policières avec des zones floues, nous fait voyager dans l'histoire contemporaine japonaise de l'après guerre (et l'occupation américaine) aux années 95 (avec l'attaque au gaz sarin du métro de Tokyo).
Vous allez suivre les deux facettes d'un même pièce (la figure de l'inspecteur qui va au fond des choses quitte à bousculer l'ordre établit) à travers les deux enquêteurs Kurokochi (le corrompu) et Seike (le pur). Ces derniers seront confrontés à des organisations souterraines, politiques (d'extrême-droite, d'extrême gauche, d'extrême-centre) ou cultuelles. C'est une manière décalée d'apprendre des choses sur ce qui a pu structurer le Japon d'après-guerre à nos jours et qui est inconnu des français. Chaque personnage sera mis face à ses contradictions et des choix moraux difficiles ("pourquoi je me mets tant en danger alors que seul l'argent m'intéresse ?", "suis-je en passe de perdre mon intégrité pour protéger la réputation de ma famille ?",...) à travers des enquêtes à tiroirs où chaque nouveau dossier soulevé n'est qu'une porte menant à l'enquête suivante.
C'est d'ailleurs un des reproches que je fais à l'oeuvre. Comme Dragon Ball et sa fuite en avant du toujours plus fort, Kurokochi donne parfois l'impression que les organisations secrètes sont manipulées par des organisations encore plus secrète et cela sans fin. L'auteur s'en amuse d'ailleurs dans le dernier tome, laissant percevoir qu'il possède toujours un esprit critique (contrairement aux complotistes).
On y sera constamment confronté à des "kuromaku", les marionettistes politiques, si important dans la vie politique et mafieuse du Japon de la seconde moitié du 20ème siècle.
Si le sujet vous intéresse, je vous conseil la lecture du livre "Yakuza, la mafia japonaise" de David Kaplan et Alec Dubro, du manga "Unlucky Young Men" de Kamui Fujiwara et Eiji Ôtsuka ou encore Sanctuary de Ryoichi Ikegami et Yoshiyuki Okamura ainsi que de la suite de jeux "Yakuza/Like a dragon" du studio Ryu ga gotoku. Cet ensemble d'oeuvres pourra vous permettre d'appréhender l'univers politique du pays .En bref
Les théories du complot ne sont qu'un sous-genre de littérature (dont 99.999% de la production est nulle voire dangereuse) mais dans les 0,001% des cas ça donne de super histoires à tiroirs comme Inspecteur Kurokochi (ou Men in Black mais c'est un autre sujet).
Positif
- on apprend plein de choses sur l'histoire politique contemporaine japonaise
- des rebondissements
- un duo Kurokochi/Seike qui fonctionne
- c'est rafraichissant
Negatif
- une affaire dans l'affaire dans l'affaire
- l'auteur évite soigneusement de parler de la mafia









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