Un western crépusculaire et explosif
1. Un croque-mort face à la fureur fanatique
Dans Undertaker tome 8 : Le Monde selon Oz, publié chez Dargaud, Jonas Crow, le croque-mort le plus badass du Far West, se retrouve au cœur d’un conflit brûlant au Texas. À Eaden, une ville brisée par la guerre de Sécession, Sister Oz, gourou de la Ligue pour la suppression du vice, impose sa loi divine avec une armée de fanatiques. Son obsession ? Empêcher Eleanor Winthorp d’avorter, quitte à humilier, menacer ou tuer, y compris Randolph Prairie, le médecin et mari de Rose, l’amour de Jonas. Après un cliffhanger haletant dans le tome 7, Jonas joue les fous à la roulette russe pour gagner du temps et sauver Randolph, infiltrant le camp ennemi sous le couvert de la nuit. Entre duels, prises d’otages et révélations, ce tome conclut un diptyque intense où les principes de Jonas sont mis à rude épreuve face à une adversaire sans limites. Un western qui cogne fort !
2. Un scénario percutant et des dessins immersifs
Le scénario de Xavier Dorison est une véritable claque, qui ancre Undertaker dans un réalisme âpre tout en respectant les codes du western. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Dorison utilise le fanatisme de Sister Oz pour explorer les dérives des idéologies extrêmes, un écho troublant à notre époque. Le personnage de Jonas, tiraillé entre ses valeurs morales et la nécessité d’agir, gagne en profondeur : sa ruse et sa droiture face à la cruauté d’Oz créent une tension dramatique palpable. Les dialogues, souvent cinglants, et les rebondissements, comme la roulette russe, maintiennent un rythme effréné qui ne laisse aucun répit.
Côté dessin, Ralph Meyer, avec les couleurs de Caroline Delabie, livre une partition magistrale. Les planches, sombres et détaillées, capturent l’atmosphère oppressante d’Eaden, avec des jeux d’ombres et des expressions saisissantes – Sister Oz est terrifiante de charisme. Les décors, des ruelles poussiéreuses aux intérieurs tendus, renforcent l’immersion, tandis que les couleurs, entre teintes naturelles et éclats dramatiques, soulignent chaque émotion. Un travail visuel qui fait vibrer chaque page.
3. Mon avis : un final haletant pour un diptyque mémorable
Undertaker tome 8 boucle avec brio le diptyque entamé dans le tome précédent, offrant un mélange parfait d’action, de suspense et de réflexion. Jonas Crow reste un héros captivant, dont la moralité contraste avec la sauvagerie de ses adversaires, et Sister Oz est une antagoniste glaçante qui marque les esprits. Si l’histoire reste fidèle aux codes du western sans révolutionner la série, elle brille par son intensité et sa pertinence thématique, abordant des sujets brûlants comme l’avortement avec une finesse rare. Les dessins de Meyer et les couleurs de Delabie sont un régal. Un must pour les fans de western et de récits engagés !
En bref
Un final explosif pour un diptyque sombre et captivant, porté par un scénario incisif et des dessins somptueux, qui confirme Undertaker comme une référence du western BD.









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