Girl power sanglant !
Chaque sortie de Paru Itagaki est devenu un petit événement avec le succès de Beastars et même quand il s'agit d'un oneshot pas tout à fait poli comme il le devrait, on apprécie grandement !
Pourtant, Bota Bota est une sorte d'oeuvre de commande, si j'ai compris, négocié en échange de la réutilisation du personnage de Santa, qu'elle avait imaginé avant pour l'éditeur et qu'elle souhaitait prendre pour un autre éditeur. Au début, c'est assez drôle, léger, barré. Les chapitres sont en mode épisodique. Puis brusque revirement d'un coup, avec une tentative de clôture aussi rapide que maladroite. Cela m'a laissée un peu perplexe sur la forme.
Je me suis pourtant régalée avec le fond. On retrouve une Paru Itagaki incisive, qui tape là où ça fait mal. Elle pousse à l'extrême le malaise et le trauma qu'on est tous en droit de ressentir quand on nous trompe ou nous traite mal dans l'intimité. Pour cela, elle a imaginé un personnage tellement improbable, que j'avoue, j'ai ri mais j'ai ri en suivant ses déboires. Mako a vu sa mère se séparer de son père pour infidélité, et vriller en mode "fée du logis de l'extrême contre la saleté des hommes". Forcément, elle a développé son propre trauma : quand elle est en contact de quelque chose de sale, elle saigne très violemment du nez, ce qui donne lieu à des scènes ubuesques.
Je suis une fan de l'autrice, alors forcément le mélange critique sociétale et personnage totalement barré, ça m'a plu. Oui, c'est extrême. Oui, c'est dérangeant. Mais c'est ce qui est bon. Cela marquera le lecteur. Je ne dis pas que c'est de la grande littérature. Les premiers chapitres ont une structure assez répétitive et ne font pas dans la finesse non plus dans ce qu'ils dénoncent et mettent en scène. Pire, c'est même peut-être un peu vide, parce qu'au final l'héroïne entraîne les hommes derrière elle pour tenter de coucher avec eux, mais ils n'ont rien demandé et n'ont rien fait de mal à la base, certains vrillent juste en la voyant saigner du nez ainsi. C'est donc un peu léger question contenu.
Mais, cela a un côté jouissif, sans mauvais jeu de mots, d'avoir une héroïne aussi libre devant ses envies et une écriture aussi désinhibée. C'est bien pour ça que la rupture de ton avec l'arrivée d'un personnage récurrent, présenté comme la solution aurait dû être le sommet de l'oeuvre. Mais c'est très maladroitement fait. On sent que la série ne devait pas marcher de fou et qu'il fallait la conclure, alors après des chapitres à s'amuser, l'autrice pose comme ça, sans raccord, la fin qu'elle avait imaginée. Celle-ci est plutôt intéressante cette fois, avec un vrai propos, sur le type dégueulasse qui finit par lui montrer le peu de profondeur de son trauma et la voie pour s'en sortir. Mais l'autrice nous a quand même habituée à beaucoup mieux.
En bref
Pas le meilleur titre de l'autrice, il souffre, je pense des conditions de sa parution. Mais ça reste une lecture libératoire où c'est jouissif d'avoir une héroïne aussi barrée qui matérialise ses traumas vis-à-vis de tromperie dans des saignements intempestifs impressionnants. C'est tordu, c'est ubuesque mais très drôle à lire, même si le message n'est pas aussi profond que d'habitude et la conclusion bien trop rapide après des épisodes un peu répétitifs. A lire surtout si on est fan de l'autrice ou du girl power !








Laissez un commentaire
Commentaires (0)