Il était une fois...
Depuis plusieurs années, Mike Mignola gère principalement les différentes mini-séries de l'univers Hellboy avec ses collègues scénaristes et dessinateurs, ressortant les crayons pour des couvertures ou pour des récits courts comme sa participation à l'anthologie Petits Contes Macabres. Le créateur d'Hellboy n'avait pour autant pas perdu l'envie d'imaginer en solo (ou presque puisque c'est le fidèle Dave Stewart qui s'occupe comme d'habitude des couleurs) de nouvelles histoires qui seraient décorrélées des aventures de ses détectives du paranormal. Et tout cela parce qu'il voulait dessiner un gamin qui jouait aux quilles avec des ossements...
L'album Le Carnaval des Cadavres fait voyager les lecteurs pour la première fois dans ce que l'auteur a appelé les Contrées Inconnues, un monde qu'il va partager avec le scénariste et dessinateur Ben Stenbeck, bien connu des habitués de l'Hellboyverse. Les Contrées Inconnues, ce sont celles des vieux contes folkloriques, ces récits que Mignola apprécie particulièrement et dans lesquels il a souvent pioché pour nourrir ses bandes dessinées. Pour les histoires qui composent cet album, l'auteur s'est inspiré de contes italiens, japonais, irlandais, scandinaves sans se limiter à de la "simple" adaptation puisqu'il les a incorporé à un univers de son cru, en partant de celui-ci comme il le précise dans sa postface avant d'y ajouter les protagonistes au fur et à mesure, construisant la maison puis y plaçant les habitants.
Dans ce tome qui en annonce d'autres si on en croit le canard (coin coin), il y a huit segments à la pagination variée. Certains sont courts et peuvent paraître un brin anecdotiques mais leur nature descriptive ajoute du contexte à ce monde, aussi bien au niveau de la mythologie que des lieux encore à explorer. Plus intéressants, les récits principaux varient les expériences, les atmosphères, avec de la légèreté par moments, un goût pour l'absurde plutôt plaisant (que ce soit dans Quilles et Squelettes et dans Le Vétéran et le roi Kobold), mais aussi des choses plus sombres, la malédiction marquant le chemin obscur pris par les infortunées victimes du Réconfort des Dieux et de Una et le Diable.
Même si Hellboy ne montre pas le bout de ses cornes, Mike Mignola évolue donc ici en terrain connu puisqu'il ne s'éloigne pas du genre de comics qu'il signe chez Dark Horse depuis une vingtaine d'années. Mais il le fait bien et Les Contrées Inconnues sont assez vastes pour avoir envie d'y revenir et de croiser d'autres humains, dieux et créatures. Entre décors aux proportions biscornues et aux traits déformés, presque expressionnistes (pas beaucoup de lignes droites dans ces contrées), et contrastes travaillés entre ombre et lumière, la partie graphique participe pleinement à l'efficacité de ce qui est raconté, versant aussi dans une belle poésie macabre qui caractérise l'envolée nocturne d'Una Krone.
En bref
Après la postface de Mike Mignola, la lecture se referme sur le carnet de croquis commenté, avec les études de décors et de personnages, une version alternative en N&B d'un des récits et deux couvertures également en N&B, dont celle réalisée exclusivement par Mignola pour l'édition V.F.








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