Une chevauchée délirante et réfléchie au temps des Croisades
1. L’histoire – Séraphine réunit sa bande de mercenaires improbables
Plongée au XIIᵉ siècle, Knight Club débute par la quête audacieuse de Séraphine, une forgeronne hors pair, qui parcourt les déserts de la Terre Sainte. Son objectif : recruter des guerriers assez téméraires — et fous — pour protéger son village contre l’arrivée imminente de croisés francs. Elle parvient à rassembler un véritable “club” : une troupe hétéroclite et baroque, composée d’un Hashashin charmeur, d’une Walkyrie puissante, d’un chevalier franc rigide, d’un Highlander décalé, d’une archère nubienne, et d’autres profils tout aussi exotiques. Leur diversité promet des étincelles, tant sur le champ de bataille que dans les discussions culturelles, stratégiques et… culinaires.
Mais au-delà des blagues et de l’action apparente, il y a un vrai enjeu : pour sauver leur village, la troupe va devoir apprendre à s’unir — et à ne pas se détruire entre eux. Ce cocktail chevaleresque est à la fois ludique et sérieux, ce qui en fait une aventure pleinement maîtrisée.
2. Dessin & scénario – satire historical-fantasy teintée de modernité
Arthur de Pins signe ici une BD au ton résolument moderne et satirique : il revisite la chevalerie médiévale avec une bonne dose d’humour, tout en respectant l’époque des croisades. Le scénario est une réussite : les situations sont absurdes, souvent hilarantes — les conflits culturels, les techniques guerrières et même les recettes alimentaires deviennent des terrains de discorde — mais tout est amené avec finesse. Derrière la comédie, il y a une réflexion subtile sur l’engagement, les croyances et les alliances.
Graphiquement, de Pins déploie un style très visuel, inspiré de l’animation, avec des compositions cinématographiques, des décors soignés, et une palette qui capte la chaleur du désert comme les ombres de Jérusalem. Il réussit un équilibre rare entre le trait humoristique, la mise en scène épique et le propos plus profond.
3. Mon avis – un pari audacieux qui fonctionne à merveille
Knight Club est une vraie surprise : Arthur de Pins troque les monstres et l’humour surnaturel qu’on lui connaît pour une épopée chevaleresque pleine de panache. Le mélange comédie et réflexion historique fonctionne à merveille : on rit, on réfléchit, et on s’attache à cette troupe de mercenaires tous plus atypiques les uns que les autres.
Séraphine est un personnage fort, à la fois pragmatique et idéaliste, et son armée improbable lui ressemble : diverse, résiliente, un peu folle. Le fait que l’auteur joue sur les clichés des croisades, sans pour autant les caricaturer bêtement, donne à l’œuvre une dimension politique et culturelle très actuelle.
En bref
Une BD médiévale furieusement moderne, drôle, engagée et visuellement splendide. Knight Club est une aventure chevaleresque qui ne ressemble à aucune autre : un cocktail savoureux d’humour, d’action et de satire, à ne pas manquer.









Laissez un commentaire
Commentaires (0)