Un album plein de clins d'oeil à divers domaines de l'art
Hughes Micol a eu accès au Louvre dans son intégralité, de quoi l'inspirer sans le contraindre.
Dans un lointain futur, seul compte le matériel et tout ce qui relève de l'art est pourchassé par le Canon, gouvernance ultime. Il reste quand même des réfractaires, nommés agrestes, qui refusent de devenir des humains augmentés ou assistés. Quand un androïde d'ancienne conception récupère involontairement un buste en marbre, il devient une cible pour le Canon qui va le pourchasser.
Le pauvre androïde va traverser pas mal d'aventures selon la volonté de l'auteur, mais il finira par arriver dans le musée du Louvre, miraculeusement conservé par on ne sait qui. On croise dans cet album plein de personnages tous plus extravagants les uns que les autres : l'androïde Tin en 1e, puis 3 personnages ressemblant aux mendiants de Jérôme Bosch et utilisant des jurons médiévaux, des pilotes de l'espace agrestes dignes du bar de Mos Eisley, l'humain augmenté Caliban et âme damnée du Canon, un richissime être grenouillesque… Le Canon lui-même ressemble à une énorme tête humaine, quoique numérique.
J'ai beaucoup aimé les clins d'œil visuels : bien sûr les tableaux ou sculptures du Louvre, mais aussi des paysages qui m'ont évoqué Dali ou Chirico, la capitale m'a évoqué à la fois les œuvres d'Escher et "La fièvre d'Urbicande" de Peeters et Schuitten, peut-être une double page inspirée des Delaunay avec des planètes un peu floues tournant autour d'un trou dans l'espace… D'autres lecteurs ou lectrices y verront sûrement d'autres choses. J'ai bien aimé le richissime personnage grenouille qui accueille les "rebelles" amicalement avant de dire "Il est arrivé juste avant vous", une autre réminiscence de Star Wars? Sa tenue d'Elvis Presley qu'il croit être une tenue royale et Napoléon III qu'il croit être un chanteur montrent le peu de renseignements fiables qu'il a reçus!
J'ai cru voir une sorte d'hommage aux films "Equilibrium" et "Fahrenheit 451" avec cette destruction systématique de ce qui est beau et artistique, au livre "1984" pour le côté grotesquement humain du Canon, au monde de "L'Incal" pour certains quartiers de la capitale. A noter que, comme beaucoup de "méchants" de cinéma, Caliban porte et caresse un petit animal dans ses bras.
Il y a beaucoup de choses dans cet album, peut-être même trop pour un seul album, mais la vision de plein d'œuvres du Louvre scanné par un "humain" pourvu d'ailes donne une folle envie de se replonger dans ce grand musée pour plusieurs jours tellement il y a à voir.
A découvrir pour l'imaginaire surprenant d'Hughes Micol.
En bref
Un étrange hommage au musée du Louvre via une aventure de science-fiction échevelée aux personnages tous plus bizarres les uns que les autres. À découvrir!
Positif
clins d'oeil fréquents à d'autres oeuvres ou auteurs
visite singulière du Louvre
personnages à la fois bizarres et intéressants
paysages surprenants
Negatif
peut-être un peu trop foisonnant








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