Critique de Green Lantern One Corps United
par Ben-Wawe le dim. 8 févr. 2026 Staff
Un space-opera coloré, dynamique, puissant, clairement apocalyptique, rempli de bons mots et de beaux moments épiques. A savourer pleinement en ayant lu les deux tomes de Dawn of Green Lantern, ou en
Au printemps et à l'autonome 2024, Urban Comics a proposé deux volumes de Dawn of Green Lantern, dans la veine des gros tomes lancés alors pour évoquer le monde DC post Dark Crisis on Infinite Earths. Cette initiative visait à réunir ensemble beaucoup d'épisodes de séries liées entre elles, afin de proposer un beau moment de lecture aux fans, avec des renvois entre les titres.
Tous les Dawn of n'ont pas trouvé leurs publics, et l'initiative a été depuis changée pour publier différemment les aventures des super-héros DC. C'est pour cela que Urban Comics lance en ce début 2026 Green Lantern One Corps United, la suite des volumes précédents mais dans un format plus habituel, plus classique, peut-être plus populaire et simple d'accès.
On y retrouve les auteurs des deux premiers volumes de ces sagas, avec initialement Phillip Kennedy Johnson (Superman : Warworld, The Incredible Hulk...) sur l'intrigue de John Stewart et Jeremy Adams (The Flash, Aquaman bientôt) sur celle d'Hal Jordan. Les deux histoires se lient désormais, notamment par le one-shot qui ouvre ce premier tome, pour permettre de partir dans un véritable grand huit émotionnel – et le jeu de mots est assumé, vu le nombre d'anneaux de différentes couleurs qui s'affrontent ici !
Mais, d'abord, que s'est-il passé avant Green Lantern One Corps United - Tome 1 : Insurrection ?
La page de résumé d'Urban Comics permet de bien rappeler les bases aux lecteurs, ou d'éclairer les nouveaux venus. Les Gardiens de la Galaxie sont affaiblis et se ressourcent en se renouvelant dans la Batterie Source d'Oa, alors que le Corps des Green Lanterns est critiqué puis remplacé par les Planètes Unies. Cette organisation universelle est soudain dirigée par la main de fer du Premier Seigneur Thaaros, un métamorphe de la planète Durla qui équipe ses Planètes Unies Lanterns pour ordonner la galaxie, avec la spécificité qu'ils peuvent changer de couleurs selon leurs émotions !
Hal Jordan découvre une Batterie Centrale cachée sur Terre, se lie à nouveau avec Carol Ferris redevenue Star Sapphire, et il vient confronter la brutalité de Thaaros, parce que celui-ci enferme et soumet ses camarades Green Lanterns. Kilowog est dit mort mais il est à ses ordres en costume de Sinestro Corps, alors que Sinestro a un anneau de Red Lantern après que toutes les Batteries Centrales aient été détruites.
En parallèle, John Stewart confronte une Reine des Morts venue d'un autre monde, où le double de John a sacrifié son humanité pour devenir un Bâtisseur capable de vaincre les entités maléfiques ramenées par la Reine des Morts, grâce à un anneau Darkstar influencé par Olgrun, un Dieu Ancien qui veut renaître ainsi. Elle envoie ses sbires dans le monde DC pour corrompre ce John, mais le Bâtisseur lui adresse Caolan Shepherd, son dernier apprenti, pour l'aider.
Finalement, John et Caolan battent la Reine des Morts et ses sbires, mais rien n'est fini. La Reine a pu toucher et tuer et corrompre Vaaros, le neveu de Thaaros, et il faut désormais aider le Corps à se libérer des Planètes Unies...
On le comprend, Jeremy Adams & Phillip Kennedy Johnson ont déjà amené énormément d'éléments pour une crise cosmique... qui se déclenche dans les pages de ce tome, très prenant, très dynamique et très apocalyptique !
Et que se passe-t-il donc dans Green Lantern One Corps United – Tome 1 : Insurrection ?
John Stewart est sorti d'un moment de bonheur avec Elli, la création d'énergie verte qu'il a basée sur sa sœur morte, par une attaque de Kilowog, qui lui vole l'anneau de Darkstar pour le remettre à Thaaros. Un point est fait entre les Green Lanterns Terriens, et plusieurs missions sont lancées. Guy Gardner & Caolan Shepherd vont libérer les prisonniers d'Oa, tandis qu'Alan Scott et ses pouvoirs mystiques vont gêner les Non-Voyants acharnés dans une quête métaphysique du Spectre Emotionnel, alors que Hal Jordan & John Stewart & Carol Ferris veulent convaincre les Thanagariens sur leur monde et des Ranniens invités des mauvaises actions de Thaaros.
Hélas, si des plans fonctionnent, comme le chaos lancé sur Oa par des prisonniers libérés comme Larfleeze enragé d'avoir perdu sa Batterie, ou la lutte équilibrée entre Alan Scott et les Non-Voyants, le trio diplomatique échoue face à un Thaaros qui se révèle parmi les invités. Tout empire quand la confrontation devient directe, avec Thaaros utilisant l'anneau Darkstar corrompu par le Dieu Ancien Olgrun – alors que son neveu revient de la mort, en forme ténébreuse inspirée par la Reine des Morts !
Les conflits explosent de tous les côtés, les victoires existent mais elles sont à la Pyrrhus, alors que Vaaros veut récupérer l'Anneau Source que des scientifiques sadiques ont créé depuis le lien spécial de la jeune Teen Lantern avec le Spectre Emotionnel. Et si Kyle Rayner joue son rôle de White Lantern, les confrontations sont épiques et apocalyptiques – avec aussi, au loin, le danger incarné par Nathan, l'ex-fiancé rejeté par Carol Ferris, et désormais incarnation du Chagrin cosmique !
On le comprend, la lecture de Green Lantern One Corps United est dense et intense !
Cela permet d'aborder ici un point qui peut clairement gêner des lecteurs : oui, c'est dense ; oui, c'est massif ; oui, il faut se référer à la page de résumé du début, fort bien faite car indispensable ; oui, il faut accepter d'avoir ici des événements qui surfent sur des passages précédents dans un autre format ; oui, c'est un petit final d'un run commun de plusieurs dizaines de numéros ; et donc oui, on peut s'y sentir perdu si on revient aux Lanternes Vertes uniquement ici.
Cela peut être légitimement vu comme un défaut, un handicap pour fluidifier le lancement d'un nouveau format, et cela peut faire peur aux lecteurs. C'est une réalité, mais... il est pertinent alors de rappeler un élément, et d'en préciser un autre.
En premier, la plupart des fans et lecteurs de comics ont commencé avec un numéro « au milieu » d'une saga, et ils ont été suffisamment happés pour raccrocher les wagons. Certes, les films, les séries animées et la mouvance des gros éditeurs depuis le milieu des années 2000 visent à donner des points d'entrée idéaux, et c'est fort bien. Mais ce n'est ni la norme absolue, ni un impératif total. Un lecteur qui connaît les Green Lanterns retrouvera ici ses petits, et pourra pleinement profiter du voyage, s'il accepte de vivre le moment, plutôt que de vouloir tout contrôler (ce qui est respectable, mais pas incontournable).
En second, les scénaristes ici présents surfent certes sur des acquis développés par eux, mais leurs rebondissements sont fluides, leurs rappels sont pertinents et simples. On s'en sort. On comprend. On avance. On en prend plein les yeux... car oui, bon sang, ça tire de tous les côtés, et ça fait feu de tout bois.
Ce tome est en effet un véritable grand huit émotionnel, avec quantité de retournements de situations, de bagarres cosmiques, de moments épiques, de punchlines funs, de révélations intéressantes, de confrontations fortes (wow, Carol Ferris et le Prédateur, l'entité qui ronge les Star Sapphires !).
C'est fort, c'est puissant, c'est intense. Cela regarde dans les yeux les grandes sagas de Geoff Johns sur la franchise, en dépassant celles de Robert Venditti, qui a dû suivre ce dernier en livrant un travail correct mais forcément moins intense pour les fans.
Ici, Jeremy Adams (surtout) & Phillip Kennedy Johnson (un peu, car il se dégage du projet) proposent tout un Corps uni face à des ennemis qu'ils ne comprennent pas réellement, mais qu'ils doivent confronter pour respecter leurs serments et aider leurs amis. C'est à nouveau des Davids verts avec leurs frondes émeraudes contre des Goliaths massifs et cosmiques, et c'est extrêmement prenant et puissant de suivre cela, dans une narration maîtrisée, et un rythme particulièrement addictif et haut en sentiments.
En outre, la partie graphique est à la hauteur de toute cette folie scénaristique très maîtrisée.
Salvador Larroca intervient en début, pour rappeler que derrière les moqueries de quelques lecteurs sur la qualité de ses productions informatisées lors des débuts de celles-ci, il demeure un artisan correct et fluide, qui emballe bien ses personnages et ses situations. V Ken Marion illustre l'ultime numéro, un one-shot ouvrant sur le Chagrin dans un style nerveux, qui rappelle le dynamisme des années 90 et le côté cool de quelques personnages.
Mais surtout, le dessinateur Xermanico livre une master-class sur tous les autres épisodes. Son style rond, clair, intense, puissant, dynamique est formidable pour narrer les conflits spatiaux, et les troubles dans les émotions des personnages. Il croque aussi bien l'hésitation de Carol face au Predator que la rage d'un Kilowog libéré, alors que l'affrontement entre Vaaros et Thaaros tente de se rapprocher d'un Ivan Reis des grands jours.
C'est beau, c'est fort, c'est intense, c'est iconique... et c'est épique, tout simplement.
En bref
Green Lantern One Corps United, c'est l'équivalent du début de Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith, quand Anakin Skywalker & Obi-Wan Kenobi se perdent dans plusieurs bagarres spatiales folles pour libérer Palpatine de leurs ennemis. C'est un space-opera intense, prenant, puissant, très coloré, très dynamique, très addictif et très bien fait, avec plein de moments épiques, un dessin intense à tomber, et quantité d'idées qui filent dans tous les sens. Mais... cela peut troubler ceux qui n'ont pas lu les tomes antérieurs, ce qui se comprend ; alors que l'on peut très bien se lancer ici avec le résumé formidable d'Urban Comics, et le pré-requis de plonger dans une aventure fun, apocalyptique, très bien faite et très forte, qui donne pleinement envie de lire la suite !
Positif
Un spectacle son et lumière de chaque instant, pour quantité de moments intenses et épiques.
Un space-opera assumé et respecté, qui va loin dans ses principes et regarde dans les yeux les grandes sagas passées.
Un graphisme très bon, avec un Xermanico impérial.
Negatif
Objectivement, un lecteur cherchant à débuter une saga peut être perdu sans les deux Dawn of Green Lantern, même si le résumé et le récit se chargent d'expliquer ce qu'il faut.
Quantité de personnages sont brassés et bien écrits, mais parfois un peu mis de côté (Kyle Rayner, qui n'intervient qu'à la fin).
L'envie d'avoir vite la suite, si le public suit !








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