Critique de Par-delà les neiges éternelles #1
par Tampopo24 le ven. 13 févr. 2026 Staff
Drame familial
Delcourt avec leur collection Moonlight a fait le choix, souvent, de titres avec de touchants sujets sociétaux, celui-ci n’y coupe pas.
Avec sa couverture toute douce, je pensais juste tomber sur une romance lambda entre deux amis d’enfance se retrouvant 10 ans plus tard, une fois adulte, le tout sous un ciel neigeux, rendant l’atmosphère douce et apaisante. Mais Haruka Chizu, que je découvre ici avec cette série courte en 4 tomes qui est sa toute première, en a décidé tout autrement.
Par-delà les neiges éternelles est plutôt l’histoire touchante d’une jeune adulte qui a tout sacrifié au fil des années pour sa famille qui a enchaîné les galères : décès de son père, problèmes d’argent, grand-père invalide dont il faut s’occuper... Devenue une esclave pour sa famille, pardon une aidante, elle s’est enfermée dans cette bulle d’aide malaisante et la lecture est sa seule respiration, son seul réconfort. C’est en recroisant des amis d’enfance qu’elle se rend compte, avec leur aide, du malaise.
Le sujet est de première importante. On ne dira jamais combien c’est dur d’être un aidant et un soutien familial, encore plus à un âge aussi tendre. L’autrice a raison d’en parler aussi crûment et les pages où elle met en scène le malaise, la souffrance, puis la colère de Muku, sont particulièrement puissantes. Cependant, elle a aussi ce travers d’en faire trop. Elle caricature, à mon sens, la famille de Muku dans ses dialogues tellement détestables et inhumains. Elle fait pleuvoir sur une elle une pluie de malheurs. Elle utilise toutes une cascade de coïncidences bien trop grosses. Bref, ce n’est pas très fin... Et cela a eu tendance à me faire sortir de l’histoire et à ne m’attacher que partiellement à l’héroïne et pas du tout aux autres.
J’ai donc aimé tout le volet social et critique (aidant, recherche d’emploi pour les jeunes non qualifiés), je suis beaucoup plu réservée sur la mise en scène et l’écriture en elle-même. Tout est survolé, trop rapide. Il y a un côté tire-larme que je trouve des plus maladroits. Je pensais qu’elle m’intéresserait mais à ce stade, il faut dire qu’on n’est pas très loin dans l’histoire, la romance potentielle me laisse de marbre. Je trouve tout trop ‘’facile’’, notamment les souvenirs enjolivés de leur enfance idyllique à la montagne avec leur petit groupe de famille / amis. Ce petit côté ‘’la petite maison dans la prairie’’ version neige ne fonctionne pas avec moi ^^!
En bref
Alors que retenir ? Définitivement la mise en lumière de la fonction d’aidant familial, qui est quelque chose très complexe, de très personnel aussi et qu’il ne faut pas caricaturer. Oui, dans certaines situations comme ici, c’est dénonçable. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain et jeter ainsi l’approbre sur chaque famille. J’espère donc plus de nuances dans les prochains tomes et peut-être autre chose aussi, car en dehors des aspirations à plus de liberté et une indépendance financière et sociale de l’héroïne, c’est un peu vide... A voir.









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